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    Fès: Les 120 jours d'Azami à la tête de la mairie

    Par L'Economiste | Edition N°:4695 Le 27/01/2016 | Partager
    La volonté de transparence du maire ne plaît pas à tous
    Des projets débloqués mais aussi des autorisations retirées…un bilan mitigé

     

    Pour Driss Azami El Idrissi, maire de Fès, «l’instauration de la transparence nécessite parfois des décisions douloureuses pour certains, mais l’essentiel est de faire tout dans la légalité» (Ph YSA)

    Quatre mois après son élection à la tête du conseil communal de Fès, Driss Azami El Idrissi ne fait plus l’unanimité. Lui, qui est arrivé armé d'un souci de transparence, a vu pour cette même raison sa cote de popularité baisser dans les milieux économiques. Le maire ne se sent pas découragé pour autant, arguant que tout «se fait dans le cadre de la loi».
    Bien accueilli au démarrage par les opérateurs de la ville, le maire islamiste suscite aujourd’hui une certaine frustration. Il avait promis de rendre à Fès son lustre d’antan et fructifier les investissements. Mais entre les promesses électorales et la pratique, tout bascule. «Quatre mois après son élection, nous n’avons malheureusement rien vu venir», déplorent les industriels. Ces derniers croient que les 120 premiers jours du nouveau maire sont suffisants pour montrer sa détermination à rendre Fès attractive, lancer de grands chantiers, et instaurer le capital confiance. «Mais rien n’y fait». «C’est faux», répond Azami. «En quatre mois seulement, j’ai débloqué plusieurs projets. En plus, la commune n’est qu’un acteur dans la résolution des grandes problématiques de la ville. Ceci étant, nous sommes sur la bonne voie», renchérit-il.
    Pour rappel, lors de sa campagne, Azami affirmait que le recul de l’attractivité économique de la ville est dû au chantage, favoritisme et corruption. Résultat: la ville est boudée par les investisseurs. Et quand il n’y a pas d’investissement, il n’y a pas d’emploi… et c’est ce qui encourage la criminalité». Pour ce dernier volet, les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), relevant de la DGSN, ont réalisé un travail remarquable, avant de quitter, vendredi dernier, la capitale spirituelle. Ces derniers étaient venus en renfort à Fès après la montée d’actes criminels et d’insécurité en octobre 2015. Ils séjournaient dans différents établissements hôteliers. Leur déplacement visait ainsi à assainir la ville. Une mission accomplie, grâce à la mise hors état de nuire de plusieurs centaines de malfaiteurs. «Mais jusqu’à quand? La répression policière n’a jamais constitué une solution. Ce qu’il faudrait, c’est un projet socioéconomique global et inclusif. Et non pas l’inauguration d’une nouvelle prison à Ras El Mae», martèlent les professionnels.   
    Pour remédier aux autres maux de la ville, le maire a d’abord opéré un remue-ménage au sein des services communaux.

    La campagne de rénovation, le désherbage des bas-côtés, l’entretien des places publiques, l’éclairage, et les espaces verts, sont vivement appréciés. En quelques semaines, la mairie a embelli les principales artères de la ville  (Ph. YSA)

    Ainsi, les responsables des différentes divisions (voiries, marchés, espaces verts…) ont été remerciés. Certains diront «qu’il est tout à fait normal qu'Azami veuille installer ses hommes de confiance à la tête des secteurs névralgiques». Mais pas au prix de l’expérience et du savoir-faire. S’agissant de ce qu’il appelle la «bétonisation de la ville», l’élu a décidé de revoir quelque 2.500 autorisations de construire. Ce qui a provoqué l’ire des promoteurs immobiliers et qui risquerait d’engendrer une grosse perte d’emplois. «L’investissement et la création de postes doivent se faire dans la légalité», tranche-t-il. Dans le même registre, et suite à une demande du nouveau wali, Essaid Zniber, la mairie a décidé de reprendre 20% des terrains vendus (les tranches 1 et 2) à des particuliers dans la zone de Oued Fès, pour y aménager des espaces verts ainsi que des équipements publics. A ce titre, nombreux sont les mécontents qui prévoient d’entamer des procédures judiciaires. N’empêche, le maire «assume pleinement sa responsabilité dans ce dossier». «Il vaudrait mieux corriger maintenant et à moindre coût que d’attendre 5 ou 10 ans pour tenter de récupérer l’irrécupérable…nous voulons aérer Oued Fès et accueillir les visiteurs de la ville avec des espaces verts et non pas des R+4», explique-t-il.
    En outre, la mobilisation pour l’amélioration du ramassage des ordures et du transport public a donné ses fruits. Et ce, grâce à des comités de suivi très vigoureux. Il en est de même pour le désherbage des bas-côtés, l’entretien des places publiques, l’éclairage, et les espaces verts, qui sont vivement appréciés. Tout et son contraire pour l’occupation abusive du domaine public. A tel point que les piétons sont obligés d'aller sur la chaussée gênant les automobilistes. C’est le cas de plusieurs quartiers, où d'un côté, il y a les terrasses des cafés et de l'autre des marchands ambulants occupant tout le trottoir. «Pour les cafés, la mairie appellera ceux qui débordent à l’ordre au risque de leur retirer les autorisations d’exploitation. S’agissant des marchands ambulants, la dimension sociale sera préconisée…et nous comptons énormément sur l’appui des autorités locales pour aménager des espaces pour les marchands démunis», conclut Azami.

     

    Parkings

    Les automobilistes de la ville souffrent encore des gardiens insolents, «ou des criminels ou anciens détenus». Faisant des parkings et des aires de stationnement l’une de ses priorités, le Conseil communal avait promis de ramener les tarifs à la normale (2 DH) et exigé une certaine assiduité de la part des gardiens. Aujourd’hui, les dérapages sont très fréquents dans les avenues principales, tout comme dans les ruelles moins fréquentées. A ce titre, à Bab Jdid et au quartier Mellah, les tarifs de stationnement varient selon la clientèle et la voiture (3, 5…à 20 DH), au risque d’essuyer les menaces des «voyous».

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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