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    Analyse

    Aliments composés
    La difficile équation production-besoins

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4748 Le 11/04/2016 | Partager
    Plus des deux tiers sont destinés à l’élevage avicole
    Déficit de 7 millions de tonnes pour le bétail
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    En 2013, la production globale d’aliments composés était estimée à 3,75 millions de tonnes dont 2,75 millions pour la volaille et seulement 1 million de  tonnes pour les ruminants. La situation n’a pas changé, mais les besoins du bétail ont fortement augmenté. Ils sont évalués actuellement à 8 millions de tonnes/an

    Le retard des pluies n’a pas seulement affecté la prochaine récolte céréalière, il a aussi mis à nu le décalage entre la production et les besoins en alimentation de bétail. Surtout celle dite composée. Ce produit qui apporte à l’animal les nutriments nécessaires à la production des viandes et du lait.
    Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production d’aliments composés est estimée à 3,75 millions de tonnes, dont 2,75 millions pour la volaille et seulement 1 million de tonnes pour les ruminants (bovins, ovins et caprins). Les besoins du bétail étant évalués à 8 millions de tonnes.
    Comment expliquer ce décalage? Les deux contrats-programmes de la filière des viandes rouges n’ont-ils pas intégré cette composante? Des actions de développement ont été lancées dans le cadre du plan Maroc Vert ciblant aussi bien l’élevage avicole que celui des viandes rouges, mais visiblement l’investissement n’a pas suivi. De gros éleveurs ont toutefois développé des solutions propres, nuancent des professionnels.
    Les mesures introduites ont visé tout particulièrement la réduction des coûts des intrants à travers l’application du taux réduit de 2,5% à l’import des matières premières. S’ajoute aussi l’harmonisation des taxes à l’achat et à la vente des aliments composés. C’était dans l’objectif de faire face au butoir de TVA qui s’accumulait au fil des années. Or, parmi les freins à l’investissement, les industriels évoquent justement l’impact de ce butoir sur leur trésorerie, qui, en 2013, avait frôlé le milliard de DH. Son apurement définitif nécessite quand même plusieurs années pour les gros faiseurs.
    Autre contrainte, le caractère aléatoire du marché d’aliments destinés au bétail. L’écrasante majorité des éleveurs ont peu recours aux aliments composés produits de manière industrielle. Ils préfèrent procéder eux-mêmes aux mélanges des diverses composantes (orge, maïs, son, bersim, paille…). Et l’essentiel de l’alimentation est fourni par les parcours et les cultures fourragères.
     Face à cette situation, la majorité des industriels concentrent leur production sur l’alimentation destinée à l’aviculture.
    Or, la dynamique qui caractérise le développement du bétail devrait normalement drainer de nouveaux investissements vers la branche.
    Selon les données du ministère de l’Agriculture, entre 2010 et 2014, l’effectif du cheptel a augmenté de près de 3,4 millions de têtes à 28,6 millions. Par espèces, la hausse est répartie entre 2 millions de têtes d’ovins, 860.000 d’ovins et 450.000 têtes de caprins. Le besoin moyen annuel du bétail varie de façon considérable en fonction de l’espèce, la race et l’âge. A titre d’exemple, les bovins de race améliorée ont un besoin variant entre 2.000 et 3.000 unités fourragères par an. Ce qui explique les rendements élevés qu’ils assurent en termes de production laitière. A l’opposé, les vaches de race locale sont peu exigeantes. Leurs besoins en nutriments se situent à moins de 1.000 unités fourragères par an.
    Les disponibilités alimentaires pour le cheptel sont essentiellement basées sur les apports des cultures fourragères, des sous-produits des céréales (chaume et paille), de l’orge et des pulpes de la betterave à sucre. La contribution de chacune des ressources alimentaires varie d’une année à l’autre. Mais de manière générale, la production annuelle s’établit entre 10 et 18 milliards d’unités fourragères. Pour les ruminants, un déficit de 30% est constaté sur les cinq dernières années.

    40 usines, 3,7 millions de tonnes

    L’Industrie des aliments composés est relativement récente. Les premières unités datent des années 1950. Avec l’avènement du secteur avicole au début des années 1970, l’activité a connu un essor remarquable. Actuellement, cette industrie compte 40 unités réparties dans les différentes régions du pays, avec une concentration sur l’axe Kénitra-Casablanca.
    L’essentiel de la fabrication est axé sur les concentrés minéraux vitaminés (CMV) et les composés azotés. Selon l’Association des fabricants d’aliments composés (Afac), la capacité de production installée est estimée à plus de 7 millions de tonnes par an. Mais elle n’est utilisée qu’à hauteur de 50%, soit un volume annuel de 3,7 millions de tonnes. De plus, cet outil industriel reste concentré sur l’alimentation pour volaille. Ce qui est logique dans la mesure où la profession fait partie intégrante de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole.

     

     

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