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    Sidérurgie: Sonasid finalise un deal avec Nareva Holding

    Par Safall FALL | Edition N°:4742 Le 01/04/2016 | Partager
    10 à 15% d’économie par rapport aux tarifs ONEE
    Le contrat démarre en 2018
    ArcelorMittal dépêche Laplace Conseil pour une «thérapie» stratégique
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    Selon Laplace Conseil, Sonasid devrait privilégier une «flexibilité opérationnelle» et ne pas hésiter à importer des billettes, à faibles coûts, pour concurrencer plus efficacement les importations de produits finis (Ph. L’Economiste)

    «La surcapacité chinoise, que l’on évoque souvent, n’est qu’un élément révélateur de l’état de nos industries sidérurgiques». Ce diagnostic de Marcel Genet, fondateur du cabinet Laplace Conseil - une sorte de thérapeute des stratégies mandaté par ArcelorMittal, l’actionnaire de référence de Sonasid, pour expliquer le mal-être actuel du sidérurgiste - met en évidence le surplace structurel de l’industrie locale en termes de modernisation de l’outil de production, de maîtrise de la matière première ainsi que des coûts de production. Sur ces deux derniers volets, justement, des avancées majeures ont été annoncées hier, jeudi 31 mars, par Sonasid, en marge d’un séminaire d’information destiné aux analystes et aux médias. En négociation depuis plusieurs mois, l’industriel vient en effet de finaliser un gros contrat de fourniture d’électricité de source éolienne avec Nareva Holding, filiale SNI spécialisée dans la production privée d’énergie à partir de sources renouvelables. «Le contrat d’engagement vient d’être signé, pour une entrée en vigueur prévue à partir de 2018. Nous bénéficierons de 10 à 15% d’économie par rapport aux tarifs actuels du réseau ONEE. Ce qui est assez substantiel», explique Mohamed Ali Kabbadj, DG de Sonasid.
     L’industriel est tout aussi proche de concrétiser l’un de ses plus gros projets de développement pour l’approvisionnement en matière première, en l’occurrence la ferraille. Le projet du site de démantèlement de navires, en fin de vie, sur lequel le sidérurgiste devrait co-investir avec un acteur européen de référence, est prêt à être déployé. «Nous n’attendons plus que les autorisations des organismes publics. L’activité devrait démarrer dès la fin de cette année», annonce Mohamed Ali Kabbadj.
     Il porte sur un investissement de 500 millions de DH pour une capacité de 500.000 tonnes de ferraille brute. Ce volume équivaut à plus de la moitié des importations de Sonasid, estimées à 300.000 tonnes. «Ce sera un grand soulagement pour la balance commerciale du pays, mais aussi pour l’entreprise elle-même puisque nous pourrons disposer d’une matière première davantage à portée».
     La rationalisation des coûts et la diversification des sources d’approvisionnement de ferrailles figurent d’ailleurs parmi les recommandations du cabinet français. «Les installations industrielles de Sonasid sont modernes et performantes, mais les prix des facteurs, en particulier la ferraille et l’énergie, restent supérieurs à ceux des grands pays exportateurs », explique Marcel Genet. Pour l’expert, l’objectif à terme, est de renforcer la compétitivité de l’activité.  Il s’agira concrètement, pour l’industriel marocain, de maintenir sa politique de réduction des coûts de transformation. Il faudra ensuite que l’industriel «accélère la réduction de ses stocks de matières premières, de demi-produits et de produits finis pour éviter les pertes de valeurs liées à la fluctuation des cours. Les efforts du sidérurgiste devraient aussi se concentrer sur la distribution du produit fini. Il faudra, sur ce registre, tenir davantage compte des spécificités du marché marocain du rond à béton, un produit phare de Sonasid, constitué à 50% par l’auto-construction. Cela, tout en maintenant des prix relativement bas. «Il convient de ne pas pénaliser les entreprises du BTP par des prix élevés sur le rond à béton, afin de fidéliser la clientèle existante». Le consultant voit d’un bon oeil la reconduction récente de la mesure de sauvegarde sur les importations de ronds à béton et fil machine, affirmant que le Maroc n’est pas le seul pays à y recourir.
     Tout cela devrait d’ailleurs, avec un peu de chance, s’inscrire dans la perspective d’un marché de l’acier qui montre, enfin, quelques soubresauts de reprise. «Il semble que le marché ait atteint son niveau le plus  bas, et se redresse lentement, d’abord par les prix», projette l’expert. Mais rien n’est acquis. La sidérurgie est encore loin d’être tirée d’affaire.

    Résultats 2015 dans le rouge

    Sonasid subit de plein fouet la conjoncture du marché de l’acier, marquée par des exportations chinoises massives, et une surcapacité industrielle sur le marché local. Le sidérurgiste a récemment rendu publics des résultats financiers caractérisés par une baisse de 17% du chiffre d’affaires, qui s’est établi à  3,42 milliards de DH. L’industriel clôture ainsi un second exercice difficile, avec une perte estimée à 62 millions de DH, et un Ebitda en chute de 70% par rapport à 2011. Pour avoir une idée de l’impact du facteur exogène lié aux exportations chinoises, il faut noter qu’actuellement, 12 heures de production  chinoise suffiraient à couvrir la capacité du marché local. La sidérurgie marocaine est 150 fois plus petite que celle de la Chine. Elle ne peut résister aux importations chinoises sans des mesures de sauvegarde appropriées.

     

     

     

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