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    Anti-stakhanoviste : Irina Hakamada: "Mettons les paresseux au pouvoir!"

    Par L'Economiste | Edition N°:145 Le 15/09/1994 | Partager

    IRINA Hakamada donne une nouvelle image de la femme russe.

    Exit la trayeuse de choc. Irina Hakamada est une mince et élégante qui sait se faire entendre. Fille d'un communiste japonais émigré dans les années 30 en Union Soviétique. elle est l'une des femmes d'affaires russes les plus connues mais aussi membre du Parlement où elle s'est faite le chantre de la législation anti-harcèlement sexuel.

    Mais Mme Hakamada ne ressemble pas pour autant aux féministes de l'Ouest. Dans un pays aussi traditionaliste que la Russie, il n'est pas si Simple pour une femme de faire de la politique. Pour réussir, elle pense que la femme a de nombreux atouts, dont le plus évident est son charme naturel. "Circulant dans les allées du pouvoir masculin, il m'arrive souvent d'éprouver ma puissance et mon pouvoir d'attraction sur les hommes, et j'avoue tirer du plaisir à utiliser cette arme supplémentaire", confesse-t-elle. Femme fatale, elle est aussi devenue entrepreneur indépendant dès 1985, lorsque la loi sur les coopératives l'y a autorisée. Avec quelques amies, elle a monté un kiosque à gaufres. Celui-ci n'a eu qu'un temps, mais Irina a tôt fait de se transformer en "expert de haut vol" et, deux ans plus tard, s'est retrouvée cofondatrice de la Bourse Russe des Matières Premières. L'une des toutes premières qu'ait connues la Russie.

    Mais, avoue-t-elle, "le but de tout business, c 'est l'argent et j'ai fait une mauvaise businesswoman : l'argent, ça ne m'excitait pas".

    Pour elle, il était normal que les entrepreneurs se soient mis à la poli tique, en l'absence d'une législation économique efficace. C'est ainsi qu'elle est devenue le secrétaire général du Parti de la Liberté Economique, puis député à la Douma d'Etat. A la Douma, elle fut l'initiatrice du groupe des députés libéraux indépendants ,

    l'Union du Douze Décembre, dont Boris Fiodorov, l'ex-ministre (les Finances, est devenu le leader.

    A ses yeux, le projet qu'elle dé tend au Parlement n'a rien de féministe. "C'est la famille, proclame-t-elle, et non pas la femme, qui est au centre de mon projet... L'Etat dilapide d'énormes ressources en subventionnant le gouffre sans fond du réseau des crèches officielles soi-disant gratuites". Il devrait, pense Irina Hakamada, réorienter ces dépenses vers un réseau privé de jardins d'enfants, d'agences de baby-sitters, d'écoles et de cliniques, un réseau soumis à un cahier des charges contraignant qui en assurerait l'efficacité". Les rares organisations féministes russes combattent ce projet : elles y voient un "asservissement de la femme". Mais Irina pense que rien n'asservit davantage les femmes que l'obligation où elles sont, faute de ressources, d'abandonner leurs enfants aux soins de l'Etat. Irina Hakamada affirme qu'en devenant membre du Parlement, elle "n'a pas pris goût au pouvoirs". "Je suis paresseuse et sans ambition, affirme-t-elle, et ce qui me stimule, c'est uniquement la conscience de faire ce que j'estime d'avoir être fait...".

    Tatiana Malkina (Sevodnia)

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