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Résidence Oum Errabie: Retour au calme après la panique

Par L'Economiste | Edition N°:1869 Le 05/10/2004 | Partager

. Vingt familles quittent leur appartement pour fissuration. Le promoteur les reloge dans le même complexe résidentiel. Les travaux de réparation devraient démarrer «incessamment» La peur, la panique et la colère ont cédé la place à une relative quiétude. Les victimes de l’incident du 3 septembre dernier au complexe résidentiel Oum Errabie à Oulfa (Casablanca) semblent s’être remises de leurs émotions. Il y a un mois à peine, vingt familles avaient vécu un cauchemar qui a défrayé la chronique. Alors qu’elles avaient emménagé dans leur logis flambant neuf depuis à peine quelques mois, elles avaient assisté avec un sentiment d’angoisse et d’impuissance à la fissuration de quelques-uns de leurs murs!L’une des familles interrogées habite la résidence depuis une dizaine de mois. “Les premières marques de fissuration sont apparues au bout de neuf mois. Au début, nous ne nous sommes pas inquiétés car elles étaient très petites. Mais ensuite, elles ont commencé à grossir anormalement, jusqu’à en devenir inquiétantes”, raconte une mère de famille. “Je n’ai remarqué la fissure au salon que le vendredi 3 dans la soirée. J’ai contacté mes voisins et je me suis rendu compte qu’ils avaient le même problème”, témoigne pour sa part un chef de famille. Et d’ajouter: “Ce fameux vendredi soir, la plupart des vingt familles des deux immeubles concernés n’ont pas dormi chez elles. Elles sont parties chercher refuge chez des proches. Beaucoup n’ont pas pu fermer l’œil, inquiètes de leur devenir”. C’est déjà difficile de payer les traites de la banque chaque mois, alors engager des frais supplémentaires pour des réparations dans une maison toute neuve apparaissait à tous inconcevable et irritant. “Moi, je n’ai pas eu peur que le toit me tombe sur la tête. Après tout, les fissures n’apparaissaient qu’au niveau des cloisons”, témoigne un jeune homme. Pour autant, il ira passer la nuit ailleurs. Heureusement, le cauchemar a été de courte durée: Dès que le promoteur du projet Oum Errabie (société Anassi) a été averti, il a tout mis en œuvre pour régler le problème le plus rapidement possible, reconnaissent toutes les familles interrogées. En “un temps record”, tout le monde a pu être relogé et surtout rassuré. C’était le samedi 4 septembre. D’après une jeune femme sur place, Anassi s’est chargée de répartir les familles dans des appartements vides du même complexe résidentiel. Une autre nous a confié que les familles avaient la possibilité de choisir entre deux ou trois appartements. En tout cas, tout le monde est d’accord pour dire que la répartition s’est effectuée dans le calme, sans disputes ni revendications. Le déménagement s’est donc déroulé le même jour. Anassi s’est chargée de mettre à la disposition des foyers camions et employés en nombre suffisant pour emballer, transporter meubles et affaires et à les ranger dans les nouvelles demeures. D’après un témoignage, la société Anassi aurait offert à chacune des familles touchées deux couvertures et deux couettes en plus d’une enveloppe de 5.000 DH en guise de dédommagements pour le préjudice subi. Le déménagement était tout de même difficile car dans l’urgence. Heureusement que les nouveaux appartements se trouvaient à proximité. Le problème, c’est qu’il fallait endurer la curiosité de certains voisins, dont les discussions allaient bon train, jusqu’à des heures avancées de la nuit. Même des badauds des rues environnantes sont venus assister au spectacle, ce qui était gênant pour les familles. “C’était vraiment la foire”, témoigne une femme. Des familles ont même préféré attendre la tombée de la nuit pour déménager discrètement. Dès le dimanche 5 septembre, le patron d’Anassi, Ahmed Jamaï, a visité en personne une partie des familles, laissant à son fils le soin de se rendre chez les autres. L’objectif était de s’excuser, rassurer et réconforter les gens. Ils ont étouffé net les protestations en proposant toute une série de solutions pour sortir de la crise. Aujourd’hui, les familles savent qu’elles ont le choix entre s’approprier l’appartement reçu en échange, réintégrer le leur lorsque les réparations seront terminées ou se faire rembourser. Des propositions jugées honnêtes par les familles interrogées, mais qui ne devraient pas occulter la question de la qualité et de la sécurité dans le bâtiment, car il s’agit de vies humaines. Aucun des ménages concernés n’a accepté le remboursement. Et pour cause: la résidence est bien placée (à proximité du siège de Royal Air Maroc) et les prix jugés corrects. De plus, la majorité se sont engagés vis-à-vis de la banque sur des crédits de dix ou quinze ans et il est difficile de revenir en arrière dans de telles conditions. Parmi les trois familles que nous avons interrogées, deux ne souhaitent pas réintégrer leur appartement. “Cet appartement est plus grand et mieux agencé que celui que nous possédons. Même s’il est plus exposé au bruit, nous préférons y rester. De toutes façons, il est hors de question de déménager encore une fois”, nous explique une mère de famille.“C’est psychologique. Je ne voudrais pas vivre dans une maison qui a été fissurée, même si le danger est écarté”, explique une autre femme. Un chef de famille souhaite au contraire revenir chez lui. “Nous avons taillé notre salon et nos meubles sur mesure et en plus, c’est MA maison, dit-il.Beaucoup préféreraient réintégrer leur appartement parce qu’ils y auraient fait quelques petites transformations pour le personnaliser. “J’ai dépensé 10.000 DH pour agrandir la cuisine. Je voulais qu’elle ressemble à celle de Choumicha”, nous confie une dame, la quarantaine passée. Un autre propriétaire aurait transformé les toilettes anglaises en turques. D’ici la fin des travaux de réparation, les familles auront le temps de prendre leur décision. A celles qui auront choisi de rester dans leur seconde demeure, Anassi a promis de régler le problème de la paperasserie administrative. Mais qu’en est-il des impôts?


Ce que dit le premier rapport d’expertise

Afin de comprendre les causes du problème, les promoteurs ont commandé trois expertises. Ce qui est sûr, c’est que les deux immeubles ne risquent pas de s’effondrer, selon Khalid Bekkali, architecte travaillant pour le compte d’Anassi. C‘est ce que confirme le premier rapport d’expertise réalisé par Tecnicas Maroc et que nous avons vu. Celui-ci signale en effet l’absence de risque d’écroulement “si des renforts sont effectués”. Selon ce même rapport, “la fissuration de certaines cloisons intérieures et de la façade et le tassement au niveau de la chaussée proviendraient du tassement de certains points d’appui (poteaux) dû au tassement du remblai pour différentes causes (compactage insuffisant, fuite d’eau dans le réseau d’assainissement...) provoquant la rupture de longrines et par suite le flambement des poteaux”. D’après Khalid Bekkali, il est possible que les fissurations soient dues aux diverses transformations entreprises par les propriétaires. En tout cas, un des responsables d’Anassi, qui a préféré garder l’anonymat, indique que des travaux de renfort vont bientôt commencer. Mais il ne se prononce ni sur la date de démarrage ni sur la durée de ces travaux. Les familles qui désirent retourner chez elles doivent prendre leur mal en patience. Nadia BELKHAYAT

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