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Bourses
Les places du Moyen-Orient reprennent leur souffle

Par Franck FAGNON | Edition N°:4732 Le 18/03/2016 | Partager
Les investisseurs saluent notamment la résilience des entreprises
Mais le pétrole bas et les conflits dans la région constituent des menaces
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Sebastien Henin, responsable de la gestion chez The National Investor à Abu Dhabi: «La résilience des modèles économiques de la grande majorité des entreprises dans un environnement économique difficile a été appréciée par les investisseurs» (Ph. SH)

Après un début d’année mouvementé, les Bourses du Moyen-Orient reprennent leur souffle même si l’indice S&P Pan Arab affiche encore une baisse annuelle de 6%. Le pétrole bas et les tensions géopolitiques constituent cependant de réelles menaces pour les économies de la région. Sebastien Henin, responsable de la gestion chez The National Investor à Abu Dhabi, décrypte la situation sur les marchés financiers de la zone.   

- L’Economiste: Les indices du Moyen-Orient se sont un peu ressaisis après les fortes baisses du début d’année. A quoi cela tient-il?
- Sebastien Henin:
Nous avons assisté à un début d’année très chahuté sur les Bourses arabes à l’instar des autres places émergentes. Certains indices ont abandonné près de 20% en 3 semaines. Malgré un rebond recent, l’indice S&P Pan Arab cède encore 6% depuis le début de l’année. Les interrogations sur la croissance chinoise et la chute de la Bourse de Shanghai n’ont pas été les seuls facteurs déclencheurs. L’effondrement des prix du pétrole qui ont atteint un niveau inconnu depuis 2004 et un regain brutal des tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran ont aussi largement contribué à la chute des marchés. La reprise des marchés a été alimentée par des facteurs externes avec un rebond des marchés actions internationaux et des prix du pétrole, mais aussi par des facteurs internes avec la publication par les entreprises cotées de leurs résultats financiers au titre de l’exercice 2015.
La résilience des modèles économiques de la grande majorité de ces entreprises dans un environnement économique difficile a été appréciée par les investisseurs. Ces derniers ont été sélectifs en revenant sur le marché. Ils ont privilégié les pays qui offraient les profils économiques les plus diversifiés et les fondamentaux les plus solides. Ainsi, les Bourses de Dubaï et Doha ont rebondi respectivement de 26 et 21% par rapport à leurs plus bas de janvier.

- Comment les investisseurs réagissent-ils aux tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran?
- La rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en janvier n’est clairement pas un signal positif envoyé à la communauté financière. Jamais, depuis les années 80, les relations n’ont été aussi mauvaises entre les deux Etats. Les investisseurs domestiques et étrangers sont aujourd’hui dans l’expectative et observent de très près les développements en cours. Cette situation contraste avec les perspectives économiques iraniennes après l’implémentation de l’accord nucléaire et la levée des sanctions économiques. L’ouverture de l’économie iranienne représente une opportunité unique pour les multinationales d’accéder au dernier marché vierge de la planète. Le potentiel est comparable à celui de l’Allemagne de l’Est après la chute du mur de Berlin en 1989.    

- Quels risques voyez-vous pour les marchés de la région à court terme?
- Les principaux risques sont économiques et géopolitiques. Le premier est lié à un maintien des prix du pétrole à de faibles niveaux qui provoquera inévitablement une réduction significative de la dépense publique. Jusqu’à present, les différents pays producteurs de la région ont préféré laisser filer leurs déficits plutôt que d’équilibrer leurs budgets. Par exemple, l’Arabie saoudite, la plus grande économie régionale, a enregistré un déficit budgétaire de 98 milliards de dollars, représentant 16% de son PIB en 2015.
Ces pays ont toutefois les moyens de retarder des coupes budgétaires grâce aux importants surplus fiscaux engrangés depuis plus d’une décennie et d’une capacité d’endettement intacte. Ce délai s’explique par le souhait de ne pas provoquer de mécontentements sociaux, mais aussi par la nécessité de poursuivre les investissements dans les infrastructures eu égard à une forte pression démographique. Le second risque est géopolitique. Nous avons une multitude de conflits armés dans la région pour lesquels un dénouement proche n’est pas envisagé. Même si la région est accoutumée aux conflits, la persistance de nombreux fronts peut constituer une menace potentielle pour les pays du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) en cas d’escalade. De plus, le retour progressif de l’Iran sur la scène internationale après 37 ans d’isolement et son repositionnement à l’échelle régionale sont aussi un sujet d’inquiétude.

- Quel bilan tirez-vous de l’ouverture du marché saoudien aux investisseurs étrangers?
- La Bourse de Riyad a été ouverte en juin dernier aux investissements directs étrangers. C’était, avec la Bourse chinoise, la dernière grande place financière à être fermée aux investisseurs étrangers. Le bilan de cette ouverture est très mitigé, les flux étrangers ont totalisé moins de 200 million de dollars. Au moment de l’ouverture, les niveaux de valorisation sur le marché étaient très élevés par rapport aux autres places émergentes. De plus, les investisseurs étrangers ne connaissaient pas l’économie et la Bourse saoudiennes, ils devaient donc se familiariser avec ce nouvel environnement. Enfin, la chute des prix du pétrole qui a suivi la signature à Vienne l’été dernier de l’accord nucléaire entre le groupe P5+1 et l’Iran n’a pas encouragé les investisseurs à se positionner. L’intérêt pour la Bourse de Riyad viendra lorsqu’elle sera incluse dans les différents indices actions des marchés émergents. Cette inclusion, qui devrait avoir lieu en 2017 ou 2018, marquera la véritable reconnaissance de la Bourse saoudienne à l’échelle internationale. Son poids dans le MSCI Marchés Emergents, l’indice le plus largement utilisé par les gérants couvrant cette classe d’actifs, sera proche de 5%, compris entre celui de la Russie et du Brésil. Les flux d’investissement pourraient dès lors atteindre 20 milliards de dollars.
Propos recueillis par Franck FAGNON

 

 

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