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Comment Megarama résiste au piratage

Par L'Economiste | Edition N°:3413 Le 29/11/2010 | Partager

. Casablanca concentre l’essentiel du chiffre d’affaires. Le multiplexe attire toujours du monde. Retour sur une succes story qui a redéfini l’offre de loisirsLE Megarama fait sans doute partie des produits ayant changé les habitudes cinématographiques au Maroc. Des salles propres, non fumeurs, des films récents, une innovation technologique. En huit ans, le multiplexe a pu se frayer une grande place dans l’offre de loisirs au Maroc. Une offre quasi-désertique signalons le. Le groupe français veut aujourd’hui élargir sa présence sur le territoire et profiter du potentiel de grandes villes comme Rabat, Tanger et El Jadida. La tâche ne s’annonce pas de tout repos, surtout quand il faut tenir compte de la concurrence du piratage. A ses débuts, le Megarama de Casablanca était censé réaliser 1,5 million d’entrées par an. La première année ne fut pas du tout à la hauteur des attentes, le multiplexe n’ayant accueilli que 600.000 personnes. « La situation s’est dégradée par la suite à cause des attentats de 2003. Il a fallu batailler pour encourager les gens à revenir au cinéma», explique David Frauciel directeur général du Megarama Casablanca. Le groupe a mis un an et demi pour retrouver un rythme régulier. Depuis 2005, il réalise une progression de l’ordre de 5 à 10 % annuellement. Pour Frauciel, 2010 est une année exceptionnelle: Megarama a attiré un peu plus d’un million de personnes. Le chiffre d’affaires réalisé au Maroc est de 70 millions de dirhams dont 50 millions à Casablanca et 20 millions à Marrakech. « Même si la culture du Cinéma se meurt au Maroc, nous comptons continuer à nous développer en ce sens et proposer des films de qualité». C’est connu, le piratage ravage le secteur depuis déjà une décennie. Pendant les années 90 le royaume comptait 250 salles avec environ 35 millions d’entrées par an. En 2000, le nombre a été réduit de moitié: 150 salles pour 15 millions d’entrées. L’hécatombe ne s’est pas arrêtée pour autant et aujourd’hui, le nombre de salles est d’à peine 40 avec moins de 2 millions d’entrées. Une situation jugée catastrophique par Frauciel «Les exploitants gèrent mal leur bizness: ils n’ont pas su investir dans la rénovation, la maintenance technique et sanitaire et n’ont pas su proposer des films intéressants à leur public». Dans ce paysage de désolation, le Mégarama Casablanca s’en sort tout de même bien: avec ses 23 salles, il réalise 60 % du CA du marché et 40% au niveau des entrées. «Aujourd’hui, la lutte contre le piratage est au point mort » déplore Frauciel. La loi 2-00 relative au droits d’auteur et droits voisins, corroborée par la loi 07-03 sur la lutte contre la cybercriminalité, connaissent toujours une application limitée. «C’est très frustrant! Pendant que nous payons les droits d’auteurs, les droits de douanes et nous passons en censure, les pirates téléchargent gratuitement par Internet des copies et en font leur bizness». Selon le DG de Megarama, ce ne sont pas les solutions qui manquent en ce sens: le CCM devrait concrétiser la lutte contre ces pratiques illégales, le ministère de l’Intérieur doit renforcer les sanctions pénales prévues en ce sens et le ministère des Finances, créer des taxes sur le DVD vierge à l’entrée du pays… Megarama, de son coté, combat le phénomène à sa manière. « Notre service Programmation et Négociations, chargé de traiter avec les grands distributeurs de films, fait de son mieux pour qu’on puisse acquérir les droits d’exploitation en même temps que les salles européennes et américaines ». Autrement dit, le multiplexe tente de proposer des sorties mondiales pour avoir une longueur d’avance sur les pirates « Nous disposons généralement d’une semaine ou deux de répit avant que le film ne soit piraté en bonne qualité. C’est pendant cette période qu’on réalise le plus de bénéfices».Même si le management ne le reconnaît pas explicitement, l’état du multiplexe s’est dégradé au fil des années. Pour maintenir sa position, Megarama devra soigner son attractivité et proposer un meilleur service. Des clients dénoncent parfois le décalage entre les films annoncés par le site Internet du complexe et ceux qui sont à l’affiche, les toilettes qui ne sont pas toujours bien entretenues, ou encore la clim qui tombe en panne. En outre, des problèmes d’images floues et de son mal calibré viennent parfois gâcher le visionnage de certains films. Pourtant, Mégarama ne lésine pas sur les nouvelles technologies. Le multiplex s’est doté depuis quelques mois en projecteurs Imax et en équipements numériques. Cela témoigne sans doute de la volonté du complexe de maintenir sa position de pionnier.A. N. & M. B.

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