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Crise financière: Grands chantiers, agriculture, export... les armes du Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:2912 Le 01/12/2008 | Partager

. La demande intérieure un des plus grands atouts. Le ministre défendait l’économie du pays devant la CFCIMLe Maroc, un pays qui sait faire face aux crises. C’est l’image que Nizar Baraka, ministre délégué aux Affaires générales et économiques, a défendue jeudi 27 novembre devant les entrepreneurs français de la Chambre française de commerce et d’industrie (CFCIM). La crise actuelle n’est donc pas la première qui aura menacé le pays. Pas plus tard que cette année, le Maroc a eu à faire face à la flambée des cours mondiaux des matières et du pétrole en particulier, lui qui importe presque 100% de ses besoins énergétiques. «Nous avons pu absorber le choc de cette crise grâce à la compensation. L’effet aurait pu être bien plus grave si l’on n’avait pas stabilisé les prix», affirme Baraka. L’autre crise est celle des subprimes. «Là encore, l’économie a réagi avec vigueur», martèle le ministre. Logiquement, voire naturellement, «elle encaissera aussi le coup de la nouvelle crise internationale grâce aux multiples ressorts de croissance». Tout en reconnaissant que les effets de la crise seront plus ressentis aux niveaux de secteurs, notamment exportateurs de l’économie réelle comme le textile et le tourisme, et que les IDE et les transferts des MRE risquent d’être ralentis, Nizar Baraka indique que «la conjoncture internationale a un revers positif». Il s’agit de la baisse des cours qui viendra alléger le déficit, tant critiqué, de la balance commerciale. Mais, c’est la demande intérieure qui sera le vrai relais de croissance. Cela est valable aussi bien pour les biens manufacturés que pour les services comme le tourisme par exemple. Ainsi, le plan Kounouz Biladi connaît un regain d’intérêt manifeste. Maintenir, mieux, améliorer le pouvoir d’achat du consommateur national est donc une priorité. Baraka a passé en revue les mesures prises dans le cadre de la loi des Finances pour soutenir la demande intérieure. Hausse des salaires dans le public et du Smig dans le privé et baisse de l’Impôt sur le revenu (IR). Ces mesures contribuent à améliorer les revenus de 10,5 à 22%. Une amélioration qui sera largement au-dessus du niveau de l’inflation. Cette dernière serait inférieure à 2% en 2009 grâce à la déflation constatée dans le monde, celle des matières premières notamment.L’aide directe participe, elle aussi, a cette volonté officielle de maintenir la demande intérieure. A ce titre, quelque 450 millions de DH sont programmés dans le cadre de la loi de Finances 2009. Les familles défavorisées, dans le monde rural notamment, recevront entre 60 et 70 DH par enfant scolarisé mais devront en retour veiller à ce que leurs progénitures ne quittent pas l’école, en tout cas pas avant l’âge de 15 ans.«La croissance endogène», comme l’appelle Baraka, sera également boostée par la demande publique. L’Etat compte investir 44 milliards de DH en 2009 (135 milliards si l’on intègre l’investissement des administrations et entreprises publiques). C’est un budget qui marque une hausse historique. «Une rupture par rapport au passé», précise le ministre. Cet effort budgétaire ira dans la poursuite de la politique des grands chantiers. Des plans tous azimuts: infrastructures, plateformes logistiques, TGV et Tramway, villes nouvelles, ports, énergies, barrages, etc. Des projets qui serviront à dynamiser les entreprises marocaines dont les activités sont en relation avec ces chantiers.Le monde rural, encore et toujours. Il se voit octroyé 16 milliards de DH en termes d’investissement public, 600 millions de DH au titre du fonds de développement rural et 700 millions de dollars américains dans le cadre du Millenium Challenge Account. D’ailleurs, c’est l’agriculture qui va jouer le rôle de joker pour l’économie marocaine en ces temps de crise. Selon Nizar Baraka, «la campagne agricole, qui sera plus moyenne, absorbera une partie des impacts négatifs de la récession internationale». L’export n’est pas en reste. Le ministre parle de la nécessité d’asseoir un équilibre entre les exportations et la demande intérieure comme moteurs de croissance. Les secteurs exportateurs, a priori les plus concernés par la crise, bénéficient d’un soutien dédié. C’est le fameux fonds de soutien doté d’une cagnotte de 500 millions de DH à l’horizon 2012, dont 250 millions débloqués dès l’année prochaine. «C’est pour les aider à maintenir leurs parts de marché, voire en gagner davantage», explique le ministre délégué aux Affaires générales et économiques.Mis à part cet appui financier, il est aussi question de rendre la vie plus facile aux exportateurs. Selon Baraka, «cela passe par la simplification des procédures douanières, la révision à la baisse de plusieurs droits de douane et même la baisse des coûts portuaires ainsi que la création de zones industrielles et de technopôles et agropôles intégrés».


10.000 ingénieurs: Besoin de réajustement

Interpellé sur la problématique des ressources humaines, Nizar Baraka affirme que le programme 10.000 ingénieurs nécessite quelques ajustements. Ainsi, il ne répond pas exactement aux besoins des entreprises. «Il y a un décalage entre formation et besoins. Les investisseurs qu’on a eus ne sont pas ceux auxquels on s’attendait», explique-t-il. La meilleure méthode pour sortir de cette inadéquation est d’associer les entreprises à l’effort de formation.Baraka cite l’exemple de Renault-Nissan Academy, à Tanger. Celle-ci aura pour mission de fournir l’usine de l’Alliance du détroit des compétences nécessaires pour faire tourner la structure. D’autres entreprises, notamment dans les secteurs tourisme et textile, disposent déjà de leurs propres écoles de formation. Au Maroc, le problème des RH est double. Il s’agit à la fois d’augmenter l’indicateur numérique des diplômés formés et de rehausser le niveau de qualité des lauréats. Sans cela, une tension, déjà constatée, sera de plus en plus forte sur les profils existants. Cela provoquera mécaniquement une hausse des salaires, ce qui peut être fatal pour la compétitivité du Maroc.Nabil TAOUFIK

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