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    Economie

    La céréaliculture se structure… mais

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4736 Le 24/03/2016 | Partager
    Les objectifs de la réforme de la filière revus à la hausse
    Le volume à sécuriser passe à 88 millions de quintaux en 2020
    Et les superficies à 5,1 millions d’hectares
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    Sur quinze années, la production moyenne des céréales a augmenté du tiers passant de 58,4 millions de quintaux en l’an 2000 à  80 millions en 2014. Ce qui représente une production additionnelle de 22 millions de quintaux. Ce volume a profité pour plus de moitié au blé tendre qui reste la céréale la plus consommée au Maroc

    La céréaliculture se structure. Mais reste trop dépendante de l’aléa climatique. La filière exerce une forte sensibilité à la fois politique, économique et sociale. A tel point que la production des céréales conditionne la croissance. Cette année, elle devrait s’établir à 1% du PIB selon les dernières prévisions de la banque centrale et à moins de 1,3% d’après le HCP et le Centre marocain de conjoncture. Quant au gouvernement, il maintient sa prévision autour de 3%, mais qui peut-être revue à la baisse vers début mai. C’est dire le poids socio-économique de la filière. Un poids mesurable par l’importance des superficies emblavées, la contribution à la production intérieure brute agricole (PIBA), la création d’emplois et par l’utilisation des capacités de transformation industrielle. Sur la période 2009-2015, la céréaliculture a occupé une superficie moyenne de 5 millions d’hectares, a assuré en moyenne une production de 79 millions de quintaux et a contribué entre 10 et 20% au PIBA. Ces données relevées par la dernière livraison du ministère de l’Agriculture dévoilent les difficultés rencontrées en ce qui concerne la réforme de la filière.
    Le  plan Maroc Vert (PMV) prévoyait de sécuriser une production céréalière de 70 millions de quintaux à travers une superficie réduite à 4,2 millions d’hectares, assortie de l’émergence d’un pôle productiviste en irrigué. «Ces objectifs viennent d’être revus à la hausse», annonce l’étude du ministère de l’Agriculture. En particulier pour ce qui est des superficies. Elles sont passées ainsi à 5,1 millions d’hectares et la production à sécuriser s’établirait à 88 millions de quintaux à l’horizon 2020. Fait marquant. Bien que l’étude soit datée de février 2016, elle ne souffle pas mot du déroulement de l’actuelle campagne. Par contre, elle détaille la production record de la saison précédente et consacre un large benchmark international avec un zoom sur les zones aux conditions climatiques similaires au Maroc (région de Perth en Australie et l’Etat de Californie aux Etats-Unis).
    Sur la période 2000-2015, la superficie moyenne emblavée par les trois principales céréales (blé dur, blé tendre, orge) a varié entre  4,5 et 5,3 millions d’hectares. Ces céréales sont pratiquées dans les différentes zones agro-climatiques du pays en assolement avec d’autres cultures annuelles comme les légumineuses, les plantes sucrières et les fourrages.
    Par espèce, l’occupation des sols a augmenté de 220.000 ha en faveur du blé tendre entre la période 2000-2007 et 2008-2015. C’est probablement l’effet de la garantie du prix de vente. Alors que les superficies dédiées au blé dur et à l’orge ont respectivement reculé de 189.000 pour l’orge et 66.000 ha pour le blé dur. En revanche, le mode de conduite de ces cultures n’a pas connu de changement majeur. Les céréales sont toujours cultivées dans les zones bour à hauteur de 90%. Avec une légère tendance à la baisse de l’irrigué. Sur les 7 dernières années, une réduction de 53.000 ha ayant été constatée.
    Sur la même période, les rendements des céréales ont augmenté d’une manière significative. Celui du blé dur est passé de 13 quintaux/ha (moyenne 2000-2007) à 17,7 quintaux (moyenne 2008-2015), alors que le blé tendre a gagné presque 5 quintaux à l’hectare et l’orge 4,2 quintaux. Ces performances s’expliquent par «l’utilisation rationnelle des intrants, notamment les semences sélectionnées, les engrais et la mécanisation des travaux», note l’étude du ministère.

    Ecrasement: 50% import, 50% blé local 

    La transformation des céréales est assurée par 164 minoteries industrielles. Elles totalisent une capacité d’écrasement de 11 millions de tonnes dont 87%  dédiées au blé tendre. Le reste est réparti entre le blé dur (10%) et l’orge (3%). Ces unités sont localisées dans les régions de Casablanca-Settat et Fès-Meknès. Une telle concentration limite en partie la capacité d’utilisation qui avoisine 54%.   
     Sur les quinze dernières années, les moulins industriels ont écrasé, en moyenne, près de 38,7 millions de quintaux de blé tendre et 8 millions de quintaux de blé dur. La part du blé tendre local a représenté 42% du volume de la même céréale. Le reste provient des importations. Depuis les années 2000, la structure de l’origine des blés écrasés n’a pratiquement pas changé: moitié import, moitié production locale.

     

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