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A la recherche d’un job: Comment des jeunes tentent de s’en sortir

Par L'Economiste | Edition N°:1857 Le 20/09/2004 | Partager

. Une première piste dans le travail associatif. Des entreprises privées les accompagnent. Les autorités et des mécènes sont là aussi pour les soutenirLES jeunes de l’association “Initiative urbaine” de Hay Mohammedi (derb Moulay Cherif) en veulent. Les 384 adhérents font de leur mieux pour décrocher un job et améliorer leur niveau social. Alors, pas question de chômer. Aussi, l’une de leurs préoccupations est-elle de faire adhérer le maximum de jeunes, même ceux qui sont entrés dans l’engrenage de la drogue, la violence ou l’alcoolisme. “Nous leur avons confié de petites responsabilités pour qu’ils reprennent confiance en eux”, indique Abdeljalil Bakkar, président de l’association. Et de préciser qu’Initiative urbaine n’a pas pour objet de trouver des emplois à ses adhérents mais de leur donner les moyens d’y parvenir. Leur formule: se former et en faire profiter les autres dans un esprit de groupe et de solidarité.C’est grâce à l’aide de Jamal Belahrach, directeur général de Manpower, Zineb Benabdeljalil, directeur général de Déo-Compétences et Amine Jamaï, DRH chez Maphar, qu’ils ont pu bénéficier de séminaires sur des thèmes qui les intéressent. En premier lieu, il était important de savoir rédiger CV, lettres de candidature et de pouvoir passer avec succès un entretien d’embauche. Jamal Belahrach et quelques-uns de ses cadres s’en sont chargés. Ils se sont dévoués pour enseigner aux intéressés les techniques de recherche d’emploi. Les jeunes ont également eu droit à des séances sur la législation du travail. A aujourd’hui, l’agence d’intérim et de recrutement a organisé deux mois de formation (avril 2003 et 2004). Les séances, qui durent cinq à six heures chacune, se tiennent les samedis. Une centaine de jeunes, dont la majorité a en moyenne 20 ans, ont assisté à ces séminaires. Tous étant à la recherche d’un emploi. “Ce sont des personnes qui sont soit en fin de formation, soit diplômés, soit en poste mais à la recherche d’un travail mieux rémunéré ou plus intéressant”, explique Abdeljalil Bakkar. Les jeunes de l’association ont beaucoup apprécié ces séminaires, assure le président. “Le fait de savoir rédiger un CV et une lettre de motivation, sans faire de fautes, de pouvoir passer un entretien d’embauche, en se valorisant, est extrêmement important”.Manpower n’entend pas s’arrêter là. Jamal Belahrach, directeur général, compte en effet renforcer son soutien aux jeunes d’Initiative urbaine. “Désormais, des cadres bénévoles de chez nous iront enseigner non seulement les techniques de recherche d’emploi mais aussi d’autres thèmes, à la demande des concernés...”, nous confie-t-il. Les séances seront multipliées puisqu’elles auront lieu deux fois par mois et qu’elles se dérouleront tout au long de l’année. “Nous souhaitons que davantage de jeunes puissent bénéficier de ces actions pour pouvoir leur redonner confiance en eux-mêmes et les aider à trouver du travail”, insiste Jamal Belahrach. D’ailleurs, Manpower compte aussi établir des partenariats avec des associations d’autres quartiers populaires pour renouveler l’expérience. “Si seulement des milliers d’entreprises pouvaient agir de la sorte, imaginez quelles répercussions cela pourrait avoir sur le taux de chômage dans les milieux défavorisés”, fait-il remarquer. Bien sûr, il est conscient qu’il faut beaucoup plus pour venir à bout de ce fléau. A noter aussi que Manpower finance depuis une année une formation en informatique au profit de six jeunes de l’association, qui se sont montrés particulièrement motivés, affirme le DG de l’agence de travail temporaire. Cette formation dure deux ans et est assurée par une école de la place. Les jeunes ont suivi la première année avec succès et s’apprêtent à aller en deuxième année. Cette opération a coûté 60.000 DH à Manpower. Lorsque ces six personnes auront obtenu leur diplôme, il sera procédé à une évaluation et ce sera à la lumière des résultats que Manpower décidera de reconduire ou pas cette action. De son côté, Amine Jamaï a dispensé aux jeunes d’Initiative urbaine deux séances: l’une sur le leadership et l’autre sur l’esprit d’équipe, des thèmes qu’ils ont eux-mêmes choisis et qui ont été discutés dans leurs locaux. “Ils sont brillants, d’un niveau de connaissances étonnant. Je n’ai même pas eu à adapter mes interventions”, souligne-t-il. Amine Jamaï se dit prêt à réitérer cette expérience avec les jeunes d’Initiative urbaine, sur les sujets qu’ils souhaitent. Pareil pour Zineb Benabdeljalil, qui leur a fait découvrir la programmation neurolinguistique (PNL), une technique de communication. “Le monde appartient à ceux qui communiquent le mieux”, commente le président de l’association pour expliquer le choix de ce thème. En plus des interventions externes, les jeunes d’Initiative urbaine se donnent mutuellement des formations sur ce qu’ils maîtrisent le mieux, en particulier l’anglais et l’informatique. L’objectif étant d’augmenter leurs chances d’insertion dans le marché de l’emploi. Ils font aussi du théâtre pour surmonter leur timidité et apprendre à communiquer. A n’en pas douter, ces initiatives sont positives, mais impossible de les évaluer, l’association n’ayant pas prévu de suivi.


