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    Analyse

    Maroc-Russie: Les échanges agricoles mieux encadrés

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4731 Le 17/03/2016 | Partager
    Le quota de pêche passe à 140.000 tonnes
    Fruits et légumes contre céréales
    Le contrôle phytosanitaire reconnu par la partie russe
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    Bien que la croissance soit  négative et l’inflation à deux chiffres, l’économie russe présente encore des points forts. La baisse des recettes pétrolières n’a pas trop impacté le compte courant. Les réserves de change sont jugées considérables par Coface. Et l’endettement se situe juste à un peu plus de 20% du PIB

    Tournant décisif pour les relations maroco-russes. Energie, tourisme, investissements, pêche, assistance technique, formation et échanges commerciaux sont désormais encadrés par des conventions. Des accords négociés de longue date, mais qui tardaient à être paraphés. Et au-delà, c’est le partenariat stratégique qui se renforce dans les domaines (voir l’édition du mercredi 16 mars). La déclaration commune publiée à l’occasion de la visite royale en Russie donne d’emblée le ton. Une véritable feuille de route pour les divers intervenants publics et privés. «Les deux pays entendent augmenter le niveau de leur coopération pratique en matière d'économie, de commerce et d'investissements», est-il souligné. L’objectif est de rééquilibrer les échanges. Pour le Maroc, le déficit croissant de sa balance commerciale avec la Russie préoccupe à plus d’un titre. Il a culminé à plus de 16 milliards de DH en 2014 pour des échanges globaux de l’ordre de 18 milliards. Or, les exportations marocaines sur le marché russe restent dominées par les fruits, légumes et produits de la pêche. Le pays ayant, en effet, misé sur le potentiel du marché russe. Ce dernier importe annuellement près de 8 millions de tonnes de fruits et légumes. Un marché qui s’est distingué par une croissance de 7% par an sur la dernière décennie.

    En revanche, l’export marocain d’agrumes et tomates s’est érodé sur les trois dernières années. Inflation à deux chiffres, perte de la valeur de la monnaie russe, mais aussi des barrières non tarifaires. Pour les professionnels, ces contraintes tiennent au refus de dédouanement des marchandises sous le régime préférentiel (droits ad valorem de 4,59% pour les agrumes et 16,62% pour les tomates), au dépôt de cautions exorbitantes et difficilement récupérables. Sans oublier des attentes pénalisantes des navires en coûts de surestaries et détérioration de la qualité des produits. Par ailleurs, la douane russe ne reconnaît pas le système de contrôle marocain à l’export. Avec le nouvel accord, signé mardi dernier à Moscou, la situation devrait changer. Ceci concerne les produits agricoles frais et les céréales. En vertu de cet accord, «chaque lot exporté doit être accompagné d'un certificat sanitaire ou phytosanitaire délivré par l'autorité compétente de la partie exportatrice certifiant que la marchandise est conforme aux exigences de la partie importatrice».

    Le cadre est tracé par la déclaration finale: «Une attention particulière sera portée à l'encouragement des exportations des fruits et légumes marocains vers la Russie, ainsi que des exportations de céréales russes vers le Maroc». A cet effet, les procédures douanières seront simplifiées à travers la mise en place d' «un corridor vert». Est-ce le retour à l’accord de clearing qui portait, durant les années 1970 et 1980, sur l’échange d’agrumes contre les céréales? Pour le moment, aucune indication ne permet de s’en fixer. Ce qui est sûr, c’est que la partie russe a amélioré de manière substantielle ses gains dans le secteur primaire, tout particulièrement dans la pêche. L’accord signé prévoit l’augmentation du quota russe dans les eaux territoriales de 40% après avoir baissé de moitié dans le cadre de la précédente convention conclue en 2011. Ce quota passe ainsi à 140.000 tonnes au lieu de 100.000 tonnes (voir encadré). Là aussi, rien n’a filtré quant au montant de la compensation financière.

    Pêche: Accès aux petits pélagiques autorisé

    L’accord de pêche, signé mardi 15 mars entre le Maroc et la Fédération de Russie,   établit les principes de coopération en ce qui concerne l'exploitation des ressources halieutiques dans la zone exclusive marocaine. Il prévoit la sauvegarde de ces ressources via la recherche scientifique et leur valorisation.
    En vertu de cet accord, la partie marocaine accorde aux navires russes des possibilités de pêche des petits pélagiques (sardines, anchois, maquereaux) selon un cahier des charges bien défini.
    La partie marocaine fixe pour chaque année la composition de la totalité des captures par groupe d'espèces, les zones de pêche, les prix de référence, ainsi que le nombre et le type de navires russes autorisés à opérer dans la zone de pêche atlantique du Maroc. La partie russe s'engage à accueillir à bord des navires russes des observateurs scientifiques marocains et à employer des marins marocains. Une commission mixte sera créée en vue de superviser l'exécution de l’accord. Elle se réunit une fois par an, alternativement au Maroc et en Russie.

     

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