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Pierre Gattaz: «Il faut absolument développer la formation au Maroc comme en France»

Par L'Economiste | Edition N°:4726 Le 10/03/2016 | Partager
«La présence des entreprises françaises au Maroc, ce sont 80.000 emplois et 40% des stocks d’IDE»
Club de chefs d’entreprise France-Maroc: les groupes de travail mixtes sectoriels relancés
L’aménagement urbain dans la liste des urgences

«Le Medef et la CGEM vont engager avec les grandes universités françaises et marocaines une réflexion sur l’instauration de la formation en alternance au Maroc qui s’intégrera à la Stratégie nationale pour la formation professionnelle lancée par le gouvernement» (Ph. Medef)

- L'Economiste: Vous ouvrez aujourd'hui le forum franco-marocain de la CGEM consacré au développement durable. Quelles sont les urgences identifiées pour le partenariat entre les deux pays?
- Pierre Gattaz:
Le Medef et la CGEM souhaitent proposer ensemble leurs solutions technologiques pour répondre au défi climatique. Le Maroc se positionne comme leader dans les économies renouvelables, notamment le solaire. La mise en activité de la plus grande ferme mondiale à Ouarzazate génèrera  560 MW d’ici 2020. A  cette date le Royaume souhaite couvrir 42% de ses besoins grâce aux énergies renouvelables. L’autre défi est celui du logement. Compte tenu du dynamisme démographique et de l’urbanisation accélérée,  il est nécessaire d’aborder l’aménagement urbain dans une perspective de développement durable et une démarche intégrée afin de garantir une meilleure qualité de vie dans les villes. Logement, école, centre de soins, accès à l’eau et à l’électricité, réseaux de transports… dans tous ces domaines, les entreprises françaises peuvent apporter une forte plus-value. Medef International a mis en place une task force spécifique dédiée à ces thématiques et conduira une délégation sur ces thèmes en marge de la COP22 qui se tiendra en novembre à Marrakech. Et dès maintenant, nous allons œuvrer pour que le dialogue business mis en place à l’occasion de la COP21 puisse se prolonger en 2016 et que les entreprises poursuivent leur action en commun dans le cadre de l’accord de Paris. Les principaux thèmes du Medef et de la CGEM sont: le prix du carbone, le MRV (measuring, reporting & verification), le business dialogue et la compétitivité, sachant que la France représente 1% des émissions et le Maroc 0,28%.

- Quels sont les futurs relais de croissance marocains sur lesquels les opérateurs français parient?
- Le «plan national d’accélération industrielle 2014-2020» lancé par le Roi Mohammed VI et adopté en 2014 est une opportunité formidable pour les entreprises marocaines et françaises d’engager des actions communes sur le numérique, avec notamment le déploiement d’un campus numérique via un MOOC pour former les dirigeants d’entreprise, sur la ville durable et sur la formation,  notamment en alternance, un enjeu majeur au Maroc comme en France pour mettre en adéquation l’offre de formation et les besoins des entreprises. Avec un objectif: privilégier la montée en gamme de l’économie marocaine avec une vraie valeur ajoutée, à l’image de ce que font Renault pour la filière automobile ou Safran pour la filière aéronautique.  La complémentarité de nos deux économies doit également nous permettre de gagner ensemble des marchés à l’international, notamment en Afrique subsaharienne.  Le  Club de chefs d’entreprise France-Maroc va relancer les travaux des groupes de travail mixtes sectoriels afin d’identifier les opportunités et les freins à l’investissement et aux échanges à la fois dans un sens bilatéral France-Maroc, mais aussi multilatéral France-Maroc-Afrique subsaharienne. Et d’identifier également de nouvelles opportunités de développement dans les secteurs prioritaires comme l’automobile, l’agriculture et l’agro-industrie, l’énergie et le développement durable, les nouvelles technologies de l'information et l’aéronautique.

- Quelle lecture faites-vous de la présence économique française au Maroc et comment celle-ci peut retrouver son leadership?
- Des liens étroits et historiques nous unissent politiquement, économiquement et socialement. La France est le premier partenaire économique du Maroc,  le premier investisseur, le premier bailleur de fonds, le premier pays de provenance des touristes et des transferts de fonds. Près de 750 entreprises françaises, dont 36 groupes du CAC 40,  sont présentes au Maroc, ce qui représente 80.000 emplois dans le pays et 40% des stocks d’IDE.  Mais notre position commerciale, historiquement forte, est aujourd’hui fragilisée, en deuxième place derrière l’Espagne. Il faut redynamiser notre présence et nos échanges commerciaux. Il faut aussi faire venir de nouveaux acteurs: les quelque cent chefs d’entreprise qui composent la délégation du Medef couvrent l’ensemble des secteurs de l’économie et sont à 80% des PME.
Les entreprises françaises ont un savoir-faire reconnu dans le monde entier grâce à l’excellence de ses ingénieurs, une expertise et des compétences très pointues dans de nombreux domaines, environnement, agriculture et agroalimentaire, aéronautique… mais elles pâtissent d’un déficit de compétitivité en raison de la lourdeur des prélèvements obligatoires. Il faut faire en sorte que les entreprises françaises soient plus compétitives comme le sont les entreprises espagnoles.   

- En France comme au Maroc, la lutte contre le chômage des jeunes est un éternel échec. Quels sont les facteurs de rigidité qui persistent?
- Il faut absolument développer la formation au Maroc comme en France. Dans une économie mondialisée et donc hyperconcurrentielle, c’est la clé de tout. Les entreprises, qu’elles soient marocaines ou françaises, ont d’immenses besoins de main-d’œuvre qualifiée, notamment sur les nouveaux métiers techniques.  Une dizaine de représentants d’écoles supérieures et d’instituts de formation professionnelle font  partie de la délégation du Medef afin d’apporter leur expertise sur l’apprentissage et la formation en alternance.

- Les problèmes de financement et de sous-capitalisation sont une préoccupation majeure pour les PME tout particulièrement. Sur quels leviers faut-il agir d'urgence pour limiter la mortalité dans  cet écosystème?
- Pour limiter la mortalité des entreprises marocaines comme françaises, il n’y a qu’une solution qui se vérifie dans tous les pays du monde: les rendre plus compétitives et plus agiles.  Cela passe par un allègement fiscal, une souplesse sociale et une simplification administrative.  

- Vous donnerez demain une conférence devant les étudiants de l’Université internationale de Rabat. Pour quelles raisons et qu’en attendez-vous?
- Le Maroc, particulièrement dynamique, est un pays  en pleine évolution avec une vision structurée de son économie et un environnement d’affaires compétitif. C’est un atout pour sa jeunesse qui doit avoir une priorité: se former en permanence pour répondre aux défis du monde contemporain et à venir. Le Medef et la CGEM vont engager avec les grandes universités françaises et marocaines une réflexion sur l’instauration de la formation en alternance au Maroc qui s’intégrera à la Stratégie nationale pour la formation professionnelle lancée par le gouvernement.

Une centaine d’entreprises

Pour son déplacement du jeudi 10 au vendredi 11 mars, Gattaz sera accompagné des co-présidents français du Club de chefs d’entreprise France-Maroc, Xavier Beulin, président du groupe Avril, et Jean-Paul Herteman, président du conseil d’administration du CNAM, ainsi que d’une délégation de plus d'une centaine d’entreprises. En dehors de l'intervention de l'UIR, l'un des moments forts portera sur sa rencontre avec son homologue de la CGEM Miriem Bensalah Chaqroun autour d'un débat sur les villes intelligentes et durables, les enjeux de l’efficacité énergétique et de la compétitivité ainsi que les énergies renouvelables et ressources durables. La délégation doit également assister
ensuite à une réunion de présentation des projets et opportunités d’affaires de
la région Rabat-Salé-Kenitra avec le CRI et la CDG avec au passage une mention particulière à Kenitra dans la perspective de l'arrivée de PSA Peugeot Citroën.

Propos recueillis par
Mohamed Benabid
 

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