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Affaires

Affaire des lotissements de Aïn Diab: Les casseroles de Abderrazak

Par L'Economiste | Edition N°:1772 Le 20/05/2004 | Partager

. Une réunion de négociation a rassemblé le CIH et les responsables du COS . Pour l’instant, la vente judiciaire des logements a été reportée de trois mois Rebondissement dans la saga des lotissements de Aïn Diab II et Mzouka V. Favorable cette fois-ci pour les «propriétaires» des logements puisqu’après moult pérégrinations, ils ont réussi à faire entendre leur voix. La vente aux enchères judiciaire des habitations qui était prévue pour le 28 mai par le CIH a été suspendue. Et reportée à dans trois mois. C’est suite à une réunion, tenue mardi 18 mai, entre le CIH et le COS-ONE que cette décision a été prise (www.leconomiste.com). En contrepartie, le COS-ONE met à la disposition de la banque «une partie de son patrimoine foncier qu’il avait envisagé de vendre pour payer sa dette». Ce n’est pas un fait nouveau, le COS-ONE ayant cherché depuis quelques mois à trouver une issue satisfaisante à cette histoire. D’ailleurs pour preuve, un courrier daté du 19 mars 2004 et adressé au CIH, dans lequel le COS-ONE s’était même dit «disposé à débloquer les avances versées au notaire et le reste à payer par les attributaires des lotissements Aïn Diab II et Mzouga V dont le montant global s’élève à 30 millions de DH». Ce courrier avait pour objectif de «permettre de solutionner le problème de ces deux lotissements grevés d’hypothèque et atténuer la tension des attributaires et pour ne pas générer des conflits sociaux», peut-on lire dans la lettre signée par Mohamed Abderrazak, président du COS-ONE. A ce titre, l’organisme a demandé au CIH «de bien vouloir surseoir aux poursuites judiciaires menées à l’encontre de ces habitations occupées par les familles et de lui faire parvenir les mains levées les concernant». Les habitants peuvent reprendre leur souffle le temps que l’expertise des terrains offerts par le COS pour régler sa dette soit réalisée. Trois mois de sursis donc pour la centaine de familles menacées d’expropriation. Elles étaient plusieurs à redouter que ce ne soit encore une fois un dialogue de sourds, ou une «diversion». Pour comprendre les tenants et les aboutissants, un flash-back est nécessaire. C’est dans les années 80 que l’affaire démarre avec l’acquisition par le COS-ONE à travers la Caisse mutuelle complémentaire et d’action sociale (CMACS) (sachant que ce dernier n’a pas la personnalité juridique pour effectuer des achats) de deux lotissements sis à Aïn Diab, ceux qui allaient devenir Aïn Diab II et Mzouga V. A l’époque, les logements des COS attiraient une foule de candidats. Nombreux étaient ceux qui prétendaient à ceux du COS-ONE, bien situés et à des prix séduisants (5.000 à 5.500 DH le m2). Et ce n’est pas seulement des employés de l’Office qui pouvaient en bénéficier. . «Société écran pour faciliter les démarches»«Les critères d’éligibilité pour ces habitations ne répondaient à aucune norme précise», explique l’un des habitants. «A l’époque, il suffisait d’être dans les bonnes grâces du tout-puissant syndicaliste Mohamed Abderrazak, pour avoir droit à ce genre de faveurs», raconte un des bénéficiaires qui requiert l’anonymat. Ou se trouver dans les bons circuits d’informations. «Nous avons été prévenus par le biais de notre mutuelle», indique un autre propriétaire. Le COS-ONE a fait savoir qu’il avait un programme de construction à des sociétés mutualistes. Ces dernières ont prévenu leurs adhérents. «C’est ainsi que nous avons pu nous inscrire dans la liste des candidats», explique un membre de l’association. Ce qui donne aux profils des habitants un caractère assez cosmopolite. En dehors des agents de l’ONE, le COS a donc vendu à des personnes de tous bords. L’inscription sur les listes a démarré en 1987. C’est en effet à cette date que les premiers reçus de paiement ont commencé à être délivrés par le COS-ONE. Et que la société immobilière Simos, «une société écran pour faciliter les démarches au COS», explique un ancien responsable de oeuvres sociales, a été créée. Notons que celle-ci est présidée par Abderrazak, encore lui. Et qu’elle a été créée pour «alléger les procédures entre le COS et l’ONE». C’est aussi elle qui a contracté un crédit de 33 millions de DH auprès du CIH qui était destiné à la construction des lotissements Aïn Diab II et Mzouga V. Ceux-là mêmes qui ont été donnés en hypothèque à la banque par CMCAS, qui en est la détentrice (et qui elle aussi se trouve sous la férule de Abderrazak).Rappelons que c’est la CMCAS qui a garanti la Simos auprès du CIH. Et que le COS-ONE, la Simos et la CMCAS ont tous le même siège social. Retour aux chantiers qui ont démarré en 1991 et été bouclés en 1993. «Date à laquelle on nous a remis les clés», souligne Badr Berrada membre de l’association Mzouga V. En ajoutant que «dans 95 % des cas, les bénéficiaires se sont acquittés de leur dû». «Nous avons même payé les frais d’enregistrement et de conservation foncière à l’avance sans être en possession de nos titres». Durant 10 ans, les titres fonciers ont été délivrés au compte-gouttes endormant ainsi la méfiance de ceux qui ne les avaient pas encore obtenu. Sur les 150 familles attributaires, seulement une soixantaine à aujourd’hui possède leurs titres. Les autres attendent encore.


Casquettes

Mohamed Abderrazak a une triple casquette. Il est à la fois président du COS, de la Cmacs et de la société Simos de même qu’il siégeait au conseil d’administration de la CNSS. Tous les documents officiels engagés dans cette affaire plutôt opaque comportent sa signature. C’est à ce titre qu’il est le principal mis en cause. Et ce n’est pas la première fois que son nom est cité dans un scandale. C’est sous son ère que plusieurs grands chantiers du CIH et de la CNSS ont été lancés. Seulement, une gestion financière hasardeuse a abouti à une accumulation de dettes impayées notamment auprès du CIH. La rumeur publique colporte d’ailleurs que l’empire financier du «syndicaliste déchu» a bénéficié des faveurs de cette gestion approximative. En 2000 déjà, Abderrazak, en tant que dirigeant du COS, est convoqué dans le cadre de la commission d’enquête mandatée par la Chambre des Représentants (www.leconomiste.com). L’ex-numéro II de la Centrale choisit de ne pas répondre à la convocation. Mais ce n’est que partie remise puisqu’en 2002, une deuxième commission d’enquête parlementaire, représentant cette fois-ci la Chambre des Conseillers, est mandatée pour creuser dans le scandale de la CNSS. Nouvelle convocation pour Abderrazak qui est cette fois-ci obligé de se présenter. C’est le début de la fin pour cet ancien cheminot originaire de Settat. Même si pour des auditeurs de la Caisse, il a été de ceux, bien rares, qui s’opposaient aux dérives de la CNSS. Mais dans son sillage, il entraîne aussi l’UMT. La centrale s’en est défendue dans un «livre noir». Et en limogeant Abderrazak, «Benseddik veut enterrer un passé et surtout eviter que l’UMT ne soit éclaboussée par les scandales. La gestion du COS ONE baigne dans la même opacité que celle qui a entouré pendant des années celle de la CNSS et du CIH. L’affaire des deux lotissements Ain Diab II et Mzouga V n’est peut-être qu’une étincelle... F. T. & M. Bk

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