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Affaires

«Il n’y aura plus de protégés à la CNSS«
Entretien avec Saïd Ahmidouch, directeur général

Par L'Economiste | Edition N°:2376 Le 05/10/2006 | Partager

. Déclaration du patrimoine obligatoire. Les contrôles vont s’intensifier dans les entreprises- L’Economiste: Pendant des années, la CNSS a traîné une mauvaise réputation: dilapidation, corruption, trafic d’influence, etc. Comment comptez-vous redresser son image?- Saïd Ahmidouch: Dès novembre prochain, nous allons démarrer l’opération déclaration du patrimoine. Ce qui suppose transparence et sens de responsabilité vis-à-vis des entreprises et des assurés. L’idée est d’avoir un système qui nous oblige à faire la déclaration sous un format validé de façon conjointe. Elle se fera tous les ans et sera exploitée annuellement. Si nous constatons des choses qui appellent une interpellation nous la ferons. Toute personne qui rejoindra la CNSS se pliera à cet exercice. La déclaration concerne les biens de la personne et de ses enfants mineurs. Le système n’est pas obligatoire pour les conjoints, mais les gens peuvent souscrire s’ils le souhaitent. . Qui gérera ce dossier? Le DG va-t-il se plier à cet exercice? - La gestion releva d’une équipe ad hoc qui rendra compte à la direction générale. Les documents seront analysés sous le sceau de la confidentialité et seront archivés à l’extérieur de l’établissement. C’est une contrainte collective. Cette décision a fait l’objet d’un large débat au sein du comité directeur. Nous souhaitions que l’ensemble des responsables y adhèrent avant d’en parler avec l’ensemble du personnel. Le directeur général est le premier concerné par l’obligation de déclaration de patrimoine. Il fera sa déclaration auprès de la commission qui sera constituée et auprès de l’autorité de laquelle il relève, le ministre de l’Emploi. . Cela suffira-t-il à dissuader vos inspecteurs et contrôleurs soupçonnés de corruption? - C’est une injustice de dire que tous les contrôleurs et les inspecteurs sont corrompus. Et ce serait malhonnête de nier l’existence de la corruption. Nous sommes en train de professionnaliser ce corps. Nous finalisons la réorganisation de l’ensemble des missions de contrôle et d’inspection. Les opérations seront initialisées de manière centralisée. Ensuite, le contrôle des entreprises s’effectuera de manière rationnelle. On nous reproche de contrôler les mêmes entreprises. Pour cette année, nous avons démarré les vérifications comptables. Nous avons décidé de contrôler les entreprises qui ne l’ont pas été depuis 10 ans, sauf pour les opérations qui ont été déjà engagées. Ce qui permettra d’enrayer le sentiment d’iniquité. Le contrôle des effectifs se basera également sur des critères précis. Nous allons formaliser toutes les procédures de manière à garder une traçabilité. Autre changement, le contrôle sera séparé de l’exploitation et assuré par une entité indépendante. Aujourd’hui, ce sont les contrôleurs qui relève de l’agence qui sont souvent l’interlocuteur de l’entreprise avec la CNSS. Or le contrôleur est là pour relever des anomalies et faire son métier de gendarme. Il y a clairement une situation d’incompatibilité. . Qui garantira la transparence des contrôles? - Nos contrôleurs seront contrôlés par l’Inspection générale. Elle a déjà effectué des missions qui se sont soldées par le retrait de cartes d’inspecteurs et de contrôleurs à une trentaine de personnes. L’Inspection générale est également derrière le transfert de trois dossiers de corruption devant le tribunal. A la CNSS, il n’y aura plus de «protégés». Nous allons assainir et assurer une recrédibilisation définitive du personnel. . Comment qualifierez-vous vos ressources humaines, alors qu’elles doivent gérer de nouveaux métiers?- Il existe des contrastes. J’ai trouvé des compétences qu’on a du mal à retrouver dans le privé. Mais en même temps, il y a le pire. Au motif de faire du social, la maison s’est retrouvée alourdie par une masse salariale importante et par une partie du personnel dont le profil est inadapté aux évolutions du métier. Notre objectif est de continuer à accompagner les gens qui font la substance grise de la Caisse et à les renforcer aussi. En parallèle, nous allons poursuivre les efforts d’optimisation. D’où l’opération départ volontaire. Nous tablons sur le départ d’un minimum de 500 personnes mais nous ne serons pas étonnés d’avoir un effectif plus important. Les conditions financières sont très attrayantes (voir encadré). C’est important de réussir cette opération et de ramener l’effectif à un niveau adéquat. Plusieurs personnes sont dépassées ou se trouvent essoufflées après plusieurs années de service. Certains souhaiteraient changer de carrière. Aujourd’hui la Caisse compte un effectif de 5.300 personnes dont 2.100 dans les unités médicales. . Il faudra maintenant assurer une vraie modernisation de la gestion des ressources humaines…- C’est notre ambition et nous disposons d’outils dans ce sens. Relier la prime à la réalité de la productivité, avoir des objectifs personnels est un exercice que nous développons au sein de la maison. Mais il faut y aller doucement. C’est plus facile de fixer un objectif à une direction que de le traduire pour chacun des employés. Pour l’instant, nous avons fixé des objectifs par direction, par entité et par service. Nous allons continuer à les décliner. Ce qui permettra d’avoir l’évaluation la plus objective possible. . Beaucoup font le lien entre les nouvelles nominations et la relance du «procès CNSS».- Il n’y en a aucun. Ces changements font partie de la gestion courante de l’établissement. Il n’y a pas de drame autour. Les nominations ont concerné quelques directions régionales et les polycliniques. D’autres suivront durant les prochains mois. Après une année à la CNSS, j’ai appris à mieux connaître mes collaborateurs. Je prends donc mes décisions avec discernement. Par ailleurs, pour l’efficacité du management, il est nécessaire que les responsables puissent changer de poste, capitaliser leur expérience et répondre à des besoins nouveaux. Ces changements répondent aussi aux nouveaux besoins de la CNSS. Nos clients ont changé et nous devons nous adapter.


54.000 entreprises ne déclarent pas de salariés

Les immatriculations à la CNSS continuent de progresser à un taux de 6 à 7%. En 2005, 270.554 personnes (salariés) ont été enregistrées, mais beaucoup de personnes ne sont pas déclarées 12 mois de suite. Au total, la CNSS compte 1,659 million d’assurés actifs dans ses registres. Sur ce total, 1,2 million de personnes sont déclarées de manière permanente dans l’année. Le reste, soit près de 28%, est composé de main-d’œuvre volante et saisonnière. Ce qui s’explique en partie par la saisonnalité du marché du travail. Les chiffres de la CNSS révèlent aussi que sur 164.000 affiliés 54.000 entreprises ne déclarent pas de salariés. Celles-ci seraient en cours d’installation ou tout simplement en veilleuse.


Les incitations au départ

Les personnes âgées de plus de 55 ans auront droit à la retraite anticipée et à une indemnité équivalente à 40% du salaire jusqu’à l’âge de 60 ans. Cette catégorie gardera l’assurance décès invalidité, l’assurance maladie et les avantages liés à l’adhésion aux œuvres sociales. Ceux qui ont moins de 55 ans auront droit à une indemnité de 2 mois de salaire brut dans la limite de 50% du salaire restant à servir jusqu’à la retraite (60 ans). Un bonus est également prévu: entre 75.000 et 150.000 selon le grade de la personne. Afin d’accompagner ceux qui voudront se lancer dans la création d’entreprises, la CNSS a conclu des accords avec cinq banques avec possibilité de financement pouvant aller jusqu’à 3 millions de dirhams pour un groupe et 1 million par individu. Le taux d’intérêt est fixé à 6,9%. Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

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