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    L'hôtellerie, dernier bastion de l’ascenseur social
    Entretien avec le Pr Jacques Levy-Bonvin de l’Ecole hôtelière de Lausanne

    Par L'Economiste | Edition N°:2779 Le 19/05/2008 | Partager

    . L’humilité est une obligation pour un manager. Ne jamais hésiter à mettre la main à la pâteProfesseur et consultant dans l’hôtellerie, Jacques Levy-Bonvin est aussi conseiller auprès du groupe de l’Ecole supérieure de gestion (ESG). Il est auteur de plusieurs ouvrages sur l’hôtellerie et la communication.- L’Economiste: La pédagogie de l’Ecole hôtelière de Lausanne est-elle transposable ailleurs ?- Jacques Levy-Bonvin: Je crois que cela est possible dans bien des secteurs, comme ceux qui sont liés à la formation des cadres, notamment la communication, la finance et le management. On peut, en quelque sorte, verticaliser ce savoir-faire dans l’hôtellerie moyennant des accommodements pour pouvoir former des managers d’hôtels Les formations du Groupe des écoles internationales (GEI) ne sont pas à un niveau aussi élevé s’agissant des structures managériales, mais s’inspirent de la même démarche que l’école hôtelière de Lausanne, dans le sens où l’étudiant passe par tout, y compris le nettoyage des sanitaires.- Qu’est-ce que cela implique pour le management d’un hôtel ?- Il y a là une prise de conscience. Le directeur général, c’est d’abord traditionnellement quelqu’un qui doit faire preuve d’humilité. Ce métier est l’un des rares où les dirigeants doivent partir d’en bas et gravir un à un tous les échelons. On ne peut pas prétendre gérer une unité hôtelière si l’on n’a jamais travaillé dans la cuisine ou servi les clients au restaurant. Pour peu que les conditions soient réunies, l’ascenseur social est encore une réalité dans l’hôtellerie.La réussite d’un hôtel tient à très peu de choses: connaître les goûts des clients, optimiser au maximum les températures de la chambre, apporter sa contribution à l’environnement… Je dirais qu’on veut revenir à la notion de directeur qui va recevoir les autres. La notion d’accueil joue un rôle encore plus important, tout autant que la satisfaction du client, et ce, quel que soit le standing de l’établissement, du 2 étoiles au palace.- Le manque de compétences au Maroc serait-il dû à un problème de savoir-être?- C’est peut-être déjà au départ un problème lié à la culture. Je dirais que c’est peut-être dû à la rigueur que l’on n’apporte pas aux décisions entreprises. J’ai vécu ces deux dernières années dans le contexte universitaire au sein de l’ESG, en tant que conseiller du président pour moderniser cette école. Je me suis rendu compte, effectivement, qu’il y a un fossé entre ce que l’on décide de faire et ce qui est concrétisé. Je crois que c’est plutôt le côté rigueur dans la décision qui manque ici; je ne pense pas que ce soit un problème de compétences. Au niveau de l’hospitalité, le Maroc sait mieux faire que dans n’importe quel autre pays. Mais la rigueur est indispensable pour avancer. Je suis persuadé que c’est dans cette direction qu’il faut travailler le plus. - Que peut-on retenir de Dubaï, devenue en peu de temps une référence dans l’hôtellerie mondiale?- Ce que je retiens, c’est qu’un défi a été lancé par un pays encore inconnu il y a une trentaine d’années, qui faisait probablement sourire certains spécialistes américains de l’hôtellerie mondiale, et qui est parvenu à ses objectifs par la rigueur et la détermination. Je ne crois pas que ce sont les moyens qui manquent le plus au Maroc, c’est précisément ce côté des ressources humaines à travers justement cette notion de détermination et de suivi des activités qui sont entreprises. Je pense que c’est dans la continuité de la qualité, un peu comme un bon vin. La qualité dans la continuité dans des hôtels réputés n’est pas constante, même en ayant d’excellents employés. C’est un apprentissage qui prend du temps. Je pense qu’on est sur la bonne voie au Maroc, les étudiants sont différents de qu’ils étaient il y a une vingtaine d’années, ils n’osaient pas s’exprimer. Je suis né à Casablanca, je suis parti à 17 ans, et je peux dire que le Maroc est en marche, c’est une révolution, dans mon esprit. Il y a une ambition qui s’accomplit.- Que diriez-vous aux futurs lauréats des écoles hôtelières marocaines?- Je dirais qu’il faut garder à l’esprit qu’il faut faire ses armes dans la vie pratique, même en étant pourvu d’un beau diplôme. Il faut être animé d’humilité et de détermination parce qu’au bout du compte, c’est un très beau métier, un métier de contact, diversifié et attaché à l’une des industries les plus bouillonnantes de la planète, celle qui draine le plus grand nombre d’employeurs dans le monde. Les perspectives seront toujours intéressantes. L’évolution au niveau des salaires est aussi très marquée, c’est très encourageant pour attirer toujours plus de candidats. Je dirais aux étudiants de conserver cette part de rêve pour mieux s’accomplir, trouver le moyen d’apporter cette notion un peu ludique dans tout ce qu’il peuvent entreprendre pour devenir de vrais professionnels.Propos recueillis par Nezha MAACHI

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