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Affaires

Casablanca/Aïn-Sebaâ: 8.000 habitants, victimes du plan d’aménagement

Par L'Economiste | Edition N°:2376 Le 05/10/2006 | Partager

. Une voie, prévue depuis près de 20 ans, toujours pas réalisée. Le budget pour financer les expropriations fait défaut LE plan d’aménagement urbain de Casablanca continue de faire des dégâts. Par ses prévisions qui peinent à voir le jour(1) , il rend la vie amère aux Casablancais. Quelque 8.000 habitants à Aïn-Sebaâ, sont ainsi condamnés, depuis 1987, par une disposition du plan d’aménagement urbain. En effet, ce dernier prévoit la mise en place d’une voie qui reliera la préfecture d’Aïn-Sebaâ à la plage de cette même localité. Prévision qui est restée lettre morte pendant 18 ans. Et pour cause: la ville n’a pas les moyens de réaliser le boulevard prévu. D’ailleurs, l’ex-Commune d’Aïn-Sebaâ, reconnaît dans une lettre envoyée au ministère de l’Intérieur, que «le projet est difficilement réalisable, car il demande un budget colossal pour indemniser les propriétaires de biens immeubles qui se trouvent sur le tracé du futur boulevard». Plus précisément, il s’agit de trouver les fonds nécessaires pour indemniser les propriétaires de 600 villas, de trois grandes sociétés et de quatre instituts d’enseignement privé (Louis-Massignon, collèges Ouhoud et Ikrame, écoles Notre-Dame et Ridouane). Sans pour autant oublier des centaines de commerces: épiceries, boulangeries, pharmacies et cafés. Ces biens immobiliers s’étalent sur 30 hectares et une longueur de 2 kilomètres. Ce qui rend l’opération d’indemnisation encore plus coûteuse, c’est que 98% des biens immobiliers sont des propriétés privées. Les 2% qui restent se répartissent entre les domaines publics et les Habous. Conséquence de cette aberration urbanistique: le gel de toutes les opérations immobilières et économiques des résidents qui ont la malchance de se trouver là. Ceux qui ont des terrains vides ne peuvent plus les construire. Idem pour les propriétaires de villa qui ne peuvent rajouter un étage, la délivrance des autorisations étant suspendue. Autre obstacle: la chute du prix du terrain à plus de 50%. Pour faire entendre leur voix, les habitants ont créé, en septembre 2005, l’association Al Amal. Et celle-ci réclame haut et fort les droits pour ses membres: «soit l’administration a les moyens de construire cette voie et donc de procéder à notre indemnisation, soit elle abandonne son projet. C’est aberrant de condamner pendant près de 20 ans 8.000 citoyens par un trait sur un plan qui ne verra jamais le jour», indique Fouad Salah, président de l’association. Celle-ci a d’ailleurs frappé à toutes les portes: Agence urbaine, wilaya, mairie, délégation de l’Habitat, etc. «Le boulevard prévu, que reliera le complexe administratif d’Aïn-Sebaâ à l’océan Atlantique, est l’une des grandes opérations programmées par le schéma directeur de l’aménagement urbain ainsi que par le plan d’aménagement de la commune d’Aïn-Sebaâ», telle est la réponse de l’Agence urbaine. Et d’ajouter que «les effets juridiques de ce plan sont encore en vigueur». De fait, la durée de vie de ce plan d’aménagement est de 20 ans conformément au dahir 1952 relatif à l’urbanisme. Or, les habitants continuent de subir les dommages d’une politique urbanistique qui n’a pas les moyens d’être mise en œuvre. Si le nouveau SDAU, en cours d’élaboration, reprogramme la même voie sans avoir les fonds requis pour sa réalisation, ce sera le désastre pour une grande partie de la population d’Aïn-Sebaâ.


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APRÈS 20 ans, les infrastructures prévues, mais non réalisées, par le plan d’aménagement deviennent caduques. Même choses pour les équipements tels que les écoles et les hôpitaux, qui, eux, n’ont sur le papier qu’une durée de vie de 10 ans. Ce que redoutent les habitants, c’est que le nouveau SDAU, en cours d’élaboration, reprenne la même voie. Dans ce cas, ils doivent, lors de l’étape de l’enquête publique, signaler les dommages subis. Encore faut-il que l’administration prête attention à leurs doléances. Pour sa part, l’association Al Amal suggère de s’aligner sur la proposition de l’ex-Commune d’Aïn-Sebaâ: remplacer cette voie par une autre déjà existante (boulevard Mimosa) et qui est à 100 mètres de celle programmée. Certes, ce boulevard nécessite quelques réaménagements pour son élargissement. Mais le montant des indemnisations n’est pas aussi élevé, étant donné que les populations qui s’y trouvent sont moins nombreuses, et que les terrains, pour une grande part, relèvent du domaine public.Ali JAFRY------------------------------------------------------------------(1) Le plan d’aménagement urbain de 1989 n’a été exécuté, selon les observateurs, qu’à hauteur de 20%.

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