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Spécial 8 mars: Elles ont cassé les codes / Ces femmes qui tordent le cou aux stéréotypes

Par L'Economiste | Edition N°:4724 Le 08/03/2016 | Partager
Dames de fer, militantes engagées, brillantes businesswomen…
Leurs parcours nous rappellent que l’espoir est toujours permis
Parité, une question éminemment économique

Les femmes sont plus nombreuses à accéder au statut de cadre et aux professions libérales, mais elles demeurent largement minoritaires. Globalement, leur contribution à l’emploi n’a pas bougé entre 2000 et 2014, où 27 emplois sur 100 étaient occupés par des femmes. En 2015, cette part a légèrement chuté, passant de 27 à 26,8%, selon le HCP

Businesswomen locales ou ayant réussi à conquérir des marchés étrangers, dames de fer qui se sont imposées dans des fonctions traditionnellement confiées à des hommes, militantes sociales prêtes à déplacer des montagnes au service de leur cause,… chaque jour, des milliers de femmes tordent le cou au idées reçues. M’barka Toutou, l’unique présidente d’un conseil municipal dans l’Oriental qui a bousculé les codes de sa région, Nadine Hanafi, l’experte du story telling qui cartonne aux Etats-Unis, Souad Bennani, vice-présidente de la CGEM-Souss et femme d’affaires aux multiples casquettes, Zineb El Adaoui, première femme wali,… des parcours divers mais qui nous rappellent que la réussite se conjugue aussi au féminin, et que l’espoir est toujours permis. Leurs histoires vous seront racontées tout au long des pages de ce dossier spécial 8 mars.
Cette journée de célébration rendant hommage aux femmes du monde entier est aussi l’occasion de faire le bilan de la lutte pour les droits de la gent féminine. Et comme chaque année, les chiffres nous rappellent à quel point la situation est critique. Malheureusement les épopées glorieuses de certaines dames, aussi inspirantes soient-elles, demeurent des exceptions. A titre d’exemple, la part des femmes analphabètes, âgées de 15 ans et plus, est de 49,8%, contre une moyenne nationale de 38,6%, selon le HCP. Parmi les jeunes femmes de 15 à 24 ans, plus de 45% ne sont ni en emploi ni en éducation ni en formation, bref, elles ne font rien de leur vie! Cette catégorie ne dépasse pas 11,4% chez les jeunes hommes.
Le mariage des mineures est par ailleurs en augmentation. De 2004, date d’entrée en vigueur de la Moudawana, à 2013, le nombre de cas enregistrés est passé de plus de 18.340 à 35.152.  Sur les quinze dernières années, ce sont les hommes qui ont le plus profité des nouvelles créations d’emplois, à hauteur de 73%, et uniquement 27% pour les femmes. D’ailleurs, seulement 22,2% des femmes en âge de travailler participent à l’emploi au niveau national. Sur celles exerçant une activité professionnelle, à peine 0,8% sont chefs d’entreprise, contre 3,3% pour les messieurs (HCP, 2012). Dans les postes de responsabilité, très peu arrivent à accéder au top management ou à intégrer les instances de gouvernance des entreprises.  
Le projet d’instance nationale de parité, tant attendue, est actuellement en discussion au Parlement. Mais avec un statut consultatif,  l’instante réussira-t-elle à donner un réel coup de pouce à la représentativité féminine dans tous les domaines? Une large partie de la société civile, qui a longtemps milité pour cet organe constitutionnel, en doute.
Or, la parité n’est pas simplement une question de justice sociale. C’est aussi un sujet éminemment économique. Selon une note du FMI (février 2015), les discriminations basées sur le genre dans le Royaume entraînent une perte de 25% du PIB. Une part énorme qui devrait enclencher une sérieuse remise en question.
En matière d’éducation, les jeunes filles représentent 48% des effectifs, selon le ministère de l’Education nationale. Cela dit, elles sont plus nombreuses à quitter les bancs de l’école. Leur taux de scolarité passe de près de 100% au primaire, à 83,1% au collège (61,5% en milieu rural) et 55,6% au lycée (21,9% en milieu rural). Néanmoins, quand elles ont la chance de terminer leurs études, elles réussissent généralement mieux que leurs camarades garçons. Sur le chapitre de la violence, qui touche près des deux tiers des femmes de 18 à 64 ans (soit près de 6 millions), selon le HCP, peu d’avancées ont été réalisées. Le projet de loi 103.13 censé apporter un cadre juridique contre toutes les formes de violences (physique, psychologique, économique,…) à l’encontre de la gent féminine est toujours en stand-by. Après des années de blocage, il est aujourd’hui au SGG.

Quelques petites avancées depuis la Moudawana

Depuis la Moudawana en 2004, qui a apporté plusieurs acquis aux femmes, quelques initiatives et avancées ont été réalisées ces dernières années. Comme la possibilité pour les dames de transmettre leur nationalité à leurs enfants (2007), et la légalisation de l’avortement pour deux nouveaux cas (2015): maladies ou malformations graves du fœtus, et grossesses résultant d’un viol ou d’un inceste.
Un observatoire national de la violence contre les femmes, qui sortira son premier rapport en ce mois de mars, ainsi qu’un deuxième sur l’amélioration de l’image de la femme dans les médias, ont également vu le jour. Un plan pour la parité, Ikram (2012-2016), visant à instaurer l’approche genre dans les politiques publiques a, par ailleurs, été lancé. Son bilan sera livré avant la fin du mandat de ce gouvernement, selon le ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social.
Mais il reste encore beaucoup à faire. Participation économique,  héritage, avortement, droits, violence, image, éducation… les chantiers sont légion.

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Ahlam NAZIH

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