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    Enquête

    Chicha: Toujours plus chère et plus consommée

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4767 Le 06/05/2016 | Partager
    Le relèvement de la TIC a entraîné de fortes hausses des prix
    Le marché s’approvisionne en Egypte et Emirats arabes unis
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    Contrairement aux cigarettes, la chicha fait l’objet d’une contrefaçon parfois à l’identique des produits autorisés (Ph. Jarfi)

    Le tabac du narguilé en vente au Maroc provient d’Egypte (Nakhla) et des Emirats arabes unis (Al Fakher).  La première société a été rachetée à l’international par Japan Tobacco International (JTI). La seconde est fabriquée par une société éponyme. Jusqu’à début avril, les deux marques étaient distribuées par NATC, qui commercialise également les produits de Japan Tobacco. Depuis le 1er avril, la carte émiratie Al Fakher est passée chez Bazard Distribution, entreprise située à Tanger et spécialisée dans la vente d’accessoires pour fumeurs : e-cigarettes, papier à rouler, briquets…
    En décembre 2015, un nouvel opérateur, en l’occurrence Habanos, a eu le feu vert de la Commission d’homologation des produits du tabac pour commercialiser de nouvelles marques de chicha. Le dernier entrant, qui suscite pour le moment un doute auprès de ses concurrents, s’est positionné sur les petits paquets pour attaquer le marché. Mais ses produits n’ont pas encore été lancés. Un groupe d’investisseurs vient de créer à son tour J.A Tobacco, société spécialisée dans la fabrication de tabac pour narguilé et le commerce de cigarettes. Le tabac pour la pipe à eau commence à devenir un sérieux enjeu économique. Entre 2013 et 2016, les prix de vente de la

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    Entre 2013 et 2016, le relèvement de la taxe intérieure sur la consommation (TIC) s’est traduite par une hausse des prix pouvant aller jusqu’à 50%. D’où un effet d’éviction en faveur de la contrebande

    chicha dans le marché officiel ont augmenté de pratiquement 50% du fait du réaménagement de la taxe intérieure sur la consommation (TIC). L’Économiste a essayé d’obtenir des informations concernant la part de la chicha dans les recettes fiscales du tabac, mais elles ne sont pas disponibles car elles sont intégrées dans les statistiques générales. Celles-ci indiquent que les recettes fiscales du tabac se sont élevées en 2015 à 9,07 milliards de DH contre 8,96 milliards un an plus tôt. Du côté de la douane, l’on estime que les cigarettes représentent environ 98%. Les 2% restants reviennent notamment au tabac servant au narguilé, au tabac à priser, à chiquer… Le poids de la chicha dans les recettes fiscales n’est pas proportionnel à sa consommation réelle. Les distributeurs de tabac affirment que le marché est phagocyté par la contrebande, en provenance essentiellement d’Egypte. De nombreux établissements s’approvisionnent exclusivement auprès de ce canal. A l’inverse de certaines cigarettes telles que Marlboro, Winston, etc., beaucoup de produits de chicha proviennent en fait de la contrefaçon. Ces derniers sont parfaitement identiques à ceux en vente officielle au Maroc à l’exception du timbre fiscal.
    La prévalence de la contrebande est attribuée par les distributeurs à la forte hausse de la TIC en l’espace de quatre ans, qui a poussé les consommateurs à migrer vers le circuit parallèle, qui a connu un développement fulgurant à la faveur du printemps arabe. La dimension prise par la contrebande et l’étroitesse du marché formel ont d’ailleurs poussé la Société marocaine des tabacs à renoncer, du moins pour le moment, à lancer les produits de la gamme Mazaya, dont elle avait pourtant bien demandé l’homologation.

    L’interdiction avortée

    Le groupe parlementaire du PJD, conduit par Abdallah Bouanou, a déposé tout récemment une proposition de loi visant à interdire purement et simplement la commercialisation de la chicha quelle que soit la catégorie du commerce. Le texte prévoit des peines de 1 à 5 ans de prison et des amendes variant entre 20.000 et 50.000 DH.
    Une fermeture administrative d’au moins trois mois est également prévue à l’encontre des commerces proposant la chicha. La proposition de loi n’a pas reçu l’enthousiasme attendu par ses initiateurs de la part des députés. Si bien qu’elle a fini par être retirée.

     

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