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Cardiologie: «Nous avons les mêmes pathologies qu’en Europe»

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4735 Le 23/03/2016 | Partager
A l’origine, le diabète, l’hypertension, le cholestérol, le stress et bien sûr le tabac
Lutter contre ces facteurs passe forcément par l’éducation sanitaire des populations
Le Pr El Yahiaoui détaille les développements scientifiques et technologiques
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Le docteur Youssef El Yahiaoui est spécialiste des maladies du coeur et des vaisseaux à la Faculté de médecine de Paris. Il oeuvre depuis 20 ans au sein de l’Association des cardiologues de Marrakech, et préside le Printemps de cardiologie, qui vient de clôturer sa 10è édition (Ph. Mokhtari)

- L’Economiste: Où en est la cardiologie au Maroc?
- Youssef El Yahiaoui: La cardiologie est certainement la spécialité qui a bénéficié le plus des développements scientifiques et technologiques au niveau international. Le cardiologue marocain suit bien sûr cette évolution et aujourd’hui, nous n’avons rien à envier à ce qui se passe ailleurs. Le plus important dans la prise en charge est l’élément humain, c’est-à-dire le médecin. L’élément matériel est bien sûr indispensable et se développe, mais quand il y a une volonté du cardiologue pour optimiser la prise en charge de ses patients, c’est l’essentiel. Vous savez, il y a encore 10 ans, il n’y avait à Marrakech aucune salle de cathétérisme. Lorsque nous recevions un malade en urgence, nous étions désarmés. Maintenant, nous avons 6 salles de cathétérisme, dont 1 au CHU et les 5 autres dans le privé. Une avancée essentielle car il s’agit d’une technologie qui nous permet de voir directement les artères coronaires et d’intervenir, en cas d’infarctus, le plus tôt possible pour les déboucher. Un acte vital pour le patient.

- Le public sait-il où aller en cas d’urgence?
- Nous manquons en effet cruellement d’éducation sanitaire au niveau de la population. Nos concitoyens ne sont pas suffisamment informés de certaines situations qui constituent l’urgence. Le malade doit connaître les signes d’alerte, l’urgence de l’intervention et surtout savoir où aller. Le plus souvent, les gens se rendent chez leur généraliste. C’est alors à lui de les orienter vers le cardiologue qui pourra les prendre en charge correctement et entièrement. Cette éducation est vraiment le volet qui demande le plus d’efforts à fournir encore. Tout comme la généralisation de la couverture sociale et une meilleure synergie entre tous les services comme avec celui des urgences.

- Qu’est-ce qui explique l’augmentation des maladies cardiovasculaires?
- Il y a quelques années, la prévalence des maladies cardiaques au Maroc se limitait presque à la valvulopathie, c’est-à-dire la maladie des valves. En rapport avec le rhumatisme articulaire, les angines mal soignées ou des conditions socio-économiques peu favorables. Aujourd’hui, le type des maladies cardiovasculaires a changé. Nous sommes confrontés aux mêmes pathologies que nous voyons en Europe, les maladies artérielles ou plus simplement les artères bouchées. Le développement de cette maladie est en rapport avec le développement des facteurs de risques comme le diabète, l’hypertension, le cholestérol, le stress et bien sûr le tabac. Lutter contre ces facteurs passe forcément par l’éducation sanitaire des populations. Nous parlons là du volet essentiel de la prévention.
- Comment a évolué en 10 ans le Printemps de cardiologie?
- L’Association des cardiologues de Marrakech, qui organise le Printemps de cardiologie, a été fondée il y a 20 ans avec comme objectif de réunir chaque mois les cardiologues de Marrakech, qui n’étaient pas nombreux à l’époque, autour d’échanges d’expériences et pour débattre des cas cliniques que nous rencontrions. Dix ans plus tard, nous voulions passer à la vitesse supérieure en organisant ce congrès. Si la 1ère édition du Printemps était modeste avec une dizaine de participants seulement, le congrès est aujourd’hui mature et rassemble près de 700 cardiologues, qui viennent de toutes les villes du Maroc, d’Afrique et des orateurs européens, français pour la plupart.
Propos recueillis par
Stéphanie JACOB

 

 

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