×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Culture

Gérard Rancinan: «J’ai eu tout ce que j’ai voulu»

Par L'Economiste | Edition N°:4723 Le 07/03/2016 | Partager

Le travail de Gérard Rancinan inaugure le nouvel espace muséal de la Fondation Montresso à Jardin Rouge. Pour l’occasion, une trentaine de ses photographies y sont présentées retraçant trois grandes étapes de sa création (Ph. Fondation Montresso)

Photographe français vivant le plus cher de l’histoire, 6 World Press Photo, dont 4 premiers prix, des débuts pour Sygma Paris et ses photos en couvertures de Life Magazine, Paris Match, du Sunday Times Magazine ou du Stern, mais également dans de nombreuses galeries et musées internationaux. N’en jetez plus la cour est pleine! Échange avec un artiste de grande envergure.

- L’Economiste: Jardin Rouge présente une rétrospective de votre travail en avril. Une fierté ou un coup de vieux?
- Gérard Rancinan:
Une rétrospective, c’est effrayant! A Jardin Rouge, il s’agit plutôt d’une vision sur différents travaux. Je suis beaucoup trop tourné vers l’avenir pour accepter une rétrospective. J’attends d’être beaucoup plus vieux. Cette invitation me plaît car elle permet de parler du Moderne avec un grand M, de ce que nous sommes, nous les humains aujourd’hui, et de l’observation que je fais du monde en permanence, dans une ville comme Marrakech en ce qu’elle a de plus traditionnel. Apporter ici cette photographie sophistiquée est un challenge. Du pur contraste. Toutes mes expositions à travers le monde, de Shanghai à Paris, en passant par Tokyo ou Bratislava sur les rives du Danube, partent à la rencontre des gens et s’adaptent à chaque pays. Mon travail passe de Versailles à l’Italie, comme ça va se faire dans une semaine où j’expose une quinzaine de photographies au Musée des beaux-arts de Florence, à quelques mètres des œuvres de Michel-Ange. Et dans un mois, nous sommes à Berlin, dans un endroit totalement underground, l’Urban Spree. J’adore ces contrastes. Je serais malheureux de toujours exposer dans des musées d’art contemporain qui se ressemblent tous, où partout dans le monde, vous avez les mêmes photos et les mêmes œuvres.

- Comment votre travail a évolué en près de 50 ans de carrière?
- J’ai commencé la photographie à l’âge de 15 ans pour un journal de presse local, et j’ai tout de suite rêvé de devenir le plus grand photographe du monde! J’ai eu tout ce que j’ai voulu. Six fois le World Press, j’ai travaillé pour Life Magazine, tout en commençant il y a plus de 20 ans à exposer dans les musées. Je ne peux pas avoir plus que ça! Aujourd’hui, par rapport à mes débuts, mon travail a évolué dans le sens où je suis moins soumis à l’émotion. De manière plus épurée, je raconte moins d’histoires sur une seule et même image. Mais j’ai vraiment le sentiment d’avoir réussi quand les gens qui viennent voir mes photos, spectaculaires et sans montage, ressortent bouleversés. Quand ils se sont vus eux par un effet de miroir.
Leur ouvrir une réflexion est mon rôle en tant qu’artiste. Un photographe doit poser sa pensée sur sa photo, c’est beaucoup plus intéressant. Lorsqu’on n’a rien à dire, on fera de jolies photos esthétiques, mais s’exprimer sur le monde qui nous entoure devient beaucoup plus intéressant.

- Votre travail est souvent vu comme une critique acerbe des travers de l’humanité...
- Les gens n’interprètent de mes photos que le côté négatif. C’est pourtant tout le contraire de ma démarche. Je suis juste un critique averti et éveillé, loin d’être dupe. Le joli côté de la vie se voit d’autant plus quand on regarde aussi ce qu’elle a de mauvais. Il n’y a pas le bien sans le mal. Je ne veux surtout pas tomber dans la béatitude, ni dans le catastrophisme. Ce n’est pas parce que je dis que nous sommes dans une période décadente, que la décadence est négative, car après elle naît le renouveau. Moi, je vois dans mon travail une grande gaieté et beaucoup de joie. Je ne montre que la réalité, car l’homme est aussi beau que laid. Et le monde sans différences, c’est la fin du monde.
Propos recueillis par Stéphanie JACOB

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc