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Assurances: Les tarifs ne sont pas près de baisser

Par L'Economiste | Edition N°:1898 Le 17/11/2004 | Partager

Dans un entretien exclusif accordé à L’Economiste, Saïd Ahmidouch, directeur général de CNIA Assurance et président du CAO(1), explique les préalables du développement de la bancassurance. Il porte aussi un regard sur le niveau des prix pratiqués dans le secteur et les paramètres qui militent pour leur baisse. C’est qu’en Europe, des réductions sont annoncées pour 2005. Ce qui ne sera sans doute pas le cas chez nous. - L’Economiste: Que pensez-vous du débat banques/courtiers et agents pour la commercialisation de tous les produits bancassurance?- Saïd Ahmidouch: C’est un faux débat. Les deux réseaux ne sont pas concurrents. J’ai toujours pensé qu’il n’est pas mauvais d’être deux sur le créneau de l’assurance du particulier hors automobile, pour le développer rapidement, en mettant en place des produits à moindre coût qui se vendent bien. Cette dynamique profitera à terme aux deux réseaux, dont le positionnement ne permet de se développer que sur une clientèle différente. Il est vrai que les banquiers sont mieux outillés pour commercialiser des produits destinés aux particuliers, notamment des produits d’épargne, et de s’adresser à des segments qui n’ont pas l’habitude d’acheter des polices d’assurance. Et c’est dans ce sens que la profession estime que les deux canaux sont complémentaires. Si les pratiques suivent ce schéma, et nous pensons que les choses vont aller dans ce sens, il n’y a pas et n’y aura pas de transfert de clientèle. En revanche, la profession constate déjà un développement du marché, le nombre des souscripteurs s’élargit. Et si nous avons un besoin urgent dans notre pays, c’est vraiment celui-là: permettre l’accès du plus grand nombre de consommateurs aux couvertures, en dehors des assurances obligatoires, en leur proposant des produits adaptés à leurs vrais besoins à des prix raisonnables, en phase avec le niveau de vie.- Est-ce que la CNIA a réussi ce pari? - Nous avons réalisé beaucoup d’avancées. Mais est-ce pour autant que nous avons tout fait dans ce domaine? Probablement non. Je pense que nous sommes encore au début d’un cycle, qui permettra d’aller de plus en plus vite et rapidement vers des couvertures adaptées aux besoins et capacités des consommateurs. Voilà ce qui pourrait lancer la machine à plein régime. Nous en offrons déjà quelques-unes aujourd’hui et nous réussirons d’autres avancées avec le lancement régulier de nouveaux produits. Nous sommes confiants, car nos partenariats avec les banques, en particulier la BCP, fonctionnent bien. Ce qui nous permet de réduire les coûts de gestion, dont l’économie profite en final à l’assuré. Ces réductions des charges sont réalisées également grâce à la simplification et la facilité des actes de gestion, par le biais des traitements informatiques et échanges de données informatisées entre la compagnie et la banque. Malgré les résultats satisfaisants obtenus à ce jour, je pense qu’il y a encore un effort à fournir par les assureurs pour capter davantage d’assurés. En effet, beaucoup de clients bancarisés ont des capacités d’épargne inutilisées. Soit parce qu’on ne leur a pas présenté à ce jour le type de produit qui répond à leurs besoins, soit parce que l’effort commercial déployé ne les a pas atteints. D’autant plus que les produits de bancassurance ne se vendent pas facilement, car ils ne sont pas encore suffisamment attractifs. Il faut convaincre de leur nécessité, particulièrement dans un pays comme le nôtre où le système de couverture sociale n’est pas à son niveau optimal. C’est aux assureurs de fournir cet effort pour intéresser le grand public. - Les prix pratiqués profitent-ils au développement des assurances en général et y a-t-il possibilité de les baisser davantage aujourd’hui?- Les compagnies d’assurance ont fait des efforts dans ce sens ces dernières années. C’est visible sur le marché. Si le souci permanent aujourd’hui est de pouvoir proposer des tarifs beaucoup plus proches des capacités et moyens financiers du consommateur marocain, les conditions du marché, qui demeurent très contraignantes, ne le permettent pas encore. Nous pouvons nous demander si les résultats des branches pourraient justifier des baisses de tarifs? Je ne le crois pas également. Et comme les assureurs doivent pratiquer une certaine péréquation entre les différentes branches d’assurance, il est actuellement très difficile de baisser les prix. Il ne faut pas oublier en outre que les compagnies n’ont pas répercuté sur le consommateur final les hausses mondiales des prix de réassurance. Hausses consécutives aux événements du 11 septembre et que d’autres marchés ont répercutées notamment sur les risques industriels.Parmi les composantes du prix des assurances, un autre handicap demeure. Celui de la refonte de la fiscalité, qui est une priorité aujourd’hui pour la profession, parce qu’au cœur des produits d’épargne. Il faut revoir l’ensemble du système pour l’adapter à la réalité du marché. Les assureurs continuent à être régis par d’anciens textes. Les améliorations qui viennent se greffer de temps à autre sur l’ensemble ne sont pas généralement suffisantes pour garantir une plus grande transparence à nos assurés au niveau de l’ensemble des paramètres des différents produits.- Quelle évaluation faites-vous des décrets d’application et des projets d’arrêtés ministériels?- D’abord, la profession trouve excessif le retard pris pour publier les décrets d’application, le 4 novembre dernier, soit un peu plus de 24 mois après la mise en application du code des assurances. Et nous attendons toujours les arrêtés ministériels. Ce qui a d’ailleurs nourri un climat d’attentisme et provoqué un flou dans les pratiques. Il faut reconnaître que depuis quelques années, la direction des Assurances se concerte systématiquement avec les professionnels du secteur. Mais ça ne justifie pas tout le retard constaté! Quatre arrêtés importants, en cours d’élaboration, sont actuellement examinés par quatre commissions had hoc, composées de membres de la profession et du ministère des Finances. Nous espérons voir publiés ces quatre arrêtés avant la fin de l’année. Propos recueillis parBouchaïb EL YAFI -------------------------------------------------------------------(1) Commission administration et organisation qui est une émanation du Comité consultatif des assurances (CCA), qui a pour objet d’émettre des avis sur toutes les questions relatives aux opérations d’assurances qui lui sont soumises par le ministre des Finances.

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