Un parrain, des mécènes...

. Merci Maillages. Des activités culturelles et sportives aussiL’association a été créée en mars 2002 par 11 jeunes qui étaient soit fonctionnaires, soit employés dans le privé, ou diplômés chômeurs. Ils ont obtenu le soutien d’une association française très active dans le domaine du social, Maillages. Et dès le début, ils ont également eu l’appui de Jamal Belahrach de Manpower, qu’ils considèrent comme leur parrain. “Au départ, il était très difficile de faire adhérer les jeunes à notre projet. Aujourd’hui, c’est chose faite”, affirme le président de l’association. Pour être adhérent, il suffit de payer 60 DH par an. Les jeunes viennent en majorité de Hay Mohammedi, mais certains d’autres quartiers de Casablanca. Initiative urbaine dispose d’un local de 500 m2 avec une salle de lecture de 110 places (avec tables et chaises nouvellement acquises), salle d’informatique (équipée de dix ordinateurs connectés à Internet. Une bibliothèque a également été équipée en livres grâce à l’aide de donateurs, mais les besoins sont loin d’être couverts. Tous les cours sont gratuits (théâtre, anglais) à l’exception de l’informatique, pour lesquels il faut payer 100 DH par mois. Le local a été mis gracieusement à leur disposition par le président de la commune grâce au soutien de l’ancien wali de Casablanca, Driss Benhima. Ils pourront continuer à l’occuper, à condition qu’ils respectent leurs engagements de départ (encadrement des jeunes, sensibilisation à l’environnement...) Les jeunes d’Initiative urbaine bénéficient du soutien financier de la Région de Casablanca, du secrétariat d’Etat auprès du ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité et enfin des dons réguliers de mécènes.A côté de la formation, l’association a d’autres centres d’intérêt: la culture et le sport. Elle a déjà organisé deux courses à pied avec jury et remise de prix. Ses jeunes ont également préparé deux pièces de théâtre qu’ils ont jouées pour un public venu nombreux au complexe culturel du quartier. Pour toutes ces activités, Initiative urbaine s’est vue décerner en juin 2003 un trophée par le Centre des jeunes dirigeants (CJD), dont Zineb Benabdeljalil, Jamal Belahrach et Amine Jamaï sont tous trois membres.


L’ex-flic qui fait du social

Abdeljalil Bakkar, 34 ans, marié et père d’une petite fille de 14 mois, Douâa, semble passionné par le travail associatif. Il consacre à Initiative urbaine tous ses après-midi. C’est lui qui s’occupe de la gestion de l’association. Il s’assure du bon déroulement des activités, se charge de tous les contacts avec les partenaires externes (administration, autorités, sponsors, mécènes...). Ce bachelier a 12 ans d’expérience comme policier. C’est à Bouknadel (entre Salé et Kénitra) qu’il exerçait. En novembre 2003, il quitte ce corps et travaille début 2004 pour une agence de communication, qu’il quittera au bout d’un mois seulement. “Je devais rester jusqu’à 20 heures chaque soir et je n’avais plus assez de temps à consacrer à l’association”. Aujourd’hui, il est satisfait. Il fait de la vente pour une entreprise espagnole de distribution de produits de nettoyage et ses horaires sont souples. Nadia BELKHAYAT

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