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Taoufiq Hejira: «Des logements à 120.000 DH, c’est du solide»

Par L'Economiste | Edition N°:1869 Le 05/10/2004 | Partager

La machine est lancée. Les programmes de lutte contre l’habitat insalubre et résorption de bidonvilles se succèdent à un rythme soutenu. Mais des incidents reposent la question de la qualité et du respect des normes de sécurité. Ahmed Taoufiq Hejira, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, fait le point sur la question et rappelle les exigences de sécurité dans tout acte de bâtir. Il s’arrête sur la loi 04/04 actuellement discutée au Parlement ainsi que sur les chantiers futurs de son département. Entretien.- L’Economiste: Avec des incidents comme celui de Casablanca, la qualité du logement social est souvent montrée du doigt.- Taoufiq Hejira: Je crois que ce qui s’est passé à Casablanca a été amplifié. Sur un parc immobilier qui se chiffre à des millions d’unités, on est aujourd’hui en présence d’un cas à problèmes. J’ai dit à plusieurs reprises et diverses occasions que le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme ne peut pas se prononcer sur le simple visu ou la constatation superficielle de fissures. Des expertises techniques poussées sont en cours. Et nous allons donner notre point de vue puisqu’il ne peut en être autrement. Il s’agit du privé qui est supposé avoir son architecte, son bureau d’études techniques et son bureau de contrôle. Nous sommes devant un cas d’entreprise organisée, qui a théoriquement tous les paramètres qui garantissent son produit. Aujourd’hui, nous avons engagé un débat au Parlement, sur la sécurité et la qualité du bâtiment au Maroc de manière générale dans le cadre du projet de loi 04/04. Loi dont nous avons commencé à examiner les composantes et clauses. Aujourd’hui, nous avons dépassé la discussion globale et nous en sommes à examiner les détails. Il y a un réel dialogue de sincérité et d’ouverture entre le législatif et l’exécutif. - En attendant, n’y a-t-il pas matière à inquiétude? - Non, si les gens respectent la loi et les valeurs qui sont aujourd’hui en vigueur. Un promoteur qui fait un ensemble immobilier doit avoir son architecte et son entreprise organisée. On peut se permettre de bricoler, chercher le petit tâcheron, passer outre l’ingénieur ou l’architecte quand on fait un logement individuel. Mais quand il s’agit d’ensembles immobiliers, il est indispensable que le promoteur prenne au moins l’architecte, le bureau d’études et le bureau de contrôle. En présence de ces trois professionnels et du promoteur qui, lui aussi, doit être soucieux de la qualité et la sécurité de son produit, j’imagine qu’il n’y a pas de crainte et que toutes les garanties sont là. Si, en revanche, on passe à côté de cette logique et de ces obligations, c’est comme si on brûlait un feu rouge par exemple. Cela devient de l’illégal. La nouvelle loi immunise ce cas d’espèce. - L’informel ternit l’image du secteur du bâtiment, que fait-on au niveau du ministère pour réduire ce phénomène?- Nous attaquons l’informel de deux manières: la logique du marché et du pouvoir public. La première a pour action d’accélérer le rythme de l’offre et la seconde de résoudre les problèmes de l’existant. Ce sont les deux créneaux sur lesquels nous travaillons. Par la suite, nous travaillerons sur l’incrimination de l’informel. Voilà donc les trois axes de notre action: la loi, l’offre et la régularisation de la situation actuelle. Axes sur lesquels nous sommes globalement bien avancés. - Où en sont les trois fonds Fogarim, Fogalef et Fogaloge?- Tout d’abord, il y a quatre fonds: Fogarim, Fogaloge public et privé et Fogalef(1). Ce dernier, qui est un fonds de garantie destiné à garantir les prêts consentis aux fonctionnaires de l’enseignement, marche très bien. Nous sommes aujourd’hui à près de 8.000 dossiers agréés. Normal, il s’agit d’un fonds qui dispose de toutes les garanties. Il y a la Fondation Mohammed VI, les banques conventionnées et les fonctionnaires qui ont un salaire fixe et donc la possibilité de la retenue à la source. Le Fogaloge privé n’est pas encore mis en place puisqu’il nécessite un changement de loi. Cela demande du temps. Pour les deux autres fonds (Fogaloge public et Fogarim), nous avons signé, à la fin de l’année dernière, la convention qui porte sur leur mise en place. Ces deux fonds sont opérationnels et aujourd’hui, nous sommes à plus de 60 dossiers. Il est vrai que ce n’est pas la ruée que l’on escomptait mais ces 60 premiers dossiers nous ont permis d’ouvrir les portes, de déverrouiller le système. Ils représentent un cas d’école qui nous montre que c’est possible. Maintenant, pour faire bénéficier notre population cible, il faut beaucoup de travail. Et ce travail, nous le faisons. Une dernière réunion a eu lieu ces derniers jours (NDLR: le 29 septembre) sous la présidence du Premier ministre. Nous sommes en train de déblayer, avec le CIH, la BCP et les autres banques, toutes les pistes pour pouvoir donner une plus grande célérité et présence à ces deux fonds. Et en particulier, le Fogarim qui est un levier stratégique pour notre nouvelle politique de l’habitat. En effet, il ouvre les portes du financement de l’habitat social et permet aux ménages à revenus périodiques de bénéficier des opérations de résorption d’habitat insalubre.- Quel bilan peut-on dresser aujourd’hui des programmes de résorption d’habitat insalubre?- Nous avons présenté à Sa Majesté, le 22 juillet dernier, une nouvelle tranche qui concernera 106.500 ménages pour la résorption de bidonvilles. Nous sommes aujourd’hui à 4 ou 5 conventions «villes sans bidonvilles» déjà signées: la convention de Rabat et Salé, signées devant Sa Majesté, celles de Meknès et de Kénitra sont aussi signées et pour la semaine prochaine, celle de Mohammédia. Pour les semaines qui viennent, sont prévues les conventions de Tanger, qui est prête, et de Marrakech et Agadir presque prêtes aussi. - Dans certaines périphéries, les logements sociaux se dressent comme des blocs de pierre sans vie ni âme. Comment rendre ces lieux plus vivables et éviter l’effet ghetto?- Cela ne se fait pas au niveau du promoteur mais plutôt de l’urbanisme. Et au- delà de l’urbanisme et de la gestion urbaine, c’est au niveau des documents d’urbanisme. Ceux-ci sont des documents imposables, des lois et il faut être très vigilants et très prudents dans l’avenir pour leur élaboration. Il faut oublier les contradictions actuelles. Il s’agit d’édifier la ville et l’espace durant les dix prochaines années. Le bâtiment et surtout le bâtiment public et les grands programmes de l’habitat ne se font théoriquement jamais sans l’aval de l’administration de l’urbanisme et notamment l’Agence urbaine. Celle-ci autorise sur la base d’un plan d’aménagement ayant fait l’objet d’une concertation. C’est une série de maillons de la chaîne, il faut la remonter et s’arrêter à chaque phase pour constater et évaluer. Tout le processus est aujourd’hui appelé à être évalué.


Retard dans la reconstruction d’Al Hoceïma

«Nous avons enregistré un léger retard par rapport à l’échéancier initial notamment dans le milieu urbain», lance d’emblée le ministre délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, Ahmed Taoufiq Hejira. Un retard, nuance le ministre, qui ne concerne que le milieu urbain. «Il est dû exclusivement à la régularisation de la situation foncière», ajoute-t-il. Rappelons que deux programmes sont lancés pour reloger les sinistrés du séisme d’Al Hoceïma. Ils devraient produire un millier de logements. Pour le premier, la mobilisation d’un terrain de la Commune à Imzouren, a demandé beaucoup de temps avant que la convention ne soit signée. Pour le second, la convention avec les Habous pour pouvoir mobiliser le terrain de Tnine Bou Ayyache pose encore des problèmes. «Nous sommes en train de négocier avec les Habous et l’APDM (Agence de développement des provinces du nord) pour trouver des solutions», nous confie le ministre. Au niveau du rural, les constructions vont bon train. «Nous avons plus de 30 architectes et ingénieurs, qui travaillent sous la responsabilité du wali et des autorités. Ils assurent l’encadrement, le suivi et l’évaluation de l’autoconstruction. «Bien évidemment, il y a quelques problèmes de gestion, de suivi des desiderata des bénéficiaires. Mais globalement, cela marche», indique Taoufiq Hejira. Pour ce qui est du respect des normes parasismiques, la réponse est dans le projet de loi 04/04 qui généralise sur cinq ans le respect de la loi RPS2000.


La certification ISO, pourquoi pas?

. Le ministère doit annoncer en 2005 un programme ambitieux- L’Economiste: Un logement à 120.000 DH finalement, n’est-ce pas peu pour garantir une qualité irréprochable? - Taoufiq Hejira: Je comprends la situation actuelle. C’est un changement de culture, de compréhension et d’adhésion. Cela prend du temps et les gens ont besoin de constater, de voir et de palper les résultats.  Je vais répondre sur la base de cas concrets. Aujourd’hui, le ministère lance à travers les villes du Maroc, au terme de cette année (les programmes sont en cours) près de 4.500 logements de moins de 120.000 DH. Ces programmes visent une large population. Prenez l’exemple de Meknès qui a vendu plus de 300 logements en une seule journée. Les acquéreurs, preuve à l’appui, ont un salaire inférieur à une fois et demie le Smig et n’ont jamais bénéficié d’un logement auparavant. Le logement à 120.000 DH ou aux alentours, avec toute la qualité et la sécurité qu’il faut et la superficie optimale pour un ménage moyen marocain (55-60 m2), existe aujourd’hui au Maroc. Je le confirme. Il est néanmoins vrai qu’il ne doit pas dégager les mêmes marges que les autres types de l’habitat social et encore moins que les moyen et haut standings. C’est comme si l’on demandait aux promoteurs de faire le même travail avec moins de valeur ajoutée. Il est donc compréhensible que les promoteurs ne marquent pas jusqu’à aujourd’hui une forte adhésion autour de ce nouveau produit. Le gouvernement doit continuer à chercher les moyens d’intéresser davantage le secteur privé. La clientèle existe, le financement de l’acquéreur existe avec les fonds de garantie et l’ouverture du système bancaire. Il faut plus de conditions préférentielles pour faire ce type de nouveaux produits. Nous avons commencé par le foncier public où nous demandons un minimum de 40% de logements à faible valeur immobilière totale (VIT). Nous sommes en train d’ouvrir les plis. Nous planchons également en ce moment sur plusieurs dossiers de promoteurs marocains et étrangers qui veulent industrialiser l’habitat. Ils sont prêts, sans passer par le biais de la péréquation, à produire des logements de 100.000 à 120.000 DH qui seraient en plus certifiés ISO 9001 et conformes aux normes requises par l’Union européenne. Le secteur public, lui, marche bien et l’année prochaine nous allons annoncer un programme à faible VIT encore plus audacieux.Propos recueillis par Khadija EL HASSANI------------------------------------------------------(1) Fogarim est destiné aux personnes à revenus modestes et irréguliers, Fogaloge aux petits fonctionnaires et Fogalef aux enseignants.

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