×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Evénement

Indemnité pour perte d'emploi
L'accès déconnecté du marché de l'emploi

Par L'Economiste | Edition N°:4726 Le 10/03/2016 | Partager
Les conditions d'éligibilité jugées draconiennes
Sur 21.322 demandes, seules 7.831 ont été acceptées et payées

Faut-il revoir l'Indemnité pour perte d'emploi (IPE)? Surtout que les conditions d'éligibilité sont déconnectées du marché de l'emploi et le rejet des dossiers est important. Il faudra attendre décembre 2016 et les conclusions de l'évaluation que la CNSS devra mener avant que son conseil d'administration ne puisse se prononcer.

En attendant, ce dispositif entré en vigueur en décembre 2014, déçoit une partie importante des postulants. Car il ne profite qu'à ceux qui ont bénéficié «d'une relative stabilité» de l'emploi. Les conditions d'accès sont jugées «draconiennes» et excluent une partie importante de salariés même s'ils cotisent à la prestation. Pour certains, le souci de maintien de l'équilibre financier  qui avait guidé l'élaboration de cette prestation passe mal. D'autres estiment que les conditions exigées sont en déphasage avec la réalité du marché de l'emploi.    

Pour prétendre à l'IPE, le salarié doit cumuler 780 jours de déclarations pendant les 3 années précédant la date de perte d'emploi dont 260 jours, continus ou discontinus, durant les 12 derniers mois précédant cette date. Or, 48% des salariés inscrits sur les registres de la CNSS sont déclarés moins de 12 mois par an et quatre salariés sur dix cumulent moins de 216 jours. Selon le rapport démographique de la CNSS, en 2014 seuls 30% des actifs du secteur agricole ont été déclarés durant 12 mois,  8% ont cumulé 312 jours alors que 40% n’ont même pas atteint 144 jours. Dans les autres secteurs, 46% des salariés sont déclarés moins de 12 mois et 48% ont moins de 144 jours déclarés! Au terme de la première année d'application de l'IPE, les statistiques de la CNSS révèlent que  sur 21.322 demandes déposées seules 7.831 ont été payées. Dans ses projections, la Caisse avait prévu un flux annuel de 34.000 personnes éligibles.

A fin décembre 2015, un montant de 85,4 millions de dirhams d'indemnités pour perte d'emploi a été déboursé. Du coup, les deuxième et troisième tranches de financement promises par l'Etat ne risquent pas d'être réclamées cette année. Car pour le lancement de ce service, l'Etat a mis en place un fonds d’amorçage de 500 millions de dirhams étalé sur trois ans: 250 millions de dirhams ont été versés à la caisse au mois de mai 2015 et le reste devrait intervenir en deux tranches de 125 millions de dirhams chacune durant la deuxième et la troisième année. L'IPE  est également financée par des cotisations salariales et patronales, soit un taux de 0,57% dont les deux tiers sont pris en charge par l'entreprise. Ainsi  l’employeur  s'acquitte d'une cotisation de 0,38% du salaire plafonné à 6.000 dirhams et l’employé de 0,19%. Cette prestation est servie pendant une période de 6 mois maximum durant laquelle l'assuré bénéficie également des allocations familiales, de l'assurance maladie et de "points" à la retraite. 

L'accompagnement n'emballe pas

Un dispositif d'accompagnement est mis à la disposition des bénéficiaires de l'IPE.  L'idée, du moins sur le papier, étant aussi de leur assurer une formation qualifiante voire de reconversion.  Mais sur le terrain, c'est une autre paire de manche. Car si la procédure exige l'inscription obligatoire du salarié à l'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences (Anapec), le volet formation et accompagnement ne joue pas pleinement. Certains bénéficiaires de l'IPE préfèrent passer par leurs propres réseaux pour trouver du travail, d'autres jugent les services rendus par l'Agence «peu intéressants». «Les services proposés par l'Anapec sont déconnectés par rapport à nos demandes», soulignent des bénéficiaires de l'IPE.
Auprès de l'Agence, l'on assure que ceux qui se présentent auprès de leurs guichets sont pris en charge par des conseillers: bilan de compétences, formation sur les techniques de recherche d'emploi,  ateliers sur les métiers, information sur le marché et orientation des bénéficiaires qui le souhaitent vers les établissements de l'OFPPT.

K. M.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc