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Economie

Infrastructures: La fracture régionale

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4785 Le 01/06/2016 | Partager
Seules trois régions relativement bien équipées
Le palmarès du ministère des Finances[scald=3147:sdl_editor_representation]
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Les régions où le poids de l’agriculture est important dans le PIB  comme c'est le cas de Taza-Al Hoceima-Taounate, Tadla-Azilal, Gharb-Chrarda-Béni Hssen ont un taux d’emploi élevé et un PIB par habitant bas. Celles qui dépendent marginalement de l'agriculture sont les mieux classées en termes de PIB régional et de PIB par habitant même avec un taux d’emploi inférieur par rapport à la moyenne nationale

Trois régions sur 16 s'en sortent relativement bien dans le scoring réalisé par le ministère des Finances(1) sur le développement socioéconomique et de l'équipement en infrastructures. La comparaison sur dix ans (2002-2012) rend compte des écarts à rattraper ainsi que des disparités interrégionales et qui devrait donner à réfléchir aux responsables. L'essor économique de certaines régions s'est accompagné par une dégradation des infrastructures sociales. L'arrivée d'une main-d'œuvre à la recherche d'opportunités d'emploi n'a pas été suivie par un développement de l'offre de santé et d'enseignement comme c'est le cas à Doukala –Abda par exemple.  En haut du palmarès, l'on retrouve Rabat-Salé-Zemmour-Zaer, Chaouia-Ouardigha et Souss Massa-Drâa. Ces trois régions sont relativement bien équipées en infrastructures économiques et sociales. La première se spécialise dans les activités tertiaires avec une part dans la valeur ajoutée de 79% alors que Chaouia-Ouardigha profite de sa proximité du Grand Casablanca et connaît une forte intégration dans le tissu industriel national (59% de la valeur ajoutée totale en 2012). Une évolution qui n'a pas empêché la dégradation des performances sociales puisque l'offre ne répond pas à la demande croissante. Chaouia-Ouardigha, en particulier, a connu un flux migratoire important enregistrant ainsi la plus forte hausse du taux d'urbanisation: 51% en 2012 contre 42% en 2002.
A Souss-Massa-Drâa, le tissu économique reste diversifié avec une prédominance des activités tertiaires (46%), et l'agriculture (39%). L'étude réalisée par le ministère des Finances classe le Grand Casablanca, Doukala-Abda, et Tanger-Tétouan dans la catégorie des régions  bien équipées en infrastructures économiques avec un gap à rattraper dans le social.  Le Grand Casablanca et Doukala-Abda sont tournées vers  l'industrie et les services avec des valeurs ajoutées respectives de 49% et 46%. Tanger-Tétouan a tiré profit des infrastructures économiques dont elles dispose: 9 zones industrielles, 3 zones franches industrielles et une zone franche logistique. Mais ces régions comptent une insuffisance en infrastructures sociales de base en raison de l'importance de la demande en particulier au niveau du Grand Casablanca qui compte le plus grand taux d’urbanisation (92%) ainsi que la plus forte densité démographique (3785 habitants/km²).  Doukala –Abda connaît de faibles investissements publics dans les secteurs sociaux alors que Tanger-Tétouan enregistre une forte croissance démographique sous l'effet de la dynamique économique qui a fait de la région une destination privilégiée pour les chercheurs de l’emploi. Ce qui s'est soldé par une dégradation de son score des infrastructures sociales en 2012 par rapport à 2002.
Dans le scoring réalisé par les Finances, quatre régions à savoir Fès-Boulemane, Meknès-Tafilalet, l’Oriental, et les régions du Sud sont bien équipées en infrastructures sociales mais ont du retard en termes d'infrastructures économiques. Ces zones se caractérisent par une forte urbanisation et une faible densité de la population. Dans les régions du Sud en particulier, un ambitieux programme de développement a été lancé en novembre 2015. Il devrait permettre le doublement du PIB et la création de 120.000 emplois à l’horizon 2025.
Les régions les moins dotées en infrastructures économiques et sociales  en 2012 sont  Taza-Al Hoceima-Taounate, Tadla-Azilal, Gharb-Chrarda Béni Hsen et de Marrakech-Tensift.  Ces zones se caractérisent  par une prédominance de la population rurale qui travaille dans l’agriculture et l’élevage. Taza-Al Hoceima-Taounate et Tadla-Azilal comptent des conditions géographiques difficiles qui ne favorisent pas leur diversité agricole. Dans la première région, les légumineuses constituent la première production  (26% de la production nationale), alors que la seconde se spécialise dans les cultures industrielles (23%) et les agrumes (17%). En revanche, la contribution totale des deux régions à la production des céréales ne dépasse pas 17%.  
Gharb-Chrarda Béni Hsen est la région la plus défavorisée en matière des secteurs sociaux à savoir l’enseignement et la santé alors que Marrakech-Tensift a enregistré une dégradation de la capacité des infrastructures sociales à répondre aux besoins de la population. Marrakech-Tensift  se retrouve  parmi les régions marginalisées socialement au titre de l’année 2012!

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La direction des études et des prévisions financières a réalisé une étude sur «les infrastructures socioéconomiques au service d’un développement régional, équitable et inclusif»

 

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