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    Automobile: l'industrie ralentit, les réimmatriculations explosent

    Par L'Economiste | Edition N°:45 Le 17/09/1992 | Partager

    L'engouement pour les voitures d'occasion importées affecte l'industrie automobile, qui pourrait annoncer des réductions d'horaires ou d'effectifs.

    Les dirigeants de l'industrie automobile découvrent pour leur rentrée des chiffres plutôt inquiétants.

    L'été qui s'achève, sera, plus que tout autre, marqué par un contraste en matière automobile. D'un côté, ce sont les voitures d'occasion qui sont dédouanées et réimmatriculées par centaines chaque jour. D'un autre, ce sont les ventes des voitures neuves, montées localement, qui chutent. De Janvier à Août 92, l'ensemble des entreprises ont vendu 7.314 véhicules, soit une baisse de 22% par rapport aux 8 premiers mois de l'année passée. D'ici Décembre, il y a peu de chance que les ventes cumulées de Renault, Peugeot, Citroën et Fiat atteignent le chiffre de 1991, soit près de 14.000 véhicules de tourisme. Pour sa première décade (10 jours) de la rentrée, la SOMACA ne monte que 150 véhicules, au lieu du triple habituellement.

    En revanche, "l'importation" de voitures d'occasion explose avec plus de 2.000% pour les 4 premiers mois de l'année, (pour lesquels les chiffres sont disponibles). Près de 18.000 voitures sont été réimmatriculées contre 800 de Janvier à Avril 91. L'été étant la haute saison pour cette activité, "il faut s'attendre à 70.000 ou 80.000 réimmatriculations pour toute l'année 1992 contre 26.000 en 1991" ,estime Abdelhak Mounir, Directeur Général de Maghreb-Elastoplast et Secrétaire Général de l'AMICA. Une aubaine pour les finances publiques, puisque les droits et taxes moyens sont de 20.000 Dirhams (moyenne unitaire établie en Avril). et rapporteraient, pour 70.000 à 80.000 véhicules, entre 1,4 milliard et 1,6 milliard de Dirhams. Les véhicules subissent des droits de douane de 40% sur des valeurs révisées à la baisse cette année. C'est cet abattement (jusqu'à 85%), surtout sur les voitures de plus de 5 ans, qui a provoqué l'engouement de la demande.

    Il y aurait même des fraudes au vieillissement malgré le logiciel de contrôle des douanes. Si les véhicules sont effectivement âgés, le Maroc deviendrait "le dépotoir automobile de l'Europe", surtout que de l'Algérie à l'Egypte et la Turquie, l'entrée des "vieux tacots" est prohibée. Ce qui inquiète industriels et pouvoirs publics, au niveau de la sécurité et de la pollution. Ce recours à l'importation massive de la voiture d'occasion se justifie pour l'homme de la rue par le prix élevé des véhicules montés localement, à l'état neuf ou de seconde main. Faux, rétorquent les industriels. La plupart des pièces sont acquises, en Europe, auprès de Fiat, Renault ou Peugeot, dans les mêmes conditions que les chaînes européennes. Les CKD subissent des droits de douane de 2,5% et un PFI de 12,5%. Même si un surcoût existe, par rapport aux grandes unités automatisées d'Europe, il ne s'applique que sur l'activité de montage, qui représente peu dans la valeur globale du véhicule. Le véhicule monté supporte par ailleurs, pour le compte de l'Etat, 18 ou 30% de TVA, selon qu'il est en dessous ou en dessus de 1.800cm3 de cylindrée. " La simple R4 montée rapporte plus à l'Etat en TVA que la moyenne des réimmatriculations", rappellent les industriels. Les dirigeants de l'industrie automobile ne situent plus leur problème au niveau de la protection, débat jugé "dépassé" du côté du Ministère de l'Industrie . Ils s'estiment compétitifs avec de petites séries. Sinon, ils n'auraient pas été capables de supporter le taux d'intégration-compensation de 40% qui leur a été imposée et qui passe à 60%, sur leur demande, disent-ils. Les responsables des usines de montage et les équipementiers situent leur problème au niveau des abus dans l'application de la législation sur la valeur des véhicules. La concurrence est inégale. Certains parmi eux le situent au niveau du manque de civisme: FMI et Banque Mondiale imposent l'ouverture des frontières aux gouvernements, mais rien aux consommateurs. La discipline de l'achat du produit national est cultivée par les populations des pays les plus libéraux, le Japon et les USA. L'an passé, les ouvriers américains menaient la campagne "buy american" pour défendre leur industrie automobile en récession. Une défense par intérêt bien compris. Car si l'industrie recule, et avec elle ? les emplois, d'où proviendront les revenus pour acheter les produits d'importation, s'interrogent les chefs d'entreprises. Des entreprises ou secteurs les plus compétitifs qui auront émergé, pense-t-on au Ministère de l'Industrie.


    Khalid BELYAZID

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