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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes : Semaine du 9 au 13 Novembre 1992 : Dollar : Les cambistes anticipent la "non-hausse"

    Par L'Economiste | Edition N°:54 Le 19/11/1992 | Partager

    La rationalité économique sur le marché des changes donne parfois l'impression d'être à "géométrie variable", les mêmes causes ne produisant pas nécessairement les mêmes effets. En effet, il est tout à fait plausible qu'au cours de cette période d'inter-règne Bush/Clinton, les signes de reprise économique outre-atlantique, s'ils se multiplient, ne soient pas bénéfiques pour la tenue du Dollar, comme on aurait pu l'escompter, tablant sur l'anticipation d'un coup d'arrêt à la politique de détente des taux d'intérêt par la Réserve fédérale. Les cambistes sont tout aussi "fondés" de croire que la multiplication de telles "bonnes nouvelles" rendrait moins impérieuse la mise en oeuvre du Plan de stimulation budgétaire du Président démocrate Bill Clinton, d'autant que l'ampleur du déficit budgétaire est d'ores et déjà préoccupante. D'où le renforcement d'anticipations de "non-relèvement" ultérieur des taux d'intérêt, donc de "non-hausse" ultérieure du Dollar. Ce genre de raisonnement a prévalu au sein des salles des marchés durant la semaine sous-revue qui explique en grande partie le repli qu'a enregistré le Billet Vert (de -0,62% par rapport à l'Ecu à -1,05% vs Franc français), alors qu'étaient connus des chiffres (de ventes de détail et les indices de confiance des consommateurs américains) qui "juraient" par rapport au climat de morosité économique ambiant.

    Recul du Yen

    L'exception remarquable au tableau fut le comportement du Dollar contre le Yen, les cours gagnant +0,9%. Cela a résulté des positions initiées sur les marchés par les opérateurs "travaillant" ces devises, afin de se prémunir contre la baisse anticipée des rendements sur la monnaie nippone (baisse attendue du taux d'escompte par la Banque du Japon, comme mesure d'accompagnement du Plan de relance gouvernemental qui demeure toujours en discussion au Parlement). En considérant que le Yen a également reculé face aux monnaies européennes (-0,6% vs Ecu), on est ainsi mieux éclairé sur le sens de sa dépréciation (-1,27%) exprimée en Dirhams.

    Froid allemand

    Le potentiel d'appréciation du Dollar au cours des prochaines semaines (jusqu'à "l'inauguration" du 20 Janvier, celle de la passation des pouvoirs Républicains/démocrates) ne nous semble par pour autant entamé. Certes, on peut ergoter sur la possibilité d'une relance économique "plus timorée" de la part d'un Président Clinton plus sensible à la "Real Politik" financière (résumée par l'ampleur de l'endettement de l'Etat américain, et des Etats-Unis en général). Mais les perspectives d'un amenuisement progressif du différentiel de taux d'intérêt germano-américain (et euro-américain) n'en restent pas moins réelles et avec, le moindre attrait ultérieur de la devise allemande en raison du refroidissement conjoncturel en Allemagne (confinant à une récession). Cette situation ne peut laisser durablement "de marbre" la Bundesbank; aussi la politique monétaire germanique nous semble-t-elle désormais biaisée dans le sens de l'assouplissement: si elle peut être plus lente "à la détente" pour ce qui concerne les taux directeurs, la Buba serait plus prompte à accepter des taux de marché (de prise en pension par exemple) plus faibles que ceux prévalant à l'heure actuelle.

    France : la tactique du salami

    Ce n'est pas un hasard si certains pays européens se "sont permis" (le mot n'est pas trop fort) de baisser "unilatéralement" leurs taux directeurs (sans attendre donc l'Allemagne), et le même jour de surcroît (Jeudi 12 Novembre): l'Italie (-1% aussi bien pour le taux Lombard que pour le taux d'escompte), le Royaume-Uni (comme nous l'annoncions dans la chronique précédente, le taux d'intervention britannique fut abaissé à 7%, soit -1% de moins que précédemment, et "en route" vers les 6% en fin de l'année); enfin la France: (-0,25% sur les taux d'appel d'offres et de pensions à 10 jours, et ce, pour la seconde fois en dix jours). A cet égard, la "tactique du salami" que semble opérer la Banque de France (baisses de faible ampleur, saucissonnées en plusieurs tranches, dont encore certaines à venir) a certainement pour objectif le "rattrapage" de 1% de baisse effectuée vers la mi-Septembre par la Bundesbank et que l'Institut d'Emission français, alors en pleine tourmente des changes, n'avait pu suivre. Sans surprise donc, de ces 3 monnaies européennes majeures, seule la Livre britannique a cédé du terrain face au Dirham (-0,40%) tandis, qu'à la faveur de ce qui n'est, à nos yeux, qu'une "consolidation" du Dollar sur les marchés des changes, (une simple pause avant qu'il reprenne le chemin de la hausse), notre monnaie était cotée respectivement -0,40% en baisse contre le Franc, -0,08% contre le Mark, et inchangée vis-à-vis de la Lire italienne.

    France : potentiel de hausse

    Concernant plus particulièrement le Franc français, on souscrirait volontiers à l'idée, formulée par le ministre français des Finances, qu'existe, pour cette devise, un "potentiel de hausse" contre le Mark. En effet milite en faveur de cette prévision la pérennité de bons "Fundamentals" économiques de l'Hexagone, comparés à ceux de l'Allemagne. Par conséquent, si "cristallisation des parités Mark/Franc il devait y avoir, que celle-ci se produise à la veille ou au lendemain d'un réalignement des parités au sein du SME (que nous continuons d'anticiper pour cette fin d'année, avec dévaluation de la Pésète et de l'Escudo); en d'autres termes, si les marges de fluctuation des cours Mark/Franc étaient volontairement réduites (de plus ou moins 2,25% à plus ou moins 1% par exemple), d'une part pour "cristalliser" l'alliance entre les deux monnaies-phares du SME, d'autre part, pour "lier les mains" au Gouvernement français actuel, et au prochain, afin qu'ils ne soient guère tentés d'opérer une stimulation économique par les changes (dévaluation compétitive du Franc), ce phénomène nous semble devoir concerner des cours du Franc plus confortables que ceux prévalant présentement (par exemple 1 DEM=FRF 3.356 au lieu de 1 DEM=FRF 3.37 actuels). Cela promet pour les semaines à venir des situations, où en période de hausse du Dollar les cours du Dirham exprimés en Franc s'apprécieront moins que ceux exprimés en Mark; et en phase de consolidation du Billet Vert, le Dirham, exprimé dans la devise française, baisserait plus que celui exprimé en Deutchemark.

    Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

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