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Industrie du médicament
Pourquoi Pharma 5 a «osé» l'hépatite C

Par Safall FALL | Edition N°:4740 Le 30/03/2016 | Partager
150 millions de DH investis sur l’hépatite C entre usine et intrants
2.500 SSB-400 écoulées pour 6 millions de DH en 3 mois
200 millions de DH d’investissement sur les 3 prochaines années
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Pour Dr. Abdellah Lahlou-Filali, PDG du groupe Pharma 5, la baisse des prix n’a pas eu l’impact escompté sur les augmentations des volumes. Cette situation s’est produite sur les princeps concernés par la révision des prix. En revanche, elle s’est faite au détriment des génériques qui ont baissé en valeur consommée (Ph. Pharma 5)

Trois mois après le démarrage du protocole hépatique, Abdellah Lahlou-Filali, PDG du groupe Pharma 5, prend pour la première fois la parole sur les circonstances qui ont mené au positionnement sur ce créneau, les appuis réels ou supposés de l’Etat, ainsi que sur le potentiel à moyen et long terme du segment. Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 950 millions de DH, en hausse de 6%, et emploie 1.200 personnes sur 20.000 m2 dans la zone industrielle d’Ouled Saleh. Interview.
 
- L’Economiste: Pourriez-vous revenir sur les circonstances qui ont mené au développement de ces traitements?
- Dr. Abdellah Lahlou-Filali:
Nous avons des ressources et des capacités de développement galénique qui ont fait notre leadership. Tout a commencé avec la demande du ministre de la Santé. Suite aux réactions d’indignation mondiale concernant le prix du Sofosbuvir, le laboratoire américain a permis à des pays en Afrique de disposer d’un générique indien à un prix abordable. Le Maroc était exclu de cette liste.
Pour rappel, le coût du traitement est de 80.000 dollars aux Etats-Unis et 40.000 euros en France. Le ministère a saisi le laboratoire américain par écrit, et par d’autres moyens de communication plus directs, sans aucune suite. Peut-être que ce laboratoire a estimé que le citoyen marocain avait la possibilité de s’offrir ce traitement. Ce qui est faux. Il y avait peut-être aussi d’autres intérêts.
Par la suite, les services du ministère nous ont sollicités pour nous demander si nous étions en mesure de développer un médicament générique de cette molécule.

- Mais «pourquoi vous» et pas d’autres laboratoires?
- Parce que nous avons une spécificité, celle de développer en interne nos propres génériques. Nous disposons d’un département R&D galénique très étoffé. La plupart de nos confrères fabriquent des génériques sous licence, ou achètent des dossiers d’AMM prêts à l’emploi. Nous fabriquons sous licence un seul produit sur nos 500 disponibles sur le marché. Nous n’avons jamais acheté de dossiers d’AMM. C’est la raison pour laquelle on s’est adressé à nous. Nous n’avons pas répondu tout de suite. Il fallait d’abord voir s’il n’y avait pas de brevet qui protégeait le princeps au Maroc. Nous avons mis deux à trois mois pour nous assurer de cela. Puis sept à huit mois pour obtenir un générique à la formule identique avec la même efficacité et sécurité. Cette période sera certainement plus courte pour les laboratoires qui se lanceront après nous sur ce segment parce que tout le travail de développement a déjà été abattu et est maintenant disponible. L’histoire est résumée, nous avons eu beaucoup de mal à sortir ces médicaments.
 
- Où résident les difficultés rencontrées?
- En termes d’exigences techniques, de compétences et d’accès à la matière première. Nous l’avons payée très cher, avec une certification américaine FDA. Nous craignions qu’on coupe cet approvisionnement, alors nous en avons stocké une bonne quantité.
 
- Le laboratoire américain a-t-il réagi?
 - Ce laboratoire cherche à introduire sur le marché des traitements alternatifs un peu similaires, mais pas d’attaque ou de recours directs. Nous avions pris toutes les précautions. Ils ont un traitement en association qui va être très peu utilisé dans les marchés occidentaux du fait des résistances virales qui se sont développées. L’association idéale pour les génotypes présents au Maroc est l’association SSB-400 et Dakasvir, que nous proposons.
Nos résultats sont très probants: les malades qui ont été traités à ce jour, dont la plupart étaient en échec des traitements classiques, sont aujourd’hui guéris dans la quasi-totalité des cas. Ce qui témoigne de la qualité et de l’efficacité de nos produits.

 - Le ministère s’est-il impliqué dans le développement?
- Nous avons eu un soutien moral, mais aucune aide financière ou matérielle…
 - C’est aussi le rôle du ministère…?
- Oui bien sûr… Mais nous y sommes tout de même allés seuls avec nos propres ressources humaines et financières. Nous nous sommes dit que cela valait le coup pour notre pays. Par ailleurs, le coût du dépistage reste encore élevé. La vraie problématique aujourd’hui est d’identifier les personnes atteintes et tout le monde a un rôle à jouer. Seuls 3.000 à 4.000 patients sont identifiés à ce jour et sont sous traitement, alors que les experts estiment qu’il y aurait environ  650.000 malades au Maroc.

- C’est sur ce segment que l’Etat pourrait  intervenir, indirectement…
- Absolument, et je pense que des choses sont  déjà en préparation dans ce sens. Seulement, d’ici-là, on se retrouvera avec 4 ou 5 autres concurrents sur le marché. Mais bon, je ne me plains pas. Je constate une situation et j’espère que les règles seront les mêmes pour tout le monde.
Nous avons mis en place une expertise R&D en interne pour un souci d’indépendance nationale stratégique. Mais si l’on veut que les laboratoires investissent dans la recherche et développement, il faudra qu’ils soient appuyés.
Propos recueillis par
Safall FALL

 

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