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Azoulay: «Je suis marocain depuis plus de 2.000 ans»

Par L'Economiste | Edition N°:2216 Le 17/02/2006 | Partager

. Exercice démocratique à la Faculté de droit de Casablanca«Monsieur Azoulay, je vous aime!» Ce cri du cœur provient d’un jeune étudiant du Centre de recherches juridiques, économiques et sociales de Casablanca. Ils ont été nombreux, mercredi dernier, à répondre à l’appel du conseiller royal et membre du Comité de haut niveau pour l’alliance des civilisations. C’est justement à ce titre-là que le conseiller de Sa Majesté a animé une conférence sur le thème «Place, apport et rôle du Maroc dans le projet des Nations unies pour l’alliance des civilisations». C’est au lendemain des attentats de Madrid (11 mars 2004) que le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero (relayé par le Premier ministre turc Tayyip Erdogan), a fait la proposition de créer une instance où experts, philosophes, chercheurs… plancheront afin d’éviter «ce choc des civilisations», tant craint par la planète. La réaction s’est traduite par la création d’un cercle de haut niveau où cohabitent 17 personnalités issues des quatre coins de la planète. Parmi elles, l’ancien ministre des Affaires étrangères français Hubert Védrine, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu et André Azoulay. En tout état de cause, la reconnaissance par la communauté internationale d’un Marocain n’est pas monnaie courante, et à ce stade-là, elle l’est encore moins. «Ce qui est important, c’est de savoir d’où l’on vient. Pour ma part, je suis marocain de confession juive, depuis près de 2.000 ans. Cet héritage, cette belle histoire, ce vécu, c’est ma contribution au groupe», indique André Azoulay. Il poursuit en précisant «qu’au sein de l’espace arabo-musulman, le Maroc a le privilège d’exprimer l’art du possible et la réalité de l’opposition au choc des civilisations. C’est un privilège mais aussi une responsabilité». Une responsabilité qu’il transforme en devoir, tel un citoyen envers sa nation. En effet, il s’appuie fièrement sur l’histoire de «son pays» et insiste sur le fait que si le Maroc a survécu au contexte de ces 50 dernières années en préservant son patrimoine, il doit la mettre au service de la communauté internationale.C’est un André Azoulay ému et déterminé, qui s’exprime devant un parterre d’étudiants attentifs. L’émotion. Il l’explique par son regret de ne pas avoir été assez présent au sein du monde estudiantin ces dernières années. «De mémoire, ce doit être la 3e ou la 4e fois que je me retrouve dans un espace universitaire. Sachez que si vous m’invitez, je reviendrais». De plus, Feu Hassan II a été à la fois un interlocuteur crédible pour l’Occident et un médiateur de choix pour les autorités palestiniennes et israéliennes. La «patte» d’André Azoulay n’est pas étrangère à cette légitimité acquise au mérite. Cette expertise, il l’offre à ses collègues car «ce dossier est central. Notre démarche consiste à apporter une vraie réponse sans démagogie. Les Palestiniens doivent retrouver leur terre, leur dignité au travers d’un processus politique». Sans faire référence à «l’affaire des caricatures» qui vient de secouer le monde, André Azoulay tient à préciser que chacun doit être reconnu, accepté et intégré là où il décide de s’établir. «De ce point de vue, il faut bien convenir que la perception du monde occidental de l’islam est inspiré à partir d’une lecture réductrice, souvent basée sur la méconnaissance du réel alimenté par l’actualité», ajoute-t-il. En outre, il pointe du doigt l’instrumentalisation du politique pour répondre à des enjeux géopolitiques et stratégiques, où «Dieu n’a rien à faire». Si le ton est certain, un brin d’amertume est perceptible. Douterait-il de la réussite du cercle de haut niveau? «Le combat n’est pas gagné, nous sommes encore loin de la convergence, du consensus. Par ailleurs, un compromis serait à mes yeux réducteur, facile et à terme, insuffisant et surtout dangereux», réplique le conseiller royal. Il précise que la démarche n’est ni ordinaire, ni rationnelle, ni assuré de succès mais elle est nécessaire. Dans ce pari, notre pays a sa place, notre histoire s’écrit avec un grand H. «C’est à vous de reprendre le flambeau, de devenir des bâtisseurs du Maroc de demain et des artisans de la paix. Nous appartenons à une grande civilisation», martèle André Azoulay.Rachid HALLAOUY

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