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Chronique

Le comportement inacceptable de Ban Ki-moon

Par Jawad KERDOUDI | Edition N°:4730 Le 16/03/2016 | Partager

Jawad Kerdoudi est président de l’IMRI (Institut marocain des relations internationales) (Ph. JK)

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon lors de sa dernière visite en Afrique du Nord a visité les camps de Tindouf et Alger les 5 et 6 mars 2016. Le comportement de Ban Ki-moon pendant cette tournée est inacceptable et contraire à la neutralité qui doit présider à l’action du premier responsable de l’Organisation des Nations unies. Il est également contraire aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont toujours prôné «une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable». 

Le premier dérapage de la tournée de Ban Ki-moon a été la visite le 5 mars dernier de Bir Lahlou, «capitale provisoire de la RASD» localité marocaine qui se trouve au-delà du mur de défense érigé en 1980. En tant que secrétaire général, Ban Ki-moon ne peut visiter officiellement que les Etats reconnus par l’ONU. Le second dérapage de Ban Ki-moon a eu lieu lorsque reçu par Mohamed Abdelaziz à Raiboni dans les camps de Tindouf, il a déclaré «notre objectif est d’organiser un référendum pour permettre au peuple sahraoui de décider de son avenir». Or si le Maroc a donné son accord en 1981 pour l’organisation d’un référendum, ce dernier est impraticable du fait de l’impossibilité de définir le corps électoral. Ce qui fait que le Conseil de sécurité ne fait plus référence au référendum dans ses résolutions depuis de nombreuses années. Plus grave encore est la conférence de presse de Ban Ki-moon à Alger le 6 mars, où il a qualifié la présence marocaine au Sahara «d’occupation», terme qui n’a jamais été utilisé par les résolutions du Conseil de sécurité. Durant toute sa visite en Algérie, Ban Ki-moon n’a fait aucune mention du Plan d’autonomie pour le Sahara proposé par le Maroc en 2007, et pourtant qualifié par le Conseil de sécurité de «sérieux et crédible». Il n’a pas non plus exigé le recensement de la population vivant dans les camps de Tindouf, réclamé par le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU. Il n’a pas mentionné le détournement de l’aide accordée par les instances internationales aux camps de Tindouf et qui ont fait l’objet d’un rapport accablant de l’Office européen de lutte antifraude. Enfin par couronner le tout, il a fait le signe de V de la victoire lorsqu’il a atterri à l’aéroport Houari Boumediene d’Alger. 

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Des milliers de personnes, venues de différentes régions du Maroc, ont répondu le 13 mars dernier à l’appel des partis politiques, syndicats et ONG pour une marche à Rabat contre Ban Ki-moon 

On ne peut que condamner ce comportement du secrétaire général de l’ONU qui s’est positionné totalement en faveur des thèses de l’Algérie et du Polisario. Certes, la conduite partiale de son envoyé spécial pour le Sahara, Christopher Ross, ancien ambassadeur des Etats-Unis à Alger, a entraîné le retrait en 2012 de la confiance du Maroc à ce diplomate. Certes en 2014, Ban Ki-moon avait tenté d’élargir le mandat de la Minurso au contrôle des droits de l’homme dans les provinces sahariennes. Mais jamais auparavant Ban Ki-moon n’avait pris autant gain de cause pour les adversaires de notre intégrité territoriale. La réaction du gouvernement marocain ne s’est pas fait attendre, qui a qualifié les propos de Ban Ki-moon en Algérie «d’inappropriés politiquement, inédits dans les annales de ses prédécesseurs, et contraires aux résolutions du Conseil de sécurité». De son côté, le Parlement marocain, les partis politiques et la société civile dans une manifestation monstre à Rabat le 13 mars, ont unanimement condamné le comportement de Ban Ki-moon, et ont montré l’attachement du peuple marocain à la cause de son Sahara. La France dès le 9 mars a apporté son soutien par la voix de son ministère des Affaires étrangères au Plan d’autonomie marocain. 
Ce comportement de Ban Ki-moon n’affaiblit pas la position marocaine. D’une part, le secrétaire général de l’ONU n’a pas de pouvoir de décision qui appartient au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce dernier comprend cinq pays qui ont un droit de véto: Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine. Il suffit que l’un de ces pays use de son droit de véto, pour qu’une résolution du Conseil de sécurité ne soit pas adoptée. Il appartient à notre diplomatie de se mobiliser auprès de tous les membres du Conseil de sécurité et en particulier vis-à-vis des cinq membres permanents en vue de la réunion de ce conseil qui doit examiner la question du Sahara en avril prochain. 

Discrédit

Paradoxalement, le comportement du secrétaire général est favorable à la position du Maroc, car il s’est discrédité en tant que médiateur en prenant gain de cause pour une partie au conflit. De plus, vu la situation sécuritaire actuelle en Afrique du Nord, marquée par la montée du terrorisme, le chaos en Libye, le trafic en tous genres dans la région du Sahel, il n’y a aucune place pour l’instauration d’un nouvel Etat dans la région. Ceci alors que le Plan d’autonomie présenté par le Maroc est un facteur de stabilité en Afrique du Nord.

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