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Emploi & carrière
Le chômage des femmes se creuse

Par L'Economiste | Edition N°:1814 Le 19/07/2004 | Partager

. Le taux de chômage féminin gagne 2 points à 14,2% à fin mars. Les femmes qui vivent en ville sont plus touchées. Les jeunes diplômés ne sont pas épargnés Citadin, jeune et masculin. C’est le profil type du chômeur marocain. Dans sa note sur la situation du marché du travail au premier trimestre 2004, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) confirme que le chômage demeure un phénomène principalement urbain. En effet, sur un total de 1,4 million de personnes actives en chômage au premier trimestre 2004, près de 85% sont des citadins, soit 1,2 million. Néanmoins, le taux de chômage a progressé plus vite en milieu rural (+0,9 point contre 0,2 point pour les villes). Ce qui porte le taux des demandeurs d’emploi dans les campagnes à 4,1% de la population active (contre 3,2%) et à 19,8% en ville (contre 19,6%) entre les premiers trimestres 2003 et 2004. La note du HCP confirme aussi un deuxième trait structurel du chômage au Maroc: ce sont les jeunes qui sont touchés en majorité. Ainsi plus de 8 sur 10 des personnes actives au chômage ont entre 15 à 34 ans. En revanche, si la part des hommes en quête d’emploi est toujours aussi forte (71,8%), les chiffres du HCP révèlent un renversement de situation. Le taux de chômage commence à se féminiser (33,2% au premier trimestre 2004 contre 28,4% à fin mars 2003). Les femmes sont désormais en première ligne des personnes actives affectées par la progression du chômage. Le taux de chômage de la population féminine a augmenté de 2 points, à 14,2% au premier trimestre 2004. Dans les villes, sa progression est encore plus importante: le taux de chômage féminin passe de 25 à 28,4%, contre moins de 2% en milieu rural. Les hommes semblent, eux, relativement plus épargnés avec des taux stables autour de 11,7%. Les services du Haut-Commissariat au Plan attribuent en grande partie la hausse du chômage à l’afflux de femmes sur le marché du travail. Ce qui se traduit par une évolution notable du taux de féminisation de la population active. Celui-ci passe de 27,7 à 29,1%. Malheureusement, cette forte arrivée de femmes demandeurs d’emploi sur le marché coïncide avec une accalmie dans la création d’emplois. Résultat: “Près de 85,3% de l’accroissement global de la population active en chômage s’explique par le développement du chômage féminin”, indique la note du HCP. . Malheur aux “grands diplômes” Comment expliquer cette soudaine hausse du chômage des femmes? Structurellement, le chômage a toujours été plus élevé dans la population féminine que chez les hommes. Comme il est aussi plus marqué dans le milieu urbain que dans les campagnes, du moins si l’on en juge par les statistiques officielles. Ce n’est donc pas nouveau. Ce qu’il l’est par contre, c’est de constater que les créations d’emploi dans l’industrie ou les services (les centres d’appels où la main-d’œuvre est très féminisée) n’arrivent pas à ralentir le chômage des femmes. A priori, l’explication est à chercher ailleurs que dans “l’inégalité des chances d’accès à l’instruction” (notamment dans le milieu rural). Il apparaît clairement que l’emploi des femmes a beaucoup souffert de difficultés de gros secteurs utilisateurs de la main-d’œuvre féminine. Les déboires du textile et de la confection (la sous-traitance tournée à l’export) ont probablement gonflé le contingent des sans-emploi chez les femmes. Les données du Haut-Commissariat au Plan confirment aussi le paradoxe discriminant du diplôme face au chômage: plus le niveau d’instruction est élevé, plus la personne trouve difficilement du travail. Le taux de chômage chez les diplômés est quatre fois plus élevé que chez les sans-diplôme. En revanche, sans aucune formation, la recherche d’emploi devient presque mission impossible.On pouvait s’attendre à ce que la situation soit particulièrement dramatique pour ceux qui sortent du système scolaire sans qualification dans un système qui survalorise le diplôme. Au contraire, on compte 26,4% de chômeurs chez les détenteurs d’un diplôme supérieur (bac et plus) contre seulement 6,5% chez les sans-diplôme. Une nuance cependant, la progression du taux de chômage a été plus importante pour ces derniers (0,7 point contre 0,3 pour les premiers). Une embellie du marché de l’emploi serait-elle en train de s’opérer? En tout cas, la note du HCP souligne la création de près de 362.000 postes d’emploi entre les premiers trimestres 2003 et 2004. De plus, souligne le HCP, la création nette d’emplois rémunérés durant cette période est 3 fois supérieure à la création annuelle moyenne enregistrée entre le premier trimestre 1999 et celui de 2003. Selon le Haut-Commissariat au Plan, cet affermissement de la création d’emplois est dû aux performances des secteurs non agricoles mais aussi à l’impact de deux campagnes agricoles favorables successives (2002-2003 et 2003-2004).


122.000 chômeurs de plus

En dépit d’une bonne pluviométrie et de deux campagnes agricoles jugées favorables, le taux de chômage ne décroche pas de la barre des 12%. Pourtant, les professionnels du recrutement étaient optimistes. Ils avaient même prévu une embellie du marché de l’emploi pour l’année dernière (cf. Dossier Emploi&Carrière, www.leconomiste.com). Il n’en fut rien. Pis encore, au premier trimestre 2004, le bilan n’est pas reluisant. Le taux de chômage gagne 0,6 point et s’établit à 12,5%. Au plan national, la population active au chômage s’est accrue de 122.000 personnes, soit un rythme de progression de 9,3% par rapport au même trimestre de l’année 2003. Le nombre de chômeurs a atteint, lui, 1,437 million au premier trimestre 2004 contre 1,315 une année auparavant.


Emploi: L’exception BTP

Le dit-on pas que quand le bâtiment va, tout va? Si l’ensemble des secteurs ont contribué à la croissance de l’emploi, c’est au niveau des BTP que la plus haute participation a été relevée. En milieu urbain, elle est de 8,9% contre 4,7% dans les services et 4,1% dans l’industrie (y compris l’artisanat). Le secteur “agriculture, forêt et pêche” affiche, lui, un faible score: 1,1%. Selon la note du Haut-Commissariat au Plan, cet accroissement concerne surtout l’emploi salarié (+6,7%) et l’autoemploi (+2,1%). Avec 98% de l’emploi créé, c’est au secteur privé (secteur informel compris) que revient cette performance. En milieu rural, 95% de l’emploi créé émanent du secteur de l’agriculture, la forêt et la pêche, dont les effectifs se sont accrus de près de 3,3%. Une progression des effectifs est aussi notée dans les BTP et les services (+20,4% et +1,9% respectivement). Le nombre de ruraux ayant un emploi a augmenté de 8,9% pour les salariés et de 4,2% pour les travailleurs non rémunérés. Les effectifs de ceux qui travaillent pour leur propre compte (indépendants, employeurs et associés ou membres de coopératives) ont, quant à eux, reculé de 1,9%. K. E. H.

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