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    Economie

    Concentré de tomates: 40% de la production écoulée en période de Ramadan

    Par L'Economiste | Edition N°:21 Le 19/03/1992 | Partager

    Le prix de la tomate et du concentré reviennent au centre des conversations. il est symbole de toutes les hausses des denrées alimentaires soumises à une forte demande pendant le mois de Ramadan. Quant à l'offre des producteurs, méconnue, elle se trouve dans une position tout aussi délicate.

    Comme chaque année, les producteurs de concentré de tomates sont dans une phase
    particulièrement favorable. En effet, il est communément admis par les responsables de conserveries que pendant cette période, leur production est écoulée à 40%, en l'espace de deux mois. Alors que le prix de la tomate et du concentré de tomates occupe le centre de la conversation du consommateur, Ramadan produit ses effets bénéfiques sur ce secteur d'activité. Certains fabricants de concentré de tomates avancent même le chiffre de 50% des ventes réalisées à cette période. Le reste de l'année, c'est une évolution qualifiée "en dents de scie" et en tout cas peu importante. Le Maroc est donc loin de l'Algérie qui se positionne au second rang mondial de consommateur de concentré de tomates juste après la Libye qui a hérité des habitudes culinaires italiennes.
    La nouveauté cette année réside dans le fait que certaines marques ont décidé de communiquer. Si l'on en juge par les propos tenus par les dirigeants de certaines firmes, ce phénomène risque de perdurer. Certes il y a eu un précédent pour le cas particulier de la Conserverie Végétale Marocaine (COVEM) qui a fait une tentative de communication il y a trois ans pour son concentré de tomates "Panthère". Pour le concentré de tomates des Conserveries de Meknès, la communication est faite à travers les publicités des confitures commercialisées sous le même nom "Aïcha". Cette fois-ci, il semble que la médiatisation de produits alimentaires ait évoluée dans un sens prévisible si l'on s'en tient à l'avis de certains professionnels.
    Les arguments avancés relativement à ce recours à la publicité sont nuancés. Tant pour certains fabricants de concentré de tomates que pour certains responsables chargés du secteur agro-alimentaire, ces campagnes publicitaires sont motivées par l'accumulation d'un stock important. Pour d'autres et c'est le cas notamment de M. Ahmed Khalifi, Directeur Général de Mag Conserves, il s'agit plutôt de remémoriser certaines marques dans l'esprit des jeunes ménagères.
    Seule la marque "Lion" semble faire exception. Commercialisée par les Etablissements R.J. Rousseau, elle occupe la première place sur le marché parce qu'elle existe depuis 1940 et qu'elle est le concentré de tomates des casablancais.

    Les ménagères courtisées

    Selon, M. Khalifi, les autres marques ont, en général, plus de dix ans et les jeunes ménages doivent être informés quant à leur existence. Le moyen le plus efficace pour ce faire étant la publicité. Pour certains professionnels de la communication, le concentré de tomates comme de nombreux autres produits alimentaires souffrent d'indiffé-renciation. Le seul critère retenu par le consommateur étant le prix.
    Pour M. Rachid Belarbi, Chef du Département Agro-Alimentaire auprès du Centre Marocain de Promotion des Exportations, cette campagne de médiatisation du concentré de tomates a été un peu plus tardive que pour l'huile par exemple mais elle n'est pas surprenante. Elle entre dans le cadre d'une évolution plus générale qui touchera tous les produits agro-alimentaires. Il ne sera donc pas étonnant de voir un certain nombre de marques de concentré de tomates recourir à la publicité pour les prochaines années. Là comme ailleurs il y a, sinon un mimétisme, une espèce d'effet de spirale.
    En tout cas, les ménagères marocaines commencent à être courtisées par les producteurs de concentré de tomates qui avaient quelque peu négligé le marché local facile à satisfaire tant que d'autres marchés offraient de meilleures perspectives.
    Certains marchés internationaux offrent des potentialités très intéressantes mais il faut opérer une distinction entre certains opérateurs qui sont de taille à répondre à des demandes importantes et ceux pour qui, le concentré est fabriqué avec des écarts de triage de tomates de bouche destinée à l'export et qui subissent les états d'âme d'un seul marché : celui de la CEE.

