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Affaires

Comment lutter contre l’abattage clandestin

Par L'Economiste | Edition N°:1805 Le 06/07/2004 | Partager

. Un mois d’emprisonnement au maximum ou une amende de 500 DH«Comment peut-on lutter contre l’abattage clandestin avec un arsenal juridique aussi disproportionné?» se demande Dr Aziz Draam, chef du service vétérinaire de la commune urbaine de Casablanca. Et il explique, outré: «L’abattage clandestin est considéré comme un délit sanctionné seulement par une peine d’emprisonnement ne dépassant pas un mois, ou une amende de 500 DH, quelle que soit la quantité de viande saisie».Les efforts fournis par ses services dans la lutte contre ce fléau restent insuffisants. Les moyens mis à sa disposition également. «Dans l’exercice de nos fonctions, nous sommes souvent agressés par des bouchers de Derb Ghallef. C’est un terrain dangereux», explique Draam. Selon ce vétérinaire, l’abattage clandestin ne se limite pas seulement à Zankat Al Maaden. Toutes les préfectures de Casablanca abritent des foyers destinés à cette activité, surtout dans les bidonvilles. Mais Derb Ghallef reste le plus célèbre. L’abattage clandestin y est tellement flagrant que l’on se demande si les autorités compétentes font vraiment leur travail. «Comment un cheikh ou un moukaddem peuvent ne pas être au courant de l’abattage de dizaines de vaches par jour dans leur quartier?» se demande-t-on. Derb Ghallef est l’unique place où se trouvent à la fois l’abattage et la «chaîne de distribution». Les bouchers égorgent les bêtes dans les maisons du quartier et vendent la viande dans leur boucherie au vu et au su de tout le monde. C’est un marché qui écoule beaucoup de marchandise, surtout l’été. Les personnes qui célèbrent des événements s’y approvisionnent en toute quiétude. La viande y est moins chère et les bouchers sont gagnants à tous les coups. Ils économisent sur les frais des abattoirs et sur le poids. Les bêtes fraîchement égorgées, appelées viande chaude, pèsent 6 à 10% plus lourd que celles qui passent par la chaîne de froid. Les marchands fraudent également au niveau de la pesée. Avec de grandes quantités vendues, les chiffres d’affaires réalisés doivent être colossaux.Dans les autres zones d’abattage, notamment Sidi Bernoussi, quartier Chichane, Mediouna… les bouchers clandestins ne possèdent pas de boucheries. Ils procèdent à «louziâ». Une sorte d’abattage collectif d’une bête qu’un groupe de personnes se partage. Le volume de la viande produit par abattage clandestin reste inconnu. Toutefois, le chef du service vétérinaire donne des estimations: «La productivité annuelle des anciens abattoirs tournait autour de 30.000 tonnes. Le dernier tonnage avant le déménagement était de 26.000 tonnes. Actuellement, les nouveaux abattoirs produisent 20.000 tonnes. Les 6.000 tonnes de différence, le consommateur les achète sûrement dans l’abattage clandestin».


Danger public

L’abattage clandestin représente un grand danger pour la santé. «C’est une automatisation par laquelle nous nous autodétruisons. Nous sommes tous concernés et nous sommes tous complices», ajoute Draam. C’est une des premières causes de tuberculose et des kystes hydatiques chez l’homme. Des maladies dont le coût sanitaire est énorme. Jihad RIZ

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