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    Enquête

    Chasse aux futurs cadres au Carrefour de Lyon

    Par L'Economiste | Edition N°:271 Le 13/03/1997 | Partager

    Une poignée de jeunes déterminés et des entreprises ont occupé un bon quart du Forum Rhône-Alpes, le plus important des forums Etudiants-Entreprises de France, sans qu'il en coûte un sou au contribuable.


    Cosponsorise par l'OCP et L'Economiste, le Carrefour Maghrébin à l'intérieur du Forum Rhône-Alpes a réuni 19 stands marocains, du 5 au 7 mars, à Lyon en France. Un industriel, Le Petit Poussin, y a été très remarqué tout comme un Ministère, celui des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande. Un absent, lui aussi remarqué, qui avait pourtant retenu son stand, l'ONA. Explication officielle: le départ de M. Driss Cohen, directeur des Ressources humaines, remplacé à cette responsabilité par Mme Rita Lahlou, fin février.

    Petit Poussin et les Pêches


    Si Le Petit Poussin et le Ministère des Pêches se sont faits autant remarquer, par les Marocains et par les Européens, c'est que ni les industriels, ni les administrations n'ont l'habitude au Maroc de faire des démarches volontaristes et planifiées pour trouver leurs futurs cadres. Ces deux nouveaux venus, comme le volume de la présence marocaine dans son ensemble, ont surpris les entreprises françaises et européennes du Forum(1): «Dites, elles sont toutes comme ça, les entreprises marocaines?» ou bien, dans la bouche d'un Allemand: «Est-ce que c"est votre gouvernement qui les envoie?». En fait, du Maghreb, il n'y avait que les entreprises marocaines. Les étudiants (Marocains) organisateurs du Carrefour maghrébin affirment, diplomatiquement, que cela tient à la forte présence marocaine chez les étudiants. Mais deux étudiants tunisiens, eux aussi membres de l'association, ont indiqué à L'Economiste que c'est le dynamisme des étudiants marocains et des entreprises marocaines qui fait la différence. Explication étonnante, car les entreprises tunisiennes ont la réputation d'être accrocheuses. Apparemment, elles ne mettent pas les mêmes enjeux dans les ressources humaines que dans le marketing et le commerce. Quant à l'Algérie, évidemment, c'est une autre histoire...

    L'autre Maroc


    Commentaires étonnés et étonnants aussi chez les étudiants français qui passaient d'un stand à l'autre, mais sans vraiment s'aventurer du côté des entreprises marocaines. Avec une pointe d'envie chez les étudiants français ou d'autres nationalités: «les Marocains vont trouver du boulot plus facilement que nous». Ce que ces jeunes ne savent pas, c'est, comme le fait remarquer M. Bellal, du bureau de conseil en ressources humaines DIORH, c'est que les futurs cadres marocains auront des responsabilités différentes. «Vous aurez très vite un rôle social, un rôle citoyen, qui va au-delà de la définition technique de votre futur poste», prévient M. Bellal dans une conférence spéciale organisée au sein du Forum. «Vous serez devant des opportunités, mais si vous ne savez pas les valoriser, si vous vous repliez sur vous-mêmes, si vous fuyez ces responsabilités, alors vous ne nous intéressez pas», ajoute-t-il. Par la suite, les étudiants, y compris leurs camarades français, ne voulaient plus lâcher M. Bellal, enchaînant question sur question à propos d'un Maroc dont ils ne connaissaient pas grand-chose. Amusante stratégie d'étudiants: laissant M. Bellal aux prises avec les étudiants suivants, les premiers sont venus vérifier auprès de L'Economiste si cette description était exacte. Le soir, dans le grand amphi de l'INSA, plus de 200 personnes se sont entassées pour vérifier encore une fois auprès de M. Mourad Chérif(2), directeur général de l'OCP, le niveau des opportunités. Au départ, l'assistance, composée d'étudiants marocains, de quelques-uns de leurs professeurs mais aussi d'étudiants français, était un peu incrédule: une entreprise publique, réputée si fermée, qui soudain parle de développer son labo de recherche, de jeunes dont elle a besoin pour multiplier ses réseaux d'intérêts à l'étranger...

    Nadia SALAH

    (1) Les Marocains présents étaient ABN AMRO, Arthur Andersen Maroc, Bank Al-Maghrib, BMCE Bank, BMCI, CIH, Crédit du Maroc, Coopers&Lybrand, DIORH, Ernst&Young, IMM (Procter& Gamble), Lafarge Maroc, Le Petit Poussin, Ministère des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande, OCP (sponsor avec L'Economiste), ONPT, Société Générale, SGS Thomson, Wafabank.
    (2) La grande conférence du Carrefour Maghrébin à l'intérieur du Forum Rhône-Alpes étaient consacrée à «Comment vous insérer dans un Maroc qui change». Elle était co-annimée par M. Chérif et l'auteur de ces lignes.

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