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Entreprises

PSA Peugeot Citroën Maroc
Les premiers marchés à prendre

Par L'Economiste | Edition N°:4726 Le 10/03/2016 | Partager
Installations, équipements, composants, matières premières…
Deux voitures du segment B avec des moteurs de 1,2 et 1,6 litre
Phase 2: Doublement des capacités dès 2023

Tout le défi est dans l’intégration locale. L’objectif des 80% implique une montée en gamme et valeur ajoutée ainsi que l’émergence de nouveaux métiers industriels assez pointus

Le constructeur français de marques au lion et aux chevrons (Peugeot-Citroën) vient d’entamer les premières démarches de prospection auprès d’un parterre de fournisseurs potentiels. Une équipe de hauts cadres, des chefs de projets vient de faire une sortie à la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) à Casablanca, dans une salle archi comble! Près d’une centaine de chefs d’entreprises, consultants, patrons de bureaux d’études, ingénieurs, logisticiens, sociétés de tous corps d’Etat, spécialistes R&D, prestataires… sont venus s’enquérir des spécificités d’un méga-projet censé repositionner le Maroc en tant que plate-forme industrielle de référence à l’échelle régionale. «Fini donc l’assemblage. La prochaine étape sera résolument orientée production avec des pièces conçues, développées et intégrée localement. Une véritable montée en gamme et en valeur ajoutée. Tout l’enjeu est là!
«Nous avons un objectif minimum de réaliser 120 milliards de DH à l’export dès 2022», confirme Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica. Ce qui se traduit déjà par plusieurs intentions d’investissements annoncées. D’ailleurs, des constructeurs de renom tels que Volkswagen, Ford ou encore Seat manifestent de l’intérêt pour le sourcing de composants à partir du Maroc. C’est dans ce contexte très prometteur que Rémi Cabon, chef du Projet PSA Peugeot Citroën Maroc, est venu donner un aperçu général sur les retombées.
Une sortie qui vient confirmer l’implantation du constructeur ainsi que le lancement de grands projets d’infrastructure tels que le port en eaux profondes de Kenitra Atlantique.  En effet, PSA veut surtout expliquer les enjeux et besoins spécifiques qu’implique le méga-chantier. C’est aussi et surtout  l’occasion de présenter les  standards maison ainsi que les pré-requis pour intégrer le club très sélect des fournisseurs. Selon Rémi Cabon, l’implantation d’une usine au Maroc s’inscrit dans une logique de développement des marques du constructeur non seulement dans le Royaume mais aussi dans la région Moyen Orient et Afrique: «L’ambition est de pouvoir commercialiser 1 million de véhicules dans l’ensemble de la zone à l’horizon 2025». D’ailleurs, le groupe français a pu écouler près de 200.000 voitures dans la même région en 2015. Pour écouler 1 million de véhicules, le constructeur prévoit de monter d’autres usines dans des pays de la région. Sauf que le Maroc sera une pièce maîtresse dans ce puzzle. Le pays s’inscrit parfaitement dans une logique qui consiste à produire pour le marché local tout en étant une plate-forme à l’exportation pour l’ensemble de la zone Moyen Orient-Afrique. Les ambitions commerciales sont très fortes sur le marché marocain. Sopriam, importateur-distributeur des marques Peugeot Citroën et DS, sera d’ailleurs l’acteur majeur qui incarnera la dynamique commerciale du fabricant. De sources concordantes, pour faire jouer le maximum de synergies possibles avec le site industriel de Kénitra, Sopriam pourrait bientôt passer dans le giron de PSA. Encore faut-il que la SNI accepte de se désengager de la distribution automobile.
Pour l’heure, rien ne filtre encore sur cette transaction fort probable. «Notre projet industriel porte sur une base de production régionale de véhicules à partir du Maroc», insiste Cabon. Le Royaume est appelé à devenir un bassin de développement du sourcing local pour composants et pièces de rechange, puisqu’à terme l’intégration locale devra monter 80%.
L’entrée en production de l’usine est programmée pour 2019 avec une capacité installée de 100.000 véhicules par an, soit 15 voitures par heure! «Nous assemblerons dès 2019 des voitures à motorisation essence», annonce Rémi Cabon. Pour la phase de démarrage, PSA compte produire deux véhicules du segment B avec des moteurs de 1,2 et 1,6 litre. Des silhouettes  B-Sedan (type 301) et B-HATCH (type 208). Dans une seconde étape, le constructeur doublera ses capacités (usinage et motorisation)  de façon à monter en régime en 2023. La phase II du projet permettra de développer une capacité de 200.000 véhicules/an. Ce qui correspond à la création de 3.500 emplois directs et quelque 20.000 indirects. La 1ere phase (2019) portera sur la création de 1.500 emplois directs. A terme, PSA Maroc se traduira par un minimum de 25.000 emplois. Sur un tout autre registre, celui des besoins en sourcing, il y a deux volets majeurs: la partie développement de composants et celle du projet industriel portant sur la  construction de l’usine, le génie civil ainsi que les prestations de services, RH, conseil.. (Voir détail en page 6) «Nous attendons des fournisseurs qu’ils soient des partenaires engagés dans un projet commun», insiste Rémi Cabon. Les enjeux sur le sourcing en composants sont multiples. En fait,  PSA parie sur le site de production Maroc pour en faire «sa base compétitive d’approvisionnement». A terme, l’ambition est de développer une base industrielle et une plate-forme compétitive à l’export vers l’Europe. PSA fera jouer le maximum de synergies possibles pour doper les volumes à partir du Maroc. Pour y arriver, le défi majeur est de développer les standards de la filière des fournisseurs afin d’atteindre la taille critique et pousser plus loin les limites de l’intégration (de plus de 40% actuellement avec Renault) à 80% avec PSA.
Autre défi et non des moindres, maximiser l’intégration profonde de manière à développer le sourcing des matières premières (acier, plastique, matériaux…) «Nous attendons de nos fournisseurs qu’ils puissent intégrer dans leur offre tous les pré-requis du groupe», souligne Haithem Aidi. D’ici fin 2016, début 2017, le constructeur devra retenir une liste définitive de 60 à 70% de fournisseurs accrédités.

Kénitra: La particularité du site

L’appellation Kénitra deviendra bientôt une référence solide dans l’univers de l’industrie auto. La particularité de la future usine est qu’elle fabriquera à la fois des véhicules et des moteurs avec une capacité évolutive dès le lancement de la production en 2019. Ce qui implique des engagements forts en termes d’intégration locale: 60% pour commencer et 80% à terme. «Nous sommes convaincus que le Maroc sera notre base compétitive d’approvisionnement. La logique de sourcing mise en place par PSA est toute simple. Elle repose sur le principe d’importation par réception. En clair, toutes les commodités, toutes les familles de pièces seront localisées au Maroc», annonce Haithem Aidi, chef de Projets Achats.  Chez PSA, la compétitivité du sourcing à partir du Maroc est chiffrée. L’on parle déjà d’un objectif de performance de produits 20% moins chers que ceux de l’Europe de l’Ouest.

Amin RBOUB

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