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Société

Orphelinat d’Aïn Chock
Un imbroglio administratif et social

Par L'Economiste | Edition N°:4724 Le 08/03/2016 | Partager
Lundi à 5h30, l’orphelinat d’Aïn Chock a fait l’objet d’une évacuation musclée par les forces de l’ordre
Les bâtiments, qui occupent 6 hectares et sont jugés insalubres, seront démolis
Cet épisode malheureux vient mettre fin à 11 ans d’errance administrative autour de l’établissement

Quelques heures après l’évacuation manu militari du squat de l’orphelinat d’Aïn Chock, un sit-in d’anciens pensionnaires a été observé (Ph. Jarfi)
 

Les pensionnaires de l’orphelinat d’Aïn Chock ont vu leur nuit de dimanche à lundi brutalement interrompue au petit matin. Vers 5h30, ils ont été réveillés, sommés de rassembler leurs affaires et de quitter immédiatement les lieux.

Résistance physique et protestations n’ont servi à rien: ils ont été pressés manu militari vers la sortie. Vers 10h, une cinquantaine d’entre eux étaient encore rassemblés devant le portail, l’air hagard, visiblement épuisés par cette nuit éprouvante, protestant contre leur éviction et réclamant d’urgence des propositions de relogement et d’insertion professionnelle. Et déjà, plusieurs pelleteuses avaient entamé leur travail de démolition.  Entendons-nous: ces hommes ne sont pas des orphelins au sens classique du terme. Si la plupart déclarent avoir grandi, privés de parents, dans cette ancienne caserne reconvertie en maison de bienfaisance, tous sont aujourd’hui majeurs et une bonne dizaine d’entre eux aurait déjà atteint la quarantaine. Ils squattent en réalité les lieux depuis 2005, date à laquelle – suite à une visite impromptue du Souverain qui constata l’état de dégradation avancée des bâtiments et l’absence d’encadrement de l’orphelinat – la direction a été limogée et les pensionnaires plus ou moins livrés à eux-mêmes. Certes, à plusieurs reprises, des négociations financières ont eu lieu pour les forcer à quitter les lieux en douceur: «Mais nous, nous voulons du travail et un toit», s’insurge l’un d’entre eux, un homme d’une trentaine d’années qui raconte avoir été confié à l’orphelinat à l’âge de sept ans. À l’origine du problème, il y a un déficit d’encadrement des orphelins ayant atteint la majorité. «Nous avons été abandonnés, livrés à nous-mêmes. Nous sommes devenus des marginaux», témoigne un autre de ces hommes au visage marqué, qui déclare n’avoir quasiment pas été scolarisé ni accompagné vers l’insertion professionnelle. Plus grave encore, certains des pensionnaires d’Aïn Chock avouent n’avoir aucun papier. Faute d’existence administrative, de projet professionnel, ils sont restés – ou revenus – sur les lieux de leur enfance, condamnés à une inéluctable déshérence.

Hier en fin de journée, les autorités insistaient cependant sur leur volonté de ne pas abandonner ces anciens pensionnaires: «les pourparlers sont en cours. Nous avons proposé 9.000 dirhams à chacun pour les loger dans l’immédiat. Et nous examinerons ensuite chaque cas l’un après l’autre pour envisager des solutions, y compris des offres de formation», assure-t-on auprès de la Wilaya de Casablanca.
Ségolène DARGNIES
 

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