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Cosumar: Les pains et morceaux de sucre reviennent

Par L'Economiste | Edition N°:439 Le 09/02/1999 | Partager

La reprise du travail à la Cosumar est prévue pour demain 10 février. Un protocole d'accord de sept points a été signé le 6 février entre la Direction et les représentants du personnel, sous l'égide de la Préfecture d'Aïn Sebaâ.

Ouf, le consommateur peut respirer. Les spéculations sur le sucre en principe devront s'arrêter et les prix vont revenir à leur niveau normal. En effet, les machines de la Cosumar, après 50 jours d'arrêt, tourneront de nouveau et les cheminées fumeront au bonheur de l'homme de la rue qui surpayait les conséquences de la grève: le pain de sucre se vend très au-dessus du prix officiel. Il a fallu donc près de deux mois de grève et de sit-in pour décider de la reprise du travail pour ce mercredi 10 février. Les négociations se sont déroulées sous l'égide du gouverneur de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi. De quoi préparer la mise en place du Code du Travail qui donne aux services des préfectures un rôle stratégique dans la résolution des conflits sociaux. Ce que ne verront pas forcément d'un bon oeil les partenaires sociaux.
Le protocole d'accord prévoit sept points essentiels. Outre la reprise du travail le 10 février, il souligne l'adoption par les deux parties du mode de fonctionnement de tous les chantiers de l'usine à raison d'un dimanche sur deux (les deux usines travailleront donc en même temps un dimanche sur deux). Le travail du dimanche sera d'un autre côté annulé pour le mois sacré de Ramadan. A rappeler que c'est ce mode de fonctionnement qui constituait le principal point de discorde entre la Direction et les grévistes et empêchait une solution rapide du conflit(1). Le travail du dimanche donnera droit à une revalorisation de la prime y correspondant. Elle passera ainsi de 150 DH brut à 215 DH brut. En revanche, la revendication des grévistes de payer leurs jours d'arrêt de travail n'a pas été satisfaite. Ils motivaient leurs réclamations par le fait que "la Direction a procédé à un renouvellement des installations de la société. Ces chantiers ont nécessité au moins 20 jours de travail". La mouvement de grève a cependant duré plus de 20 jours. Ils ne bénéficieront ainsi que d'un prêt de 2.000 DH dont 500 DH à titre de prime d'Aïd Al fitr et au paiement de 10 jours comme avance sur le congé-payé au titre de l'année 1999. Le prêt sera remboursé sur 15 mois, est-il précisé sur le protocole d'accord. Le dernier point de l'entente prévoit la réintégration des quatre salariés suspendus durant la grève. De plus, la Direction de la Cosumar s'est engagée à annuler les requêtes déposées auprès des services de sécurité à l'encontre de certains salariés et de ne pas sanctionner les travailleurs ayant participé à la grève.
Après 50 jours, l'observateur se demande si le résultat le plus clair obtenu par la grève ne serait pas d'avoir démontré que la subvention sur le pain de sucre est largement inutile.

(1) La décision de travailler les dimanches est survenue suite à un accord l'été dernier pour éviter un dégraissage des effectifs qui aurait engendré le licenciement de près de 400 employés. La Direction avait instauré également un système de retraite anticipée pour le personnel âgé de plus de 55 ans. Ces personnes bénéficient d'une indemnité de 50.000 DH par année de travail restante.


Les "mystérieux encadrants" des grévistes


Le protocole d'accord ne mentionne à aucun moment les "encadrants des grévistes". Ces derniers avaient vivement participé à la "gestion" de la grève et ont même pris part à des réunions à la préfecture en présence des représentants de la Direction. Leur participation à ces réunions revêtait un rôle stratégique.
Leur influence sur les grévistes a été reconnue y compris par les délégués du personnel. Lors des négociations en séances marathon, des divergences sont apparues même entre les délégués appartenant à la même centrale. C'était l'une des raisons qui ont aussi retardé l'aboutissement à une solution rapide de ce conflit, ce qui a donné du poids aux "encadrants".

Aniss MAGHRI

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