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    Economie

    L’ingénierie touristique pour réinventer les destinations

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4785 Le 01/06/2016 | Partager
    Un outil de valorisation du patrimoine matériel et immatériel
    Développer les vocations des destinations en fonction de leurs potentialités
    Nécessité d’interventions coordonnées au niveau local

    «Les touristes ne sont plus à la recherche de la meilleure offre, mais plutôt d’une expérience unique, qui les fait rêver, et qui reste gravée dans leur mémoire». Un constat partagé par les professionnels du secteur lors du 1er Forum de l’ingénierie touristique, organisé hier à Rabat. Dans un contexte où le marché touristique s’est globalisé et déréglementé, les destinations sont appelées à se réinventer pour attirer de nouveaux clients. Ce qui fait de l’ingénieur touristique un outil décisif, pour «assurer la différenciation des destinations face à des touristes de plus en plus exigeants». Concrètement, comme l’a expliqué le ministre de tutelle, Lahcen Haddad, «la valorisation du patrimoine matériel et immatériel dont regorge le Maroc nécessite un savoir-faire permettant de transformer la richesse culturelle et naturelle du pays en produits touristiques attractifs». La mise à contribution des différentes spécialités de l’ingénierie touristique favorise la «création de produits qui font appel à des sons, des odeurs, des sensations et qui tiennent compte de la particularité de chaque ressource. Ce qui permet au touriste de s’imprégner d’un lieu ou d’une atmosphère, lui offrant ainsi une immersion totale», est-il expliqué.
    Même son de cloche chez Imad Barrakad, président du directoire de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), qui a mis l’accent sur «l’importance de développer les compétences et les savoir-faire pour favoriser la mise en valeur de ces potentialités». L’objectif, selon lui, est de «créer une offre particulière pour chaque destination, permettant de dégager une véritable valeur ajoutée, grâce à une dynamique économique, qui touchera plusieurs secteurs d’activité». Surtout que le développement touristique est basé sur des interventions transversales, où plusieurs intervenants sont impliqués. «Il ne s’agit pas uniquement de construire des unités d’hébergement, comme cela est conçu de façon simpliste par certains responsables», a noté Mohand Laensar, président de la région Fès Meknès. Aujourd’hui, les visions implémentées dans les régions manquent d’efficience, à cause de la segmentation des interventions, qui crée de véritables problèmes, selon certains participants à ce forum. Le message est clair: «Quel que soit le territoire urbain à aménager, il faut prendre en considération la vocation qui se dégage de ses potentialités». D’où le rôle de l’ingénierie touristique. Car, «l’idée n’est pas de transformer les villes en musées. Mais plutôt de trouver un subtil équilibre entre le développement d’un lieu de vie et la préservation et la mise en valeur des richesses du patrimoine», est-il indiqué.
    C’est dans ce sens que Lahcen Haddad a rappelé l’importance de «mener des actions communes». Cela est d’autant plus important qu’au niveau local, «nous avons l’impression que les collectivités territoriales regardent cette évolution de loin, se contentant d’accompagner les opérateurs ou les instances chargées de la mise en œuvre des stratégies publiques. Or, aujourd’hui, il faut une plus grande implication dans ce domaine», selon Mohand Laensar. Celui-ci a appelé à préciser par la suite les modalités d’interaction avec les collectivités locales, c'est-à-dire «est-ce que les régions prendront en charge ces aspects de façon autonome, ou bien devront-elles collaborer avec un organisme national qui s’adaptera aux spécificités régionales?».
    Aujourd’hui, l’exploitation des outils de l’ingénierie touristique permettra de «créer une dynamique économique dans les zones enclavées, sur une base scientifique», a noté Barrakad. Surtout que ce métier regroupe une série de spécialités, à même d’optimiser les chances de rentabilité des projets touristiques dans ces espaces territoriaux. Il s’agit notamment des études de marché, des modalités de mobilisation du foncier, des montages financiers…

    Réseau Afrique Med

    «En 2030, le nombre de touristes dans le monde devra dépasser 1,8 milliard de personnes. L’Afrique, qui attire actuellement 56 millions de touristes, doit également avoir sa part», a estimé Lahcen Haddad, ministre du Tourisme. C’est dans ce sens que s’inscrit le nouveau réseau Afrique Med d’ingénierie touristique, dont la lettre d’intention de sa création a été signée en marge du forum. Il regroupe plusieurs pays africains et européens, dont le Maroc, la Guinée, le Niger, la Tunisie et la France. D’autres pays veulent également intégrer ce réseau. Il s’agit notamment de l’Espagne, de la Croatie, de l’Afrique du Sud et du Gabon.

     

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