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    Analyse

    Trois grands ouvrages prévus par an

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4806 Le 30/06/2016 | Partager
    Les entreprises soumissionnaires peuvent aussi commercialiser l’électricité
    Les solutions alternatives de mobilisation des eaux désavantagées par le coût
    1.730 mégawatts de puissance installée
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    «L’organisation de la COP22 à Marrakech est une occasion de faire un plaidoyer  et du lobbying pour que l’eau soit traitée sur un même pied d’égalité que l’énergie. Car l’eau est la principale victime des changements climatiques. Le Maroc dispose d’un savoir-faire très important en matière de gestion intégrée des ressources en eau», souligne Charafat Afailal, ministre déléguée en charge de l’Eau (Ph. Bziouat)

    - L’Economiste: Le Maroc donne l’impression d’avoir réduit le rythme de construction des barrages, au cours des dernières années. Qu’en pensez-vous?

    - Charafat Afailal: La stratégie nationale de l’eau a prévu la construction de trois grands barrages par an et une dizaine de petits et moyens. Cette cadence est respectée sauf en cas de contraintes budgétaires, où le nombre est réduit. Nous donnons la priorité aux barrages qui sont nécessaires pour la sécurité hydrique dans une région. Aujourd’hui, nous disposons de 38 barrages. Mais au-delà de 30 ans, on est obligé de trouver une autre alternative à part la mobilisation des eaux superficielles.

    - Quelles sont ces solutions alternatives?
    - C’est s’orienter vers des ressources non conventionnelles, autrement dit, encourager le dessalement de l’eau de mer. Nous avons déjà commencé à développer cette technologie, pas seulement dans les provinces du Sud. Un projet sera lancé à Agadir, un autre à Al Hoceima. Dans le futur, cette expérience sera étendue à Casablanca, Safi et Tanger pour accompagner la demande croissante en eau potable et en irrigation.

    - Cela coûte cher. A-t-on les moyens de le faire?
    - Effectivement, le coût empêche le développement de cette technologie. La recherche et développement ont beaucoup évolué au point de prévoir le complément de l’énergie solaire à la station de dessalement. Ce qui rendra le coût au mètre cube plus compétitif.
    - Quelle est la part des barrages dans la production de l’électricité propre?
    - Nous avons une puissance installée de 1.730 mégawatts dont 460 sont produites par la Step d’Afourer  qui représente actuellement 10%. Mais avec la stratégie nationale des énergies renouvelables, nous comptons augmenter la part des énergies hydroélectriques dans le mixte national à 14% au-delà de 2030. Aussi, le cadre législatif est plus avantageux pour le secteur privé à travers des mesures destinées à encourager la construction des barrages et des usines pour la production des énergies hydroélectriques, dans le cadre de la libéralisation du secteur des énergies propres.
    - Quels sont les critères pour choisir le type de barrage à construire,  grand, moyen ou petit?
    - Le facteur déterminant dans la taille des barrages sont les apports en eau. Nous ne pouvons construire un ouvrage dans une région où la pluie est très rare. Ensuite, le volume régularisé entre en ligne de compte. Les crues doivent être de façon régulière pour permettre un stockage raisonnable afin d’aménager l’aval. Le troisième critère porte sur la capacité géologique du site à abriter un ouvrage de grande dimension.

    - Que proposez-vous  en termes de gestion des ressources hydriques à la COP22?
    - Nous allons à la COP22 pour défendre le secteur de l’eau. C’est aussi une occasion de faire un plaidoyer  et du lobbying pour que l’eau soit traitée sur un pied d’égalité que l’énergie. Car l’eau est la principale victime des changements climatiques. Le Maroc dispose d’un savoir faire très important en matière de gestion intégrée des ressources en eau. Nous allons à la COP22 avec une feuille de route, un plan d’adaptation national qui met en avant les mesures d’adaptation et de résilience de la politique hydrique. En tête, la gestion intégrée, le recours à d’autres alternatives et le plan de protection contre les inondations.

    30 milliards de DH pour le transfert de l’eau

    Le transfert des eaux des bassins du nord vers le sud refait surface. Ce projet est actuellement à l’étude. Il l’est d’ailleurs depuis plusieurs années sans que le début de réalisation ne voit le jour. Le coût de ce projet est exorbitant: 30 milliards de DH. C’est ce qui explique le retard. Ses initiateurs lui ont fixé plusieurs objectifs.  Outre la résorption des déficits en eau enregistrés au niveau des bassins Bouregreg, Oum Er Rabia et Tensift, le projet vise à réduire le volume des eaux perdues en mer, protéger la nappe du Haouz, actuellement surexploitées et sécuriser l’alimentation en eau potable pour Rabat, Casablanca et Marrakech. A cela s’ajoute la réduction du déficit structurel enregistré au niveau du périmètre de Doukkala et la protection des nappes phréatiques côtières entre Rabat et Safi et celle de Berrechid.

    Propos recueillis par
    Mohamed CHAOUI

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