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El Haouz mise sur les grands projets pourvaloriser l'arrière-paysInterview de Mohamad Ichennaren, gouverneur de la province

Par L'Economiste | Edition N°:1673 Le 30/12/2003 | Partager

. Depuis 1991, la province renaît avec des actions de la société civile et une relance de l'investissement dans la région- L'Economiste: La relance de la province du Haouz est-elle une prise de conscience des autorités ou le résultat du travail acharné de la société civile?- Mohamad Ichennaren: Les deux. Mais si cela a donné des fruits, c'est parce qu'il y a eu concertation et un travail de collaboration. Vous savez, la région a été marginalisée et délaissée jusqu'aux années 91, au moment du découpage national lorsqu'elle fut érigée en province. C'est à ce moment que l'on s'est rendu compte du délabrement de la région qui a pourtant un potentiel. Jusqu'à 1991, la couverture dans l'enseignement était à peine de 15% de la population. Elle a atteint en 2003 près de 75%. Nous frôlons par ailleurs le taux de 60% de couverture pour l'électrification. Les 1.300 villages constituant la région étaient isolés en 1991 à 60%. En fait, c'est un travail énorme qui a été effectué et il reste beaucoup à faire. Notre grand ennemi demeure l'analphabétisme (75%) dans la région et la pauvreté. Le Haouz est une des 5 régions les plus pauvres du Maroc. - Avec 700 associations engagées dans la région, n'y a-t-il pas un risque de déperdition des énergies?- Ce risque existe effectivement. Nous essayons de le prévenir avec une structuration du milieu associatif autour d'un seul objectif et plusieurs sites. Aujourd'hui, le tissu associatif est organisé en collectif avec un conseil provincial et quatre pôles d'intervention en fonction des quatre cercles de la région: Tahanaout, Amzmiz, Aït Ourir et Asni. Le collectif bénéficie d'une aide annuelle de la province de 1,5 million de DH. Cette organisation est une expérience-pilote, vu le nombre d'ONG impliquées dans la région. Il nous fallait capitaliser sur tous ces efforts bénévoles. Et le meilleur moyen était de jouer le rôle de locomotive pour que le travail de ces associations s'organise et crée entre ces ONG une véritable synergie. - D'un autre côté, les déficits de la région ne sont pas uniquement en infrastructures et alphabétisation…- Evidemment, la province a souffert de la sécheresse alors que l'agriculture absorbait la majorité de la main-d'œuvre de la région. En outre, l'agriculture ici est plus subsidiaire qu'industrielle. Mais la province a des atouts insuffisamment exploités. Je veux parler essentiellement des mines et du tourisme. Le Haouz est le prolongement naturel de Marrakech. Il suffit de savoir qu'il abrite l'arrière-pays de Marrakech, comme la vallée de l'Ourika, L'Oukaïmden, le Toubkal… Je dirais même plus. Le Haouz est l'avenir du tourisme de la ville ocre qui réside dans le tourisme rural. Preuve en est les demandes d'investissement dans la région qui vont crescendo. - A part ces atouts qui existent partout ailleurs, qu'offre la région en plus?- D'abord, un grand choix dans le foncier. Vous le savez bien, le problème de l'investissement est dans le déficit en foncier. Pour développer le tourisme dans la province, nous avons mis à la disposition des investisseurs un certain nombre de terrains aussi bien privés, collectifs, Habous que domaniaux. Tout dépend du sérieux de l'investisseur et de la taille du projet. La proximité de la ville de Marrakech est aussi un atout très important mais qui est à double tranchant. Son inconvénient est que le Haouz connaît un tourisme de passage et non de nuitées. Les unités hôtelières se concentrent encore dans la ville. Je profite de l'occasion pour appeler les investisseurs hôteliers à délocaliser leurs unités dans cette province qui a su préserver sa beauté et sa richesse.- La province va tout de même avoir des unités dans le site de Takerkoust…- Oui, et si tout va bien, nous arriverons à faire de la retenue de ce barrage une véritable baie touristique. Cela n'a pas été facile vu que nous étions confrontés à quelques constructions bâties par le passé dans une anarchie totale. Nous avons arrêté tout projet sur ce site pendant deux ans. Un plan et tout un programme d'aménagement avec cahier des charges ont été mis en place. Et pour éviter tout dérapage, le chef de file demeure la province du Haouz. Ces efforts ont porté leurs fruits. Le groupe Triganew va construire un complexe touristique pour un investissement de 250 millions de DH. Il n'est pas le seul. D'autres projets sont en cours de finalisation.- En relation avec le tourisme et sur un autre site, l'Ourika. On ne souvient encore des crues de l'oued en 1995 et ses conséquences. Comment éviter pareille catastrophe?- Je veux ici juste rappeler que cette catastrophe a eu lieu après de fortes averses dans un laps de temps très court (90 millimètres en 15 minutes). Depuis les tristes événements de 1995, il y a plusieurs programmes de prévention dont un est mené par la province avec l'aide d'un organisme japonais JK. Il s'agit du système de prévention des crues. Les Japonais ont fait don de 40 m de DH pour ce programme. Par ailleurs, les Eaux et Forêts mènent de leur côté un autre programme financé par le Fonds Hassan II pour la mise en place de traitements mécaniques tout au long des ravins. Et je vous avoue aujourd'hui que grâce à ce programme, une autre catastrophe a été évitée en août dernier.


Ce que rapportent les mines

A 35 km de Marrakech dans un site de la région du Haouz, se trouve la Compagnie minière de Guemassa (CMG), société appartenant au pôle Mine de l'ONA, qui exploite la mine polyométallique de Hajjar. Les environs sont trompeurs et suggèrent une oasis plutôt qu'une exploitation minière. Il faut dire que des entreprises minières opèrent avec un souci environnemental accru. Au Haouz pas de problème à ce niveau. La sécheresse ayant laissé ses séquelles, CMG absorbe une bonne partie de main-d'oeuvre non qualifiée, mise au chômage depuis que la pluie n'est plus au rendez-vous. Ainsi, la population, de même que les autorités locales, accueillent et soutiennent chaleureusement les explorateurs potentiels. Pour l'heure, beaucoup de permis ont été accordés mais n'ont malheureusement pas encore abouti à des découvertes. En attendant, CMG dispose sur place d'un centre de recherche et d'ingénierie, Reminex. C'est la fierté de la filiale de l'ONA. A la pointe de la technologie, il a pour principale mission de mettre en place de nouveaux procédés et d'introduire de nouvelles technologies pour le développement de la branche mines. Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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