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“Tout le monde produit les richesses, on doit donc tous en profiter!”

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4729 Le 15/03/2016 | Partager
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Chafik Bentaleb est le président du comité d’organisation de ces 2es Rencontres internationales des sciences de management, qui vont se tenir à Marrakech les 14 et 15 avril prochain (Ph. C.B.)

A la tête du comité d’organisation des RISM, Chafik Bentaleb souhaite engager de réelles recherches scientifiques sur la question du management et des économies émergentes. Poser les bases d’un choix crucial qui oscille entre universalisme et contextualisation. L’événement s’appuyant sur des communications de haut niveau et le témoignage autour de tables rondes de chercheurs confirmés. Pour lui, la transposition à l’identique ne marche pas. Les pratiques peuvent se transmettre d’un pays à l’autre, à condition qu’il y ait un effort de contextualisation. Entretien.

- L’Economiste: Au Maroc, quels sont les secteurs qui font figure de bons et mauvais élèves dans le management?
- Chafik Bentaleb:
Partout dans le monde, pas seulement au Maroc, le secteur de l’hôtellerie est le mauvais élève en termes de pratiques managériales. Il y a non seulement beaucoup de mobilité et de turn over et peu ou pas de pratiques innovantes en RH. C’est un secteur à part. A l’inverse, notre pays peut s’appuyer en premier lieu sur le secteur industriel, et certains secteurs de services comme les banques, les assurances ou les télécoms, qui ont des pratiques managériales élaborées et formalisées. Car, justement, le premier défi au Maroc est de formaliser ses pratiques. Nous sommes issus d’une culture orale, et sommes plus à l’aise pour parler des politiques que de retranscrire à l’écrit nos prévisions.

- Ces structures pionnières en termes de management pourraient-elles jouer le rôle de moteur pour l’ensemble des secteurs?
- Tout dépend de quel management on parle. Concernant la gestion des ressources humaines, la GRH, une récente étude comparative entre les pays du nord et du sud de la Méditerranée montre que le Maroc est très bien classé. Mais avec une caractéristique qui nous est propre, la GRH est exclusivement élaborée pour les cadres. Nous manageons bien nos cadres dans le Royaume, mais malheureusement les mêmes pratiques ne sont pas déclinées aux autres niveaux. La rareté des profils pointus pour les cadres peut expliquer ce constat. L’entreprise est obligée de chercher à les séduire pour les attirer, et de les satisfaire pour les conserver. Sans politique de fidélisation, c’est la guerre des talents avec le risque de perdre ses meilleurs salariés. La politique de GRH se développe donc bien pour ces populations. Par contre, pour la population des non-cadres, nous avons une armée de réserves de chômeurs. Cette fameuse loi de l’offre et de la demande. Alors si nous perdons un profil, nous en avons beaucoup d’autres qui attendent.

- Pourtant, chercher à les fidéliser eux aussi boosterait la qualité de l’entreprise, non?
- Tout à fait! Nous avons un besoin énorme en cadres intermédiaires qualifiés. Nous voudrions, par cet événement, attirer l’attention sur ces défis qui attendent le Maroc en matière de management, en relation avec les grands projets structurants de l’industrie et de l’économie marocaine. Savoir quelles ressources nous devons préparer et quelles pratiques de management mettre en place pour être compétitif à l’international. Une politique fiscale attractive ou un foncier ne suffisent pas, il faut également préparer les compétences et les ressources humaines et les styles de management pour les driver. Mais il faut d’abord s’attaquer au top management. Que l’importance et le besoin de toutes les ressources humaines soient une conviction pour les dirigeants eux-mêmes. Tout le monde contribue à la production des richesses, il doit donc être logique que tout le monde en profite. Le top management a également la responsabilité de former et de qualifier les ouvriers, sans uniquement utiliser leurs compétences de base, mais les aider à les développer d’avantage. C’est à la fois bénéfique pour l’entreprise, pour le salarié, et pour le pays et son développement.

- Pourquoi cette logique n’est pas plus répandue?
- Il y a depuis de nombreuses années un dispositif offert par l’Etat pour financer jusqu’à 80% la formation continue de tout le personnel au sein d’une entreprise. Si les grandes entreprises en profitent, ce dispositif est encore trop peu connu des PME. Et pour celles qui le connaissent, elles n’ont pas forcément ni le temps ni l’encadrement nécessaire à son application, car il faut obligatoirement un responsable RH professionnel. Vous savez, nous payons au Maroc pour chaque salarié la taxe de la formation professionnelle, la TFP, que l’on peut récupérer sur le remboursement des frais de formation. Nous payons cette taxe, parfois sans le savoir, car elle est intégrée à la CNSS, sans jamais la récupérer. Une vraie perte.o
Propos recueillis par
Stéphanie JACOB

 

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