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Culture

Qui se cache derrière Alil Vardar?

Par Radia LAHLOU | Edition N°:4761 Le 28/04/2016 | Partager
L’humoriste belge est avec sa troupe ce soir au Mégarama dans «Abracadabrunch» •
On le redécouvre dans son one man show ce samedi au théâtre La Coupole
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Franc du collier, pas du tout ostentatoire, Alil Vardar adore rebondir sur toutes les situations pour faire rire. Pour les Casablancais, il revient avec un cadeau, son premier one man show ce samedi au théâtre La Coupole en face du parc de la Ligue arabe (Ph. TE)

Même une interview avec lui, c’est une franche partie de rigolade. Alil Vardar qu’on ne présente plus, est dans la vie comme il est sur scène, prêt à tout tourner en dérision à commencer par lui-même, dans un esprit bon enfant et sans prise de tête. L’humoriste belge, habitué des planches au Maroc, nous reçoit avec simplicité, le tutoiement prompt et le verbe sympathique histoire de briser la glace pour se raconter, livrer des bribes de sa vie personnelle entre deux vannes, et surtout raconter son parcours professionnel qu’il a taillé dans le vif à force de combativité et d’opiniâtreté.
Oui, rien ne prédestinait «l’Albanais musulman» à devenir un comique célèbre en France. Né à Bruxelles dans une famille peu nantie de cinq enfants, et n’ayant pas fini ses études secondaires, ses perspectives étaient, pour le moins que l’on puisse dire, limitées. Réussir dans la vie? «Mon père, paix à son âme, m’aurait plutôt vu maçon en chef!» ironise-t-il, ajoutant que le patriarche n’aurait jamais admis avoir un fils «troubadour». C’est grâce à sa mère qui a été finalement son meilleur pote, dit-il, que Alil Vardar a aujourd’hui «son nom tout en haut de l’affiche» à la Aznavour. «Parce que même si ma mère porte le foulard, elle a toujours été branchée et ouverte. Je n’avais aucun secret pour elle et elle m’a toujours encouragé dans mes choix. Ma réussite je la lui dois», confie-t-il le regard brillant et reconnaissant. Une revanche sur la vie comme dans les films de Verneuil, Mayrig et 588 rue Paradis... Bien qu’il soit aujourd’hui auréolé de succès, il ne perd pas le nord, même si au début sa notoriété lui a valu quelques soucis conjugaux. Il n’est pas homme à rechigner, aucune situation ne le dérange et c’est ainsi qu’il a pu monter au «zénith». Pour reprendre son expression, il dit n’avoir rien refusé comme scène pour faire rire les gens, «du kebab de Bruxelles au zénith de Toulouse», il y est allé avec la même niaque, avec la «même saveur à chaque moment». Mais autant pouvait-il plaire sur scène, autant dans la vie de tous les jours, il se sent très «lambda». «On s’arrête pour me demander le chemin, jamais pour me montrer la route», glisse-t-il faussement dépité, pour un gars «qui en a vu d’autres». Sa fierté a lui, elle est ailleurs. Elle se trouve dans le fait que ses spectacles, loin d’être clivants, sont surtout fédérateurs. Basés sur les rapports entre hommes et femmes, ils concernent tout le monde.
L’humoriste belge a fait du couple son dada, son terrain de prédilection. Et de la «matière première», il en trouve partout. Il croque ses personnages au restaurant, dans un café ou tout simplement dans la rue, depuis tellement d’années maintenant qu’il a fini par devenir une sorte de Macha Béranger à lui seul. C’est vrai qu’à force de décortiquer les relations et réactions humaines on devient fin psychologue. Et ça, il le sait et il s’en sert à merveille sur scène.

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En témoignent ses nombreuses pièces dont les intitulés ne trompent pas: 10 ans de mariage, Le Clan des divorcées..., qui figurent depuis des années au box-office et dont on ne se lasse pas. Elles ne peuvent prendre aucune ride parce que l’histoire des couples se répète inlassablement à quelques variantes près et cela jusqu’à la fin des temps. Il ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers. L’humoriste a plus d’une corde à son arc.
Ce soir, vous allez découvrir un spectacle hilarant, cocasse, frisant le burlesque comme il nous a habitués à les voir. Mais ce qui attend le public casablancais ce samedi est autrement plus délicieux, et on s’en frotte déjà les mains. Le grand Vardar reste sur les planches, mais tout seul cette fois-ci, dans son premier one man show qu’il jouera pour la première fois à Casablanca. Comme tout artiste, le trac le tenaille mais il veut se prouver à lui-même autant qu’à son public, tous horizons confondus, qu’il peut varier les plaisirs. Et c’est au Maroc, ce pays où il dit n’avoir aucune crainte et s’y sentir comme chez lui, qu’il a décidé de se jeter à l’eau. Un beau gage de confiance envers un auditoire qui commence à bien le connaître aujourd’hui et qui le lui rend bien. Là encore dans le one man show, qu’il a mis un an à écrire, il surfe sur des situations réelles que n’importe qui aurait pu vivre. Et on va le dévoiler dans le langage qui se doit pour la situation: «le pitch, c’est une nana qui fouille dans le portable de son mec et qui tombe sur le pot aux roses...». Alil Vardar nous fera découvrir le reste agrémenté à sa façon. Rendez-vous est donné aux aficionados au théâtre La Coupole à Casablanca. L’ambiance sera cosy et bon enfant et pour ceux qui ne connaissent pas encore cette enceinte toute pleine de charme et aux murs qui racontent une histoire presque séculaire, c’est aussi à découvrir. Le théâtre se trouve juste en face du parc de la Ligue arabe. Pas d’inquiétude à avoir M. Vardar, il n’y aura pas de première partie! (Ndlr: il a peur d’être moins brillant!).

Faire rire en darija

Vardar veut réussir une autre prouesse, faire rire en darija. Pas lui, mais adapter par exemple Le Clan des divorcées en arabe pour conquérir cet autre public marocain très friand des pièces de théâtre et distractions en tous genres. Ce n’est pas encore fait mais c’est en tout cas le projet auquel il s’attelle avec sa «boîte de prod» au Maroc, celle qui nous l’a fait découvrir, Top Event. D’ailleurs à force de visites régulières dans le Royaume (depuis 6 ans déjà), il a fini par devenir ami avec Mehdi Laraki, le patron de l’agence. Potes comme larrons en foire.

                                                           

L’aventure digitale commence

Il a mis du temps à se rendre compte du potentiel du 2.0 et surtout de sa force de frappe, et aujourd’hui il compte s’y mettre à plein pot. Vardar a découvert le pouvoir des réseaux sociaux tout récemment lorsqu’il a émis un commentaire sincère mais à contre-courant sur une brutalité commise par un militaire sur un enfant et qui a fait le tour du web. Sa réaction épidermique lui a valu quelque 2,5 millions de réponses, plus fort que n’importe quel autre vecteur de communication. Ceux qui aiment retiendront le nom, ceux qui n’aiment pas aussi. Et puis grâce à ces réseaux, on a la possibilité de changer d’image, de se positionner et de créer le buzz. Alil compte bien profiter de cette nouvelle manne dont il découvre l’onde de choc. Une bonne nouvelle pour ses fans d’ici et d’ailleurs, car ils sont nombreux. Ses pièces sont jouées dans 20 pays dans différentes langues et depuis des années elles continuent de les faire rire. La télé s’est chargée de faire le reste.

 

 

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