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    Evénement

    SAMIR : Il y a 13 ans, l’interview choc de Serfaty

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4754 Le 19/04/2016 | Partager
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    «Après que Corral ait été désigné adjudicataire, le contrat signé (...) a transgressé les normes techniques de l'appel d'offres...», selon Abraham Serfaty, l’un des pères fondateurs de la Samir en 1959 (Ph. L’Economiste)

    «Nous avons été naïfs dans la privatisation de la Samir». C'est le titre choc d’un entretien mémorable réalisé il  y a 13 ans avec le célèbre opposant et expert en énergie Abraham Serfaty (cf. L’Economiste du 17 juillet 2002).  Ses propos sont d’une actualité brûlante (voir ci-dessous). Exceptionnellement, L’Economiste le republie en partie.
    Feu Serfaty y appuie fermement «l’ouverture du marché pétrolier» et sa mise à niveau normative. Et y dénonce surtout les faux pas d’une opération menée par l’ancien ministre de la Privatisation (Abderrahmane Sâaïdi) et le gouvernement Filali (1995-1997). Accusés «d’avoir failli à (leur) devoir de vigilance».

    - L'Economiste: Quelle est votre réaction à la décision de maintenir le démantèlement des droits douaniers sur les produits pétroliers...?
    - Abraham Serfaty:
    Je me félicite que le gouvernement n'ait pas cédé au chantage de la Samir et qu'il ait maintenu les engagements du Maroc pour avoir une qualité de produits raffinés qui se rapproche des normes internationales. Le Maroc est aux portes de l'Europe, à laquelle il est lié par un accord d'association. Dans un domaine aussi important, il ne peut pas rester au Moyen Age. Il faut que le cahier des charges de l'appel d'offres soit respecté sans attendre.

    - L'échéancier de la normalisation des carburants en Europe était quand même connu?
    - Je suis d'accord... Non seulement il fallait imposer des normes dès le départ, mais il y a un autre problème. D'ailleurs, M. Abderrahmane Sâaïdi, à l'époque ministre ayant piloté la privatisation de la Samir et qui se trouve être aujourd'hui son directeur général, avait le devoir de vigilance... Quand il affirme que d'après la loi, la seule variable qui a prévalu dans l'appel d'offres de la cession de la Samir est le prix d'achat, c'est vrai. Mais c'est vrai dans le cadre d'un cahier des charges commun à tous les soumissionnaires. Le gouvernement a eu raison de déclarer Corral adjudicataire, mais à condition que les normes de l'appel d'offres soient respectées. Le ministre M. Sâaïdi s'est dépêché, contrairement à toute légalité et j'insiste sur le terme légalité, de faire un contrat de réalisation en dessous des exigences de l'appel d'offres lui-même! La privatisation conclue avec Corral ne contient pas les mêmes conditions techniques que celles définies dans l'appel d'offres. Et je sais de quoi je parle. Il devrait y avoir une enquête judiciaire là-dessus. C'est un minimum.

    - Mais c'est tout le gouvernement auquel appartenait M. Sâaïdi qui est responsable…
    - J'en conviens. C'est l'ensemble du gouvernement qui est responsable pour avoir laissé faire le ministre de la Privatisation. C'est grave. Ce qui est certain, c'est que le ministre de la Privatisation à l'époque, M. Abderrahmane Sâaïdi, a failli à son devoir. Avec le recul, j'ai le sentiment qu'on a été au moins naïfs, sinon bien autre chose dans cette opération. Mais enfin, c'est une autre question.o
    Propos recueillis par
    Abashi SHAMAMBA

     

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