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Politique

Elections communales
306.000 fonctionnaires réquisitionnés

Par L'Economiste | Edition N°:1600 Le 12/09/2003 | Partager

. Un scrutin est d'abord une terrible opération logistique . Les élections, c'est aussi une… cantine géante! . 1% de la population travailleront à la bonne marche de la consultation! Aujourd'hui 14. 636.000 électeurs dont 52% d'hommes et 48% de femmes devraient se rendre dans l'un des 38.000 bureaux de votes ouverts sur l'ensemble du territoire. La logistique d'une telle opération est impressionnante et peut par exemple se mesurer aux… sandwiches qu'il faut distribuer aux personnels chargés de suivre l'opération jusqu'au dépouillement des bulletins: un seul «kit sandwich+boisson» par personne et il en coûtera 1,5 million de DH aux contribuables. Les effets multiplicateurs sont impressionnants: il faudra 306.000 fonctionnaires pour faire tourner correctement la «machine électorale», soit 5 personnes par bureau plus toutes celles qui s'occuperont du reste (transports, inspection, maintenance… et livraison de sandwiches), et à 5 DH le «kit», cela donne une facture de 1,5 million de DH! 3 millions de DH s'il faut en servir deux, etc! Les élections, c'est d'abord une cantine géante! On n'y songe guère quand on fixe son attention sur la compétition politique.. Ne pas rééditer le retard de 2002Le ministère de l'Intérieur s'est engagé par la voix du directeur des élections, Brahim Boufous, à donner les résultats au plus tard le lundi 15 septembre. Par dessus tout, il ne veut pas rééditer l'erreur d'appréciation de l'année dernière, où le temps nécessaire pour ouvrir les bulletins, reporter les indications et les vérifier, avait été gravement sous-évalué. Ceci avait ouvert la voie aux mécontents des résultats, qui ont ensuite tenté de jeter le doute sur la qualité de ces résultats. Même si la tentative n'a pas eu vraiment d'échos, le retard a servi de terrible leçon aux fonctionnaires du ministère. La moindre ratée technique dans la machine menace immédiatement de tourner au problème, voire au scandale politique. La logistique est un peu plus compliquée que pour les législatives, car il y a 2% de bureaux de vote en plus. Par rapport aux dernières communales, celles de 1997, il y a 14% de bureaux en plus. . Résultats proclamés deux fois plus viteToujours sur le plan logistique, et pour aller plus vite, le nombre de bureaux centraux, ceux qui valident et annoncent les résultats, a été doublé: ils sont 4.482. Les résultats seront proclamés deux fois plus vite, en principe, mais les partis politiques devront faire un effort supplémentaire pour avoir des hommes à eux partout. La présence de ces représentants des partis est importante, car c'est eux qui surveillent le mieux: on peut leur faire confiance pour «hurler» si une erreur se produit à leur détriment! Chaque bureau central recomptera et proclamera les résultats de seulement huit bureaux locaux. En fait ce ne sont pas les petits douars qui posent les vrais problèmes de délais: le décompte et la vérification se font vite quand il y a peu d'électeurs. Or 17% des circonscriptions ont moins de 250 électeurs par bureau de vote. C'est un peu plus fastidieux pour la moitié des circonscriptions, où il a été prévu qu'il y a un bureau par tranche de 251 et 450 électeurs. Pour les grandes circonscriptions, on ne peut pas mettre un bureau de vote dans chaque coin de rue. Donc chaque bureau devra travailler davantage et accueillir les bulletins de plus de 450 électeurs. La moyenne des électeurs par bureau est de 380, mais cette moyenne, on l'a vu, ne veut pas dire grand-chose sur le terrain. L'encadrement des bureaux sera assuré par 306.000 fonctionnaires, ce qui n'est pas négligeable puisque cela représente… 1% de la population du Maroc.


Recensement en 2004

Un nouveau recensement de la population est prévu pour fin 2004, a assuré Boufous lors d'une journée d'information organisée au ministère de l'Intérieur. La nécessité d'un tel recensement est devenue impérieuse afin de disposer d'informations fiables seules à même de permettre de mettre en place les moyens nécessaires pour le bon déroulement des prochaines échéances.. 90.000 noms supprimésLa révision exceptionnelle des listes en 2003 a fait ressortir 1.285.000 nouveaux électeurs dont 55% d'hommes et 45% de femmes. 40% de ces nouveaux électeurs sont de tout jeunes électeurs: ils ont entre 18 et 20 ans. A l'autre bout de la chaîne, la collation et l'apurement des listes au niveau central a permis de supprimer 90.000 noms comme de corriger et authentifier l'identité de 180.000 personnes. A y regarder de plus près, il ne s'agit pas d'irrégularités graves, ni, plus importants, d'irrégularités massives, récurrentes et organisées. En effet, les doubles inscriptions sont assez rares, en revanche, il y avait des âges anormaux, des noms mal écrits, des personnes qui avaient perdu leurs droits civiques… En conclusion, on peut dire que le corps électoral marocain ne ressemble pas du tout à ses homologues corse ou texan, champions du monde de la fraude électorale. C'est plutôt rassurant. Ce que les chiffres ne disent pas, c'est s'il y a des erreurs qui dessinent aussi des cartes régionales, par exemple si ces erreurs sont plus fréquentes au Nord qu'à Fès, par exemple. Si c'était le cas, cela aurait un sens sociologique ou politique. Les détails obtenus par L'Economiste ne permettent pas d'aller jusqu'à ce niveau d'analyse.En tout état de cause, le travail pour obtenir les listes d'électeurs les plus sûres possibles, s'est poursuivi jusqu'à mardi soir. On peut aussi regretter que le ministère de l'Intérieur n'ait pas rendu disponible avec le même niveau de détail que l'année dernière le profil du corps électoral. Sans ces détails, il est difficile de faire un travail fiable de sociologie politique au Maroc pour comprendre mieux qui nous sommes vraiment. Dommage, il faudra attendre les résultats du recensement général qui aura en principe lieu à la fin de l'année prochaine.Noureddine FASSI

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