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Déficit d'électricité : Les industriels s'équipent en groupes électrogènes

Par L'Economiste | Edition N°:63 Le 21/01/1993 | Partager

Depuis le début du mois de Décembre 1992, les coupures électriques sont devenues de plus en plus fréquentes. Les sociétés qui commercialisent des groupes électrogènes ont enregistré une hausse de la demande. Cependant, les intentions d'achat se heurtent au niveau élevé du coût des investissements.

Les coupures électriques et les délestages ont précipité le besoin, pour les industriels, de trouver une énergie d'appoint. Les sociétés de commercialisation de groupes électrogènes enregistrent une forte demande. Elle concerne la région de Casablanca à 80%. Le reste provient essentiellement de l'axe Rabat-Kénitra. Cependant, l'installation d'un groupe électrogène reste encore au stade de projet. L'investissement est un problème de coût d'opportunité. Le prix d'un groupe de forte puissance peut atteindre un million de Dirhams. "Tout dépend de la puissance à secourir", explique M. Abdellah Benaziz, Chef du service Mesure et Energie de Fénié Brossette. Par ailleurs, l'acquisition d'un groupe d'une forte puissance nécessite la préparation d'un dossier d'investissement afin de bénéficier de certains avantages.

Situation plus compliquée

Depuis quelques années, "Le marché était devenu moins dynamique", fait remarquer M. Karim Bennis, Directeur commercial de Sirmel. Ce marché concerne l'industrie, l'agriculture et le domestique (groupe de moins de 20KVA). Le secteur Industriel, qui demande des groupes de plus grande puissance (1.250KVA pour les cimenteries), représente actuellement un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 20 à 25 millions de Dirhams que se partagent essentiellement six sociétés. Les groupes électrogènes sont importés généralement de France, d'Italie et d'Allemagne. Une société, installée à Agadir, effectue le montage local destiné au secteur agricole. Les distributeurs de groupes électrogènes espèrent un relèvement de leurs ventes dans les prochains mois. Les industriels seront pratiquement obligés d'investir dans les groupes électrogènes, estiment-ils. En effet, la situation risque d'être plus compliquée en attendant l'achèvement des deux premières tranches de la centrale de Jorf Lasfar ou la mise en place des turbines à gaz de Tétouan et de Tit Mellil. Les coupures pourraient se faire encore plus fréquentes d'autant que la puissance appelée domestique et industrielle est en croissance continue (7% par an). Selon M. Abderrafie Rifi, Directeur commercial de Fénié Brossette, "les décisions d'achat devraient intervenir vers le milieu de l'année". Cependant, "il est difficile d'estimer un taux de réalisation", poursuit-il. Les industriels sont encore dans l'expectative. La plupart avait déjà installé des groupes de secours principalement pour l'éclairage et pour des raisons de sécurité. Les nouveaux besoins sont exprimés dans le sens de la production. Mais le problème se pose au niveau du calcul coût-avantage. "Le groupe n'est qu'un équipement complémentaire. Il ne peut produire toute l'énergie dont a besoin une unité de production", explique le responsable technique d'une cimenterie. En outre, son installation va générer d'autres charges, notamment celles liées à la maintenance. Vu le coût très élevé des investissements, il se pose le problème de son opportunité, surtout s'il s'agit de secourir des coupures de 20 à 30 minutes. Pourtant, la situation est qualifiée d'intenable par les industriels. Les stratégies mises en place sont encore inefficaces "d'autant que les coupures surviennent de plus en plus en dehors des heures prévues par l'ONE", soulignent les mêmes sources. Les effets se font sentir surtout au niveau de la ligne Ain Sebaâ-Mohammédia où sont concentrées la grande majorité des industries. D'ailleurs une société qui produisait des barres de cuivre recouvertes d'étain a dû mettre son personnel au chômage technique en attendant de s'équiper en groupe électrogène. Pour cause, après chaque coupure, il fallait près de 8 heures pour faire redémarrer les bacs d'électrolyse. Ce n'est peut-être qu'un cas marginal. Toutefois, la situation provoque des pertes importantes aux entreprises qui tournent à "feux continus" et qui ne peuvent remédier au problème par un réaménagement du temps du travail.

Baisse de productivité

D'une manière générale, les coupures provoquent un arrêt de la production et entraînent une baisse de la productivité. Par exemple, les responsables d'une usine de câbles électriques expliquent que 30 minutes de coupure peuvent causer un arrêt de travail de l'ordre de trois heures. Dans l'industrie pharmaceutique, les coupures intempestives ou les délestages entraînent des pertes assez élevées. Les compositions en cours de préparation sont systématiquement jetées. L'agro-alimentaire souffre du même phénomène. Pour le textile, outre l'arrêt de la production, des défauts de fabrication peuvent survenir si l'incident intervient durant les phases de texturation ou de teinture. Par ailleurs, les arrêts et redémarrages répétés contribuent à la détérioration plus rapide du matériel. Les pertes ne sont pas chiffrées par la plupart des industriels interrogés. Conséquence, les industriels commencent à manifester leur mécontentement. Les assurances ne couvrent pas ce genre de dommage (contraire au système des "pertes d'exploitation"). Dans l'impossibilité de profiter de ce système, certains industriels posent le problème de la responsabilité de l'Etat. Dans la foulée, ils soulèvent la question d'une éventuelle compensation, d'autant que des organismes publics (ONE et RAD) sont directement concernés.

Réaménagement d'horaires

Les coupures surviennent généralement entre 17h30 et 22h, tranche horaire où la puissance appelée devient très élevée. Cependant, elles arrivent fréquemment en cours de journée, notamment dans une partie du secteur de Aïn Sebaâ. Les stratégies mises en place pour pallier le mal sont différentes selon les types d'industries. Du point de vue de la consommation énergétique, les industries se classent en deux groupes:

- les entreprises dont le cycle de production est continue (cimenteries, industries chimiques... etc);
- le second groupe est constitué par les entreprises qui tournent en deux équipes (huit heures par équipe) et celles qui effectuent une journée de huit heures avec un arrêt entre 12h et 14h.

Pour le premier groupe, il est impossible de jouer sur un décalage des horaires de travail. L'installation de groupes électrogènes se présente comme la seule alternative, soulignent les concernés.

Les heures d'arrêt de travail sont consacrées à l'entretien des machines et à d'autres tâches "pour occuper le personnel".

Le second groupe opte dans l'ensemble pour la réorganisation des horaires. Vu que les coupures surviennent généralement après 16h, le décalage est effectué en amont. Les industriels choisissent généralement de faire rentrer le personnel un peu plus tôt afin de gagner une ou deux heures. Dans des cas comme le textile, dont certains travaux ne nécessitent pas directement la consommation d'électricité, les dirigeants libèrent le personnel occupé par la production (si la coupure est trop longue) et programment des journées de rattrapage (Samedi ou Dimanche). Cependant, la plupart des responsables interrogés soulignent que cette forme d'organisation n'est pas définitivement adoptée, d'autant que les périodes de coupures ne sont pas rigoureusement définies. Dans la région de Rabat, des industriels précisent que la situation n'est pas alarmante. Les coupures sont en effet très rares. Les incidents ne nécessitent pas encore un plan particulier.

A.D.N.

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