×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Société

    Stations radio: Ça va barder sur les ondes

    Par L'Economiste | Edition N°:4695 Le 27/01/2016 | Partager
    Jeux de hasard, paris sportifs, cigarettes électroniques… la liste des interdits se rallonge
    Des patrons de radio rencontrent El Khalfi aujourd’hui

    La liste des interdits se rallonge dans les stations radio. Prochaine étape: des mesures réglementaires sur les publicités dans la presse écrite, les sites électroniques... (Ph. L’Economiste)

    Fortes inquiétudes dans l’audiovisuel privé. Des patrons de stations radio redoutent l’impact d’une série de mesures et dispositions introduites dans les textes de loi régissant le secteur. Des amendements introduits sans consentement de la corporation et qui risquent de compromettre le modèle économique de plusieurs entreprises opérant dans l’audiovisuel privé. Cette sortie de dirigeants de stations intervient la veille d’une réunion entre le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, et les membres de l’ARTI (Association des radios et télévisions indépendantes). A l’ordre du jour: des discussions inhérentes au sujet des révisions de la loi 77-03 et de la politique normative qui régit la publicité audiovisuelle. Selon un membre de l’ARTI, il y a effectivement de nombreux points salués par la corporation et qui viennent dans l’esprit de la Constitution de 2011 et des conventions internationales, notamment la promotion de la parité, la lutte contre les stéréotypes, les clichés sexistes… Il n’en demeure pas moins que le processus d’élaboration de la loi 83-13 s’est caractérisé par le manque de concertation et de consultation des acteurs économiques concernés. «Ce qui se traduit par une législation aussi volontariste que vague et inadaptée aux enjeux réels du secteur audiovisuel privé».
    Les dirigeants de radios dénoncent aussi les amendements introduits  l’été dernier par le ministre de tutelle (4 août  2015), avec une réforme limitée à l’approche genre. Non seulement il n’y a pas eu concertation avec la profession, mais «ces amendements n’ont pas été soumis aux autorités compétentes de régulation, la Haca notamment», dénonce l’ARTI. Ce qui inquiète la profession, ce sont les interprétations de certains textes qui prêtent à confusion, notamment l’article 3 paragraphe 1. Il s’agit là de dispositions légales jugées «floues et anachroniques» telles que l’interdiction de publicités sur les paris sportifs et pronostics, les jeux de hasard ou encore les cigarettes électroniques et celles sans tabac pour le sevrage. Toutes ces variantes ont été interdites. «C’est une atteinte grave aux libertés fondamentales d’expression et d’investissement», dénoncent des dirigeants de stations. Le plus dur reste à venir! En effet, les opérateurs redoutent  la prochaine étape qui prévoit l’interdiction de citer le nom d’une marque ou d’une entreprise opérant dans les paris sportifs, les jeux de hasard, le tabac, l’alcool… «Toute citation d’une marque ou du nom d’une entreprise de jeux de hasard est considérée comme étant une promotion aux jeux. Désormais, c’est interdit», signale un opérateur. «Très prochainement, nous n’aurons plus le droit de citer des noms de resorts comme Mazagan, des hôtels comme Mövenpick, Mamounia, Saadi…  car ce sont des établissements qui ont des prestations de jeux», renchérit la même source. Ce qui est plus grave, c’est le caractère idéologique de certaines dispositions. Or, une loi quelle qu’elle soit doit être neutre, rappelle un patron. Aujourd’hui plus que jamais, les professionnels des radios privées conjuguent leurs efforts pour préserver les acquis d’un secteur censé être garant de la diversité, d’un Maroc pluriel, tolérant et ouvert sur le monde. Bien évidemment dans le respect des spécificités locales, des institutions  et des auditeurs.  L’Association des radios & télévisions indépendantes compte 11 stations. 10 ans après la libéralisation du secteur et l’attribution des premières licences, les jeunes stations  ont gagné en maturité. Le modèle marocain de libéralisation est même donné en exemple, en Afrique et dans la région Mena.  Il y a certes encore des dérives sur les ondes, mais l’expérience montre que c’est le prix à payer pour arriver à maturité. Aujourd’hui, les 11 stations privées membres de l’ARTI comptent quelque 16 millions d’auditeurs, et pas moins d’un millier d’emplois directs ainsi qu’un écosystème de sous-traitants, équipementiers, prestataires... S’y ajoutent des investissements conséquents, un service universel en zones enclavées, des redevances, des taxes et impôts versés à l’Etat. Ceci étant dit, l’impact de certaines dispositions réglementaires se ressent déjà sur le chiffre d’affaires de quelques stations en difficultés. Des entreprises sont au bord de la faillite. Avec les interdictions  publicitaires en série, le scénario de fermetures est indéniable.

    La roulette russe!

    Pour des promoteurs de stations de radio privées, de nombreuses dérives réglementaires annoncent «le nivellement du secteur vers le bas ». Des tentatives d’endoctrinement sur fond de récupération idéologique. Selon un patron, le plus dur reste à venir: la tutelle a l’intention d’étendre les interdictions publicitaires à l’ensemble de la presse (support papier et digital compris). Le problème se posera avec acuité dans le domaine vague des sites électroniques. Et d’ajouter, El Khalfi compte réguler au même niveau les radios, les télés, les journaux, les magazines, Internet... ce sera la roulette russe, ironise un dirigeant. «Plus aucun média ne pourra faire la promotion d’une entreprise de jeux…»,  annonce-t-on.

    Amin RBOUB

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc