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Délais de paiement: Les TPME en péril!

Par Franck FAGNON | Edition N°:4806 Le 30/06/2016 | Partager
«Les délais atteignent des niveaux alarmants»
Un warning du comité de suivi des risques systémiques
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Les délais de paiement pratiqués sur le marché sont au-delà du raisonnable. Les toutes petites entreprises et les PME sont les premières à en souffrir, alors que ce sont elles qui ont le plus besoin de trésorerie pour accélérer leur croissance. La taille du crédit inter-entreprises est inquiétante

La gangrène des délais de paiement continue de se propager. Les trois régulateurs (BAM, l'autorité des assurances et celle des marchés des capitaux) et les représentants du ministère des Finances qui se sont réunis en début de semaine, au sein du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques, tirent de nouveau la sonnette d'alarme: «Les délais de paiement se sont de nouveau allongés, en particulier pour les entreprises privées atteignant des niveaux alarmants pour les TPME et certains secteurs d'activité». C'est la principale conclusion  qui ressort de l'étude menée auprès d'un échantillon de 1.700 entreprises non financières privées et publiques.
L'allongement des délais de paiement touche en premier lieu les petites et moyennes entreprises, celles qui ont le plus besoin de trésorerie pour leur quotidien. «Cette situation pèse lourdement sur les trésoreries des entreprises et nécessite d'accélérer la réforme sur les délais de paiement et sa mise en œuvre effective».
Parmi les mauvais élèves, l'on retrouve, entre autres, l'Etat. Les prestataires des administrations publiques se sont transformés de fait en banquiers de l'Etat. Malgré la consolidation budgétaire ces deux dernières années, la situation ne s'est pas beaucoup améliorée. D'un autre côté, le comportement de paiement de plusieurs entreprises publiques est loin d'être irréprochable. Ensuite, entre opérateurs privés, les conditions se sont aussi nettement dégradées. Chaque entreprise se fait de la trésorerie sur plus petite qu'elle. Cette situation se répercute sur l'ensemble de l'écosystème au point que l'investissement privé est quasiment au point mort. Les délais de paiement contribuent beaucoup à l'attentisme des chefs d'entreprise, mais aussi à l'augmentation des défaillances d'entreprises (progression à deux chiffres attendue en 2016).

Les résultats des banques menacés

Face à la montée des risques, les banques sont moins enclines à prêter. Malgré les mesures de Bank Al-Maghrib pour relancer la demande crédit, les effets escomptés ne seront pas au rendez-vous s'il n'y a pas d'amélioration des délais de paiement. C'est l'un des sujets phares du mémorandum qu'ont adressé BAM, les banques et le patronat au gouvernement il y a quelques semaines.
En tout cas, toutes les parties doivent fournir des efforts supplémentaires pour faire bouger les lignes. Les banques ont accepté de fournir la notation des entreprises et de motiver le refus de crédit. Cela permettra aux PME d'améliorer la qualité de leur dossier. En parallèle, nombre d'entre elles doivent engager un travail d'assainissement pour répondre aux exigences des banquiers.  Toujours est-il, le durcissement de la réglementation pour les crédits octroyés aux grandes entreprises, principalement celles dont la dette est supérieure à 500 millions de DH, pourrait davantage pousser les banques à rééquilibrer leur portefeuille au profit des TPME.
Pour 2016, la croissance du crédit devrait se limiter à 2,7% selon les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib. Au-delà de la faiblesse de la demande de crédit, l'environnement de taux bas constitue une source de pression sur le produit net bancaire du secteur. Les stress tests indiquent une résistance des établissements face aux chocs macroéconomiques. Mais devant le ralentissement du crédit et la montée des risques, la capacité des banques à créer de la valeur pour leurs actionnaires pourrait être impactée.
Pour les assureurs, la baisse du marché actions et les taux bas aujourd'hui sont porteurs de risques sur leurs résultats. Dès l'année prochaine, ils devront tenir compte notamment du risque de marché dans le calcul de la marge de solvabilité. L'idée est d'afficher une image réelle de leur bilan. Le passage au régime prudentiel de solvabilité basé sur les risques poussera un ou deux opérateurs à se recapitaliser d'après les résultats des premiers stress tests menés par l'autorité des assurances.

 

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