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    Daewoo remet Rabat-Hyatt dans le giron de Hilton

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    Hilton International reprend la gestion de Rabat-Hyatt pour le compte de Daewoo. Le groupe coréen va investir 49 millions de Dollars dans la rénovation et l'extension de l'établissement.


    "Nous ferons de cet hôtel l'une des belles unités de la région méditerranéenne, un véritable hôtel de luxe". Tommy Ressopoulos, vice-président commercial et marketing de Hilton International pour l'Afrique et le Moyen-Orient, affiche d'emblée les ambitions de la chaîne qui reprend la gestion de l'ex-Rabat Hyatt dix ans après avoir plié bagages(1). En témoigne l'ambitieux programme de lifting et d'extension de l'hôtel évalué à plus de 49 millions de Dollars financé par Daewoo, nouveau propriétaire de l'hôtel depuis le 12 mars. Echelonné sur une période de deux ans -de 1997 à fin 1999-, ce programme comporte deux volets: le premier, d'une valeur de 9 millions de Dollars, concerne la "mise à niveau" du palace "qui se trouve dans un état déplorable". Le second porte sur un complexe immobilier de 40.000 m2 et comprend une salle de conférences, des bureaux, un centre commercial et des appartements meublés. Il sera érigé sur le terrain mitoyen du palace. Son coût global est estimé à 40 millions de Dollars.
    Au-delà de l'objectif de réhabilitation de l'hôtel, ce programme vise surtout à redorer le blason de l'établissement et le recentrer sur sa clientèle "naturelle".
    Assurément, Hilton International revient plein d'ambitions.

    Transition en douceur


    "Oublions le passé", confie Ressopoulos, ou tout au moins les raisons qui ont poussé Hilton à la sortie il y a dix ans.
    Pour l'anecdote, sachez que les responsables de Hyatt et Hilton avaient veillé jusqu'à 4 heures du matin dans la nuit du 11 au 12 pour régler les derniers détails tenant au partage des recettes de l'hôtel.
    Sur le strict plan de la gestion, les responsables de la chaîne affirment que "la transition s'effectuera sans problème". Le passage de la culture Hyatt à celle de Hilton sera d'autant plus aisé qu'au moins 60% du personnel actuel était déjà employé par Hilton avant son départ du Maroc en 1987.
    Le conglomérat sud-coréen a signé un chèque de 28,7 millions de Dollars à l'ordre du Trésor, principal actionnaire de la CDG, ancien détenteur du titre foncier de l'établissement via sa filiale Chellah Immobilier. "Il aura fallu plusieurs semaines de discussions entre les deux parties pour affiner les derniers détails de la transaction", révèle M. Khalid Kadiri, directeur général de la CDG. Les négociations ont été âpres, notamment sur des aspects tels que le maintien de l'emploi ou la date de la reprise de l'hôtel. Idem aussi en ce qui concerne les modalités et le niveau de l'indemnisation due à la société Interedec pour rupture anticipée du contrat.

    Rappelons que le contrat de gérance-libre conclu entre Interedec (qui à son tour avait signé un contrat de gestion avec Hyatt) et Chellah Immobilier, aura tenu dix ans, contre dix-sept initialement prévus. Ce sont les experts du Ministère des Finances qui ont directement négocié l'indemnité à laquelle prétendait le groupe de M. Kabbaj.
    Du point de vue de la CDG, la cession du palace de la capitale traduit une réorientation stratégique de la Caisse qui veut "se recentrer sur sa mission d'acteur du marché financier . La récente cession d'une partie de sa participation dans la BMCE entre dans ce cadre. "Ce n'est plus à l'Etat de gérer les hôtels", rappelle M. Kadiri. Avant d'ajouter: "Nous considérons que le secteur touristique est devenu mûr pour être pris en charge par le privé". Le parc hôtelier de la Caisse est composé d'une quinzaine d'unités représentant plus de 4.000 lits. L'essentiel de ces hôtels figure sur la liste des privatisables, mais les appels d'offres n'ont jusqu'à présent trouvé qu'un écho mitigé auprès des investisseurs. o

    (1) Daewoo et Hilton International avaient dépêché deux hauts responsables pour la conférence de presse du 12 mars à l'occasion de la prise officielle des murs de l'hôtel. Il s'agit respectivement de MM. Choi Jung-Ho, senior assistant du président-fondateur du groupe en charge du pôle automobile, et Tommy Ressopoulos, vice-président commercial et marketing pour l'Afrique et le Moyen-Orient.

    Le Groupe se renforce dans l'hôtellerie


    Compare au chiffre d'affaires consolidé, le poids de l'hôtellerie dans le portefeuille du groupe sud-coréen est une goutte d'eau dans la mer. Avec 200 millions de Dollars réalisés en 1996, le pôle hôtelier a contribué pour 0,33% au chiffre d'affaires du conglomérat (66 milliards de Dollars). Pour autant, et malgré la taille modeste de l'activité, l'état-major de Daewoo y attache beaucoup d'intérêt, précise M. Choi Jung-Ho, senior-assistant du président-fondateur de la multinationale. C'est d'ailleurs l'épouse du président qui dirige le pôle hôtelier. Pour le groupe, "il s'agit d'une activité en croissance qu'il faut investir".
    Daewoo a fait ses premiers pas dans l'hôtellerie en 1976 avec la construction de la première unité dans la capitale coréenne, le Hilton Séoul. Inauguré en 1983, ce gigantesque hôtel comprend 705 chambres et un centre de congrès de très haut standing. Dans le sillage du boom économique sud-coréen, Daewoo construira un deuxième établissement dans la ville de Kyungu, d'une capacité de 324 chambres. Rabat Hilton porte à dix unités le nombre d'hôtels appartenant au groupe coréen.
    Font également partie du pôle hôtelier de Daewoo l'hôtel Hilton d'Alger doté de 430 chambres, le Hanoï Daewoo Hôtel (411 chambres), le Palace Hôtel au Soudan (147 chambres), le Sheraton Sofia Balkan (188 chambres) et le Guilin Sheraton en Chine d'une capacité de 490 chambres.

    La participation à la réalisation du complexe hôtelier Beijing Lufthansa en Chine est considérée comme la plus importante opération dans le secteur hôtelier. En plus d'un centre d'affaires, celui-ci est doté de 540 chambres. Divers autres projets sont en phase de développement: à Kiev, la capitale ukrainienne, le groupe envisage de construire un hôtel de 400 chambres. Il est aussi prévu deux autres unités à Tachkent (Ouzbékistan) et à Moscou, d'une capacité respective de 400 et 500 chambres. En Pologne, le groupe coréen va investir dans une unité de 300 chambres.
    Daewoo caresse l'ambition de créer une chaîne hôtelière de niveau mondial à son enseigne. Il s'en est donné les moyens en multipliant les rachats et les constructions des hôtels. Pour y arriver, il peut compter sur sa solidité financière et son partenariat avec Hilton International.

    Abashi SHAMAMBA






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