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    Société

    Avortement: Les ONG s’impatientent

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4760 Le 27/04/2016 | Partager
    Elles déplorent la lenteur de la mise en place de la réforme initiée par le Souverain
    Une marche et des sit-in sont prévus pour mettre la pression sur le gouvernement
    Appels à l’élargissement des cas d’exception à l’interdiction de l’avortement
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    Chafik Chraïbi, président de l’AMALC, a déploré le retard dans la mise en place de la réforme, au moment où 600 à 800 avortements clandestins ont lieu chaque jour. Résultat: 13% des décès maternels sont liés à ce type d’opérations (Ph. Bziouat)

    Le 16 mars 2015, le Souverain recevait les ministres de la Justice, des Habous et des Affaires islamiques, ainsi que le président du CNDH, pour examiner le dossier de l’avortement clandestin. Un coup de pouce royal qui a permis d’initier une réforme de la réglementation relative à cette question, qui continue de susciter la tension. Plus d’un an depuis le lancement de ce chantier, les ONG montent au créneau pour dénoncer «la lenteur du processus». Chafik Chraïbi, président de l’Association de la lutte contre l’avortement clandestin (AMALC), déplore: «Nous n’entendons plus rien sur ce dossier depuis plusieurs mois. Et cela nous inquiète». Chraïbi, considéré comme l’un des plus grands défenseurs de cette cause, a pointé la responsabilité des ministres concernés. Il a fait savoir que les départements de la Santé et de la Justice ont été contactés à plusieurs reprises pour participer à la relance du débat autour de ce sujet. Mais «nos requêtes sont restées sans réponse», a-t-il dit. Il s’est interrogé sur les raisons du blackout autour de cette réforme. «S’il s’agit d’une simple question de procédure, ces ministères ont tort de perdre tout ce temps, au moment où des avortements clandestins sont effectués chaque jour», a-t-il dit. Chraïbi a présenté des chiffres alarmants: entre 600 et 800 avortements ont lieu chaque jour au Maroc, souvent dans des conditions déplorables, a-t-il indiqué. Un avis partagé par Asmaa El Mehdi, coordinatrice de la coalition printemps de la dignité. Pour elle, «il ne s’agit pas d’un problème de procédure. Les différentes réformes menées, notamment celle du code pénal, ont montré que l’orientation du gouvernement vise plutôt à barricader les possibilités de résolution de ce problème. C’est pareil à chaque fois qu’il est question des droits des femmes». Elle a pointé la responsabilité d’une «vision idéologique menaçante, qui est en train de réduire la portée de la vision instaurée depuis 2004, en termes de renforcement des droits de la femme».
    L’AMALC, le printemps de la dignité et d’autres ONG ne comptent pas baisser les bras. Ils veulent remettre ce dossier au cœur des débats sociaux, afin d’accélérer la réforme. Ils ont prévu une marche et des sit-in de protestation. Pour l’instant, aucune date n’a été fixée.
    Au-delà du retard qui marque la mise en œuvre de cette réforme, ces ONG ne semblent pas non plus satisfaite des recommandations relatives aux cas qui peuvent être légalisés. «Le projet de loi ne doit pas se limiter aux seules situations de viol, d’inceste ou de malformation fœtale», selon Chafik Chraïbi. Pour lui, «cela ne réglerait pas le véritable problème». Il a insisté sur l’importance de l’amendement de l’article 453 du code pénal, qui accorde une dérogation à l’interdiction de l’avortement, si la grossesse peut constituer un danger à la vie ou à la santé de la femme. Le président de l’AMALC plaide pour un élargissement de cette définition, notamment en prévoyant la possibilité de mettre fin à une grossesse non désirée, si elle risque de porter atteinte à «la santé physique, psychique ou sociale de la femme». Cela évitera de «rentrer dans des considérations religieuses, dans la mesure où il s’agit de protéger la santé d’un être humain», a-t-il expliqué.

    Complications

    Au-delà des cas prévus par la réforme de la loi interdisant l’avortement, les associations appellent à prendre aussi en considération les cas de grossesses non désirées, issues de relations sexuelles consentantes. Ces femmes constituent l’essentiel de la population ayant recours à l’avortement clandestin. Les conséquences sont graves, selon les données présentées par les ONG. La suspension de grossesses non désirées de façon clandestine, dans des conditions peu hygiéniques, se solde souvent par des drames. Selon Asmaa El Mehdi, qui se réfère à une étude récente, 13% des décès maternels sont liés à l’avortement clandestin. Ce sont les femmes âgées de 20 à 29 ans qui ont le plus recours à ces opérations. Résultat: 46% des décès liés à l’avortement concernent des femmes de moins de 24 ans, généralement issues de familles défavorisées et de quartiers périphériques.

     

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