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Société

Belfkih: «La résignation est un danger»

Par L'Economiste | Edition N°:2324 Le 21/07/2006 | Partager

. El Yazghi: de faux conflits ont fait perdre du temps. Tozy souligne le «coût de la défiance». Bourquia: la religion compte beaucoup dans la société LE groupe de l’USFP (Union socialiste des forces populaires) à la Chambre des représentants a organisé, mardi 18 juillet, une journée d’étude axée sur le Rapport du cinquantenaire. Invité de marque de cette rencontre, le conseiller du Roi Meziane Belfkih et tout un staff qui a travaillé à ses côtés à l’élaboration de ce travail de référence. Pour rappel, plus de 100 personnes avaient été mobilisées pour la réalisation de ce rapport qui dresse un diagnostic sans complaisance sur la situation du Maroc, depuis cinquante ans, de même qu’il suggère des pistes de réflexion et des scénarios possibles pour le Maroc de demain. Le Premier secrétaire de l’USFP en tire un premier enseignement, révélateur à ses yeux: celui de la conciliation qu’a réussi ce projet entre le politique et l’académique. Mohamed El Yazghi se remémore ainsi une époque où «la science était utilisée contre la politique et vice versa». Il est convaincu que «ce conflit fabriqué» a fait perdre au Maroc des opportunités énormes vers la consolidation de l’Etat de droit. El Yazghi ne s’arrête pas devant ce constat, il met en garde contre l’échec de ce projet si ses conclusions et recommandations ne sont pas mises en œuvre. Meziane Belfkih est d’accord pour dire que le diagnostic aujourd’hui donne de la visibilité, mais «n’est pas une fin en soi». Le conseiller du Roi souligne un autre danger: celui de la résignation face aux contraintes et aux défis qui peuvent venir de l’extérieur. Le Rapport du cinquantenaire, présenté devant les députés de l’USFP et leurs invités, souligne un tableau contrasté du développement au Maroc. C’est ce qu’affirmeront tous les intervenants à cette rencontre. Le pays a connu à l’évidence des avancées, à la fois sur le plan économique, social et démocratique. Elles sont, par ailleurs, soulignées par les études et les enquêtes de terrain, sur lesquelles s’est appuyé le rapport. Mais les études n’en révèlent pas moins une autre réalité: celle des retards certains que le pays a connus pour des raisons multiples, dont à l’évidence celles qui sont liées aux rapports de conflits entre les forces politiques. La lenteur dans l’action des réformes en a été la première conséquence directe. Aujourd’hui, si les rapports entre les forces politiques -autrefois engagées dans une course effrénée vers le pouvoir ayant connu ses épisodes sanglants- ont dépassé la zone de turbulence, ils n’ont pas pour autant atteint la sérénité totale. Mohamed Tozy souligne cet «aspect dramatique» des rapports. Il met le doigt sur la problématique de confiance qui grève toute action dans le domaine politique. C’est ce qui engendre ce sentiment de rejet du politique de la part de franges entières de la population et en particulier les jeunes. «Le coût de la défiance» est énorme, prévient le professeur universitaire, qui appelle à la nécessité de «construire» une relation de confiance. Les résultats sont éloquents d’une enquête sur les valeurs, réalisée pour les besoins du projet du cinquantenaire. Celle-ci souligne le faible intérêt pour l’action politique de la part des sondés qui cautionnent mieux le travail associatif. Ce manque d’intérêt paraît évident lorsque les interviewés ne distinguent pas les frontières entre les concepts de la gauche, de la droite et du centre. Pour 90% des sondés, la qualité essentielle qui fait le meilleur élu est celle du «sérieux». La même enquête désigne pourtant la «démocratie», la «compréhension», l’«association», la «compétence», le «travail» et la «confiance» comme des valeurs montantes. Autant de données significatives devant servir de base, selon Tozy, à toutes les stratégies politiques futures. Ce dernier souligne un atout fondamental, à savoir celui de l’ancrage de l’identité chez les Marocains. Il invite, par ailleurs, à se pencher sur quatre axes de réflexion pour installer les bases d’une bonne gouvernance dans le domaine politique. Le premier est celui qui concerne le statut des réformes. «Créer les conditions de débat» autour de ces projets structurants est important à ses yeux. Le débat sur la réforme constitutionnelle aujourd’hui d’actualité s’inscrirait dans cet ordre.Le deuxième est celui du rapport à la langue et à la religion. Tozy invite notamment les politiques à accompagner l’évolution ou le changement des comportements religieux de la société. Le troisième axe concerne les institutions. L’intervenant appelle à dépasser le concept de démocratie délibérative vers celui de la démocratie participative. Il présente, à cet effet, le projet de l’INDH comme un excellent outil d’expérimentation de cette dernière notion. Le dernier axe révèle la décentralisation comme atout non négligeable visant la gestion territoriale des politiques publiques. De fait, l’intervenant invite à une réflexion sérieuse sur l’aménagement du territoire.


La population de plus en plus urbaine et religieuse

RAHMA Bourquia a invité à «suivre de près la dynamique de la société marocaine», riche en indications. La première concerne le changement de la tendance générale des populations, devenues urbaines à 55% en 2004 contre 29% en 1960. Cela implique à l’évidence un changement de comportements sociaux. Le second indicateur est relatif aux rapports des citoyens à la religion. 72% des sondés affirment accomplir leur prière de manière régulière. La tendance est à la baisse chez les populations jeunes et notamment les étudiants. Elle est de 50%. La relation à la religion devient de plus en plus personnelle et intime, mais elle reste au cœur des conflits générationnels, constate la présidente d’université.Khadija RIDOUANE

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