    Stock de sécurité minimum

    D'une manière générale, ces derniers ont des capacités de production intéressantes mais ils doivent concilier deux contraintes. Sur le plan interne, il y a une certaine "auto-limitation" justifiée par le fait que le marché local n'est pas en mesure d'absorber la production normale de toutes les conserveries marocaines. Il y a donc certaine difficulté pour certains producteurs à user pleinement de leur capacité de production. Cette attitude leur est imposée de fait s'ils ne veulent pas avoir à brader leur production.
    Certains émettent le souhait la mise en place d'un "office de contrôle de la qualité". A Marrakech, Mme Jamila Benhamou, responsable du service export et commercial de Conserverie La Gazelle S.A. évoque une certaine difficulté à trouver une tomate de qualité et formule des reproches vis-à-vis des méthodes de récolte encore "traditionnelles".
    Cependant, une large majorité de producteurs de concentré de tomates estiment qu'à l'exception de la période allant de Juin à Octobre, la compagne 90-91 a été excédentaire dans son ensemble. Celle de 91-92 est d'ores et déjà qualifiée d'excellente du fait d'un hiver chaud même si les appréciations se font généralement au mois de mai. Sur le plan interne, le concentré de tomates, à l'instar d'autres denrées alimentaires, fait l'objet d'un suivi de la part des pouvoirs publics quant à la nécessité de maintenir un stock minimum durant la période précédent le mois de Ramadan.

    Exportations: des perspectives contrariées

    Pour le concentré de tomates, certains marchés étrangers offrent des potentialités mais chacun présente ses exigences propres.
    Le marché de la CEE obéit dans son ensemble à un encouragement actif des produits "made in Europe" depuis l'avènement de l'Europe des Douze. Par conséquent les critiques émises par certains dirigeants quant à une hyper-protection directe ou indirecte sont fondées et tout à fait respectables et méritent d'être situées dans un contexte plus global.
    Ainsi un fabricant explique que l'Europe de l'Ouest en général et en particulier la France "ne font appel au concentré de tomates marocain que lorsqu'il se produit une panne".
    Un autre, M. Mohamed Chraïbi, D.G. COVEM, note que les subventions instituées au profit des producteurs des pays membres de la CEE font que ce marché est très protégé.
    Ces observations sont illustrées par le cas des producteurs hollandais. En Hollande, les producteurs de concentré de tomates cultivent la tomate sous serres chauffées.
    Les subventions accordées couvrent aussi bien les dépenses en énergie que l'investissement et la logistique.
    Cette situation fait qu'avec un concentré de tomates obtenu de manière "artificielle", les hollandais arrivent à être très compétitifs.
    Mais si la production interne européenne est protégée de manière directe, d'autres limites existent aux importations.
    Il en est ainsi de la détermination de contingents annuels à droits nuls ou à droits réduits au profit de certains pays dont le Maroc. Or une fois cette quantité annuelle épuisée, l'exportateur marocain paye sur les produits qu'il veut exporter des droits de douane souvent importants. Il semblerait que certaines firmes marocaines aient réussi, par le biais de succursales implantées en Europe à contourner ces barrières.
    Le marché de l'UMA qui comprend les deux têtes de ligne en matière de consommation de concentré de tomates que sont la Libye et l'Algérie est un marché qui offre des potentialités mais connaît des barrières qui ne peuvent être surmontées qu'avec l'aide de différentes institutions et notamment bancaires.
    En effet, ces marchés sont habitués à des conditions de paiement très avantageuses puisque les délais de paiement qui leur sont accordés par des pays comme l'Italie, la Grèce ou encore la Turquie, vont de 18 à 24 mois.
    Mais qu'il s'agisse du marché maghrébin ou celui du Proche et Moyen Orient, les producteurs marocains restent optimistes. Certains soulignent "qu'il est dans la logique des choses que ces marchés se tournent vers le Maroc".
    Au CMPE, on précise qu'il y a des marchés qui se sont ouverts dernièrement comme les USA. En effet, suite aux barrières dressées par l'Europe à la viande bovine en provenance des Etats Unis, les américains ont réagi en taxant fortement les produits de tomates européens. Simultanément, il y a eu une volonté de la part des américains de diversifier leurs sources d'approvisionnement.
    M. Belarbi cite le cas d'un importateur américain qui, après une étude du secteur ayant duré deux ans, a finalement opté pour une collaboration avec IPHIM (Industria Pimentonera Hispano Marroqui)
    située à Larache. Il ne s'agit de concentré de tomates mais de tomates pelées entière ou en lamelles. M. Belarbi note toutefois que toutes les firmes ne sont pas en mesure de répondre à des demandes de grande envergure. Il fait également référence à Lukus (Compania Industrial del Lukus) qui, selon lui, est gérée de façon rationnelle. Située également à Larache, Lukus, entretient des relations avec le Japon à qui elle vend des flocons de tomates et divers produits dérivés de la tomate.
    Par conséquent, les marchés existent mais toutes les conserveries ne sont pas en mesure de répondre aux demandes exhorbitantes de certains marchés.
    Il est à souligner que le Maroc n'est pas considéré comme producteur de premier rang en terme de quantité. L'Espagne et l'Italie produisent des dizaines de fois plus et leurs plantations couvrent des domaines immenses. Il y a également la Grèce, la Turquie, le Portugal.

    N.H

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