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    Analyse

    Aquaculture: Un potentiel, beaucoup de gâchis

    Par L'Economiste | Edition N°:4695 Le 27/01/2016 | Partager
    Le Maroc en marge d’un marché mondial de 150 milliards de dollars
    Il assure 0,1% de la production halieutique

    Absence d’une vision globale, déficit d’accompagnement et incertitudes sur le marché. Voilà les freins avancés pour expliquer le décrochage de la filière aquacole. Certains réduisaient toutes les contraintes rencontrées par l’absence d’un organisme dédié à même d’élaborer et de piloter un plan intégré. L’alibi a donc disparu avec la création de l’Agence nationale de développement de l’aquaculture (ANDA) mais la situation n’a point évolué. Alors que le plan aquacole fait partie intégrante de la stratégie Halieutis, des divergences, voire des oppositions freinent la dynamique malgré les grands enjeux en termes d’investissements, de création d’emplois et de rapatriement de devises. (Voir également article page 4).  
    Pourtant, la filière est très dynamique au niveau mondial. Elle assure aujourd’hui plus de la moitié de la consommation mondiale de poissons. Et les prévisions de la FAO tablent sur 70% à moyen terme.
    L’essor est quasiment attribué aux pays d’Asie qui ont contribué pour près de 91% à la production aquacole sur la dernière décennie avec en tête la Chine (64%).
    Sur les autres continents, les pays comme la Norvège, le Chili et l’Egypte sont également parmi les premiers producteurs aquacoles dans le monde. Au Maroc, elle ne représente pas plus de 0,1% du total de la production halieutique nationale. L’aquaculture marocaine reste axée sur les huîtres plates et la palourde européenne dont l’élevage est pratiqué dans la baie de Dakhla et la lagune de Oualidia. Le bar européen et la dorade royale sont élevés par une seule ferme installée à M’Diq sur la côte méditerranéenne.
    La nouvelle stratégie de développement du secteur des pêches maritimes repose sur un axe majeur: la durabilité dont l’objectif est d’assurer la ressource pour les générations futures. De ce fait, elle érige l’aquaculture en moteur majeur de croissance, avec deux activités phares: la pisciculture et la conchyliculture. Le tout, portant à moyen terme sur six principaux produits dont les huîtres, les moules, palourde, la dorade, le bar et le maigre.
    Des produits pour lesquels le pays dispose d’atouts indéniables en termes de potentiel naturel, des infrastructures et de proximité de gros marchés de consommation.
    Selon une étude de la Direction des études et de la planification financière du ministère des Finances, le chiffre d’affaires généré par l’aquaculture est estimé à près de 150 milliards de dollars dont une bonne part est détenue par le marché de l’UE dont le Maroc est lié par un accord d’association. Des statistiques toutes récentes montrent que l’Italie est de loin le principal importateur du bar et de la dorade. Elle est suivie par la France et l’Espagne. Leurs achats proviennent essentiellement de la Grèce et de la Turquie. Mais le Maroc y place également quelques lots du bar et de la dorade. Une demande de plus en plus forte s’exerce également sur les huîtres et les moules. Reste à développer la production.

    Une activité bien ancrée

    Au Maroc, les premières fermes aquacoles remontent à 1924 avec la création de la station piscicole d’Azrou qui ciblait la promotion de la pêche sportive. Depuis cette activité a été réorientée vers la pisciculture alimentaire, sous la forme d’élevages intensifs en étangs naturels et artificiels. Après les années 90, l’investissement privé a connu un grand essor et quelques unités aquacoles sont actuellement actives pratiquant l’élevage de la truite arc en ciel, l’anguille, le tilapia, les huîtres et les carpes.
    Quant à l’aquaculture marine, son histoire remonte aux années 1950 avec lancement de l’élevage d’huîtres dans la lagune de Oualidia.
    Des élevages intensifs ont été également lancés en 1980 sur la côte méditerranéenne: Marost dans la lagune de Nador et Aqua M’diq dans la baie de M’diq. La production de ces unités était concentrée sur le bar européen et la dorade royale. Dix années plus tard, la  Société Aquacole de la Moulouya (SAM) avait lancé la production d’huîtres, de palourde, de crevette, du bar européen et de la dorade royale. Et au début de l’an 2000, un élevage de conchyliculture a été développé dans la baie de Dakhla. Il est basé sur le grossissement de coquillages bivalves (palourdes et huîtres).

    A. G.